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Derrida, responsabilité(s)                     Derrida, responsabilité(s)
Sources (*) : Et il faut laisser l'avenir ouvert               Et il faut laisser l'avenir ouvert
Jacques Derrida - "Donner La Mort", Ed : Galilée, 1999, p49

 

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Derrida, l'éthique

Il n'y aura un avenir pour l'Europe, et un avenir en général, que si la promesse du "mysterium tremendum" chrétien, cette responsabilité hérétique, est déployée radicalement

Derrida, l'éthique
   
   
   
Derrida, christianisme, latinisation Derrida, christianisme, latinisation
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Le théologien luthérien Rudolf Otto (1869-1937) a proposé le concept du "numineux" dans son livre Le Sacré. Dérivé du latin numen (divinité), le numineux est un mystère à la fois terrifiant (tremendum) et fascinant (fascinans). Venant d'ailleurs, un sentiment saisit l'individu, lui donne l'impression d'être dépendant à l'égard d'un « tout Autre ». C'est le mysterium tremendum que Jan Patocka mentionne dans le cinquième de ses Essais hérétiques. "La responsabilité ne se situe plus dans l'essence du Bien et de l'Un, à la portée de la vue intellectuelle de l'homme, mais dans le rapport insondable à un étant suprême, absolu, dont la mainmise sur nous s'exerce bien plutôt au-dedans qu'au-dehors. La liberté du sage qui a triomphé de l'orgiasme peut toujours être conçue comme démonie, volonté de séparation et d'indépendance, résistance à la soumission absolue et à l'amour dans l'oubli de soi qui fait la ressemblance de l'homme à l'image divine" (Patocka, p170). Le secret de la responsabilité, telle qu'elle est réinterprétée par Derrida, c'est que le mysterium tremendum qui fonde la singularité de chaque décision est à la fois réponse à l'appel divin et retour du démonique.

En faisant appel à la responsabilité individuelle, celle de la personne unique, le christianisme annonce ce retour dans l'histoire, mais (toujours selon Patocka) ne l'accomplit pas. S'il n'y a pas encore de politique authentiquement chrétienne, c'est parce que ce retour du mysterium tremendum n'est pas encore arrivé. S'il arrivait, ce serait une rupture complète avec le platonisme, avec sa doctrine des idées, de l'âme éternelle qui rejette toute complicité avec l'orgiasme. Mais ce non-accomplissement pourrait, comme le craint Patocka qui analyse la montée des sciences et techniques comme un obstacle à la responsabilité, conduire à un recul de l'Europe en-deça de la mémoire grecque. Le mysterium tremendum chrétien a promis une Europe nouvelle (la promesse a déjà eu lieu), mais c'est cette émancipation qui la terrorise, jusqu'au point où l'Europe, refoulant doublement son passé, pourrait n'avoir plus d'avenir du tout.

 

 

A propos de l'Europe, Jacques Derrida va très loin dans son analyse : "La politique chrétienne doit rompre plus radicalement avec le politique gréco-platonico-romain pour accomplir enfin le mysterium tremendum. A cette condition, il y aura un avenir pour l'Europe, et un avenir en général" (Derrida, Donner la mort, p49). Ce serait donc l'avenir de l'Europe comme tel qui serait en jeu, son avenir en général? "Porté à sa conséquence extrême, le texte [de Patocka] semble d'une part suggérer que l'Europe ne sera ce qu'elle doit être que quand elle sera pleinement chrétienne, au moment où la thématisation du mysterium tremendum sera enfin adéquate. Mais il semble suggérer aussi, du même coup, que cette Europe à venir devra ne plus être grecque, gréco-platonicienne, ni même romaine. L'exigence la plus radicale promise par le mysterium tremendum serait celle d'une Europe si nouvelle (ou si ancienne) qu'elle s'émanciperait, jusqu'à rompre toute attache avec elle, jusqu'à lui devenir hétérogène, de cette mémoire grecque ou romaine qu'on invoque si communément pour penser l'Europe" (pp49-50).

Jacques Derrida souligne plusieurs fois (pages 47, 49, 50), dans ce texte, qu'il radicalise la pensée de Patocka. Quand Patocka explique que, pour le christianisme, la vie responsable suppose un don, une bonté oublieuse de soi, Derrida radicalise ce don pour en faire un don inconditionnel, sans réciprocité. Si l'Europe oublie ce don, alors elle risque de perdre son avenir. C'est ce don inconditionnel qui est, pour lui, un mysterium tremendum hérétique, démonique.

- Le scripteur : Dans ce passage de Donner la mort, Jacques Derrida mentionne indirectement la menace qui pour lui est la pire, la plus radicale : celle de l'annulation de l'avenir. "A cette condition, il y aura un avenir pour l'Europe et un avenir en général" (p49). Cela signifie-t-il que, si cette condition n'est pas remplie, il pourrait ne pas y avoir du tout d'avenir pour l'Europe? Quelle est donc la condition à remplir pour que l'Europe ait encore un avenir? Il faut, dit Derrida, préserver une promesse, celle du mysterium tremendum que le christianisme aura transmis à la modernité. La responsabilité est un acte de foi. Rien ne la garantit; elle garde en elle une menace irrationnelle que le platonisme avait voulu rejeter (les mystères, l'orgiasme). Le risque qu'elle porte, son secret, c'est qu'il n'y a pas de responsabilité sans retour de cette menace. Cette nouvelle responsabilité, il faut l'accomplir, sans quoi il n'y a pas d'avenir pour l'Europe (c'est le mal radical); mais inversement, en l'accomplissant, on risque de faire revenir le démonique que la tradition occidentale avait refoulé et incorporé. Or le démonique prend aujourd'hui (selon Patocka) la figure de la science, la technique et la production [ce qui est peut-être une autre modalité du mal radical]. Exiger de chacun qu'il engage sa responsabilité, qu'il fasse don de ce qui est à la fois bonté oublieuse de soi et mystère, c'est mettre en jeu un secret dont le contenu doit rester inaccessible, inavouable.

 


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