Derrida
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Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Essai sur la conjuration du cruel, du mal radical                     Essai sur la conjuration du cruel, du mal radical
Sources (*) : (D')après Derrida (ce qui s'en éparpille)               (D')après Derrida (ce qui s'en éparpille)
Pierre Delain - "Après...", Ed : Guilgal, 2017, Page créée le 9 décembre 2016

[Essai sur la conjuration du pire]

   
   
   
                 
                       

➡︎ Soleil vert (Richard Fleischer, 1973).

➡︎ Le goût du ciment (Ziad Kalthoum, 2017)

➡︎ Le cheval de Turin (Béla Tarr, 2011)

➡︎ Melancholia (Lars von Trier, 2011)

➡︎ Sans signe particulier (Fernanda Valadez, 2019)

➡︎ Six femmes pour l'assassin (Mario Bava, 1964).

➡︎ La Reine Margot (Patrice Chéreau, 1994).

➡︎ Le Vénérable W. (Barbet Schroeder, 2017).

➡︎ Possessor (Brandon Cronenberg, 2020).

➡︎ Compulsion (Richard Fleischer, 1959).

➡︎ S'en fout la mort (Claire Denis, 1990).

➡︎ Capharnaüm (Nadine Labaki, 2018).

➡︎ Papicha (Mounia Meddour, 2019).

➡︎ Manifesto (Julian Rosefeldt, 2015).

➡︎ Cosmopolis (David Cronenberg, 2012).

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Loi du pire.

J'ai choisi cette expression, loi du pire, faute de mieux, car ce dont il s'agit ne peut pas être nommé. Si je parlais de pente, de penchant, d'inclination, j'en resterais à des vocables psychologisants, comme si cela ne concernait que l'humain (mais cela le concerne aussi). Freud parle de pulsion de mort, mais ce n'est pas seulement une question de mort, c'est aussi une question de chaos, de dissolution, de disruption. Jacques Derrida a repris le terme de mal radical emprunté à Kant, mais on est gêné d'entendre parler de mal, car ce dont il s'agit n'est pas symétrique du bien, comme en témoigne l'épithète radical qui veut simplement dire qu'il excède toute limite. Dans le langage courant, on parle de violence, de cruauté, de destruction. Nous savons, par expérience, que ces forces ne cessent de revenir, et que quelle que soit la nomination choisie, on ne pourra jamais se débarrasser de leur menace, on ne pourra jamais se mettre complètement à l'abri. La loi du pire est indissociable de la peur, la terreur, l'effroi. Même dans les conditions de sécurité les plus favorables, on peut avoir peur. Le fait que cela puisse faire retour n'importe quand et même que nous ayons la quasi-certitude que cela finira par revenir, cette quasi-régularité autorise à partir de loi, mais il faudrait alors se défaire de l'ambivalence de ce mot qui porte aussi une dimension pacifiante et régulatrice. Le pire n'est pas toujours présent, loin de là, mais il est toujours possible, il reste toujours à l'horizon. Si l'on renonçait au mot de loi, alors on pourrait parler de puissance et dire que le pire est une puissance sans limite intrinsèque, sans recours. Freud disait que ni la culture la plus raffinée, ni les défenses les plus puissantes, ne peuvent éliminer ce qu'il pressentait et dont il n'osait pas vraiment affirmer le règne. Faute de mieux, j'en reste donc à loi du pire. Il appartient à la loi du pire de ne pas se borner à cette expression, et il appartient au vivant que nous sommes de vouloir conjurer la loi du pire. Mais le pire ne nous lâche pas, et dans n'importe quelle dimension du vivant aussi, il peut faire irruption.

Et puisqu'on ne peut pas l'appréhender dans sa globalité, envisageons quelques pistes.

 

 

 

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Propositions

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Soleil vert (Richard Fleischer, 1973) - Là où des cadavres se nourrissent de cadavres, ça ne fait plus monde, c'est sans monde

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Trop rouge le sang des meurtres, trop politique la douleur du viol, trop beau le film sur la violence ("La reine Margot", film de Patrice Chéreau, 1994)

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Le Vénérable W. (Barbet Schroeder, 2017) - à la jonction, incalculable, du mal et du politique

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Dans "Le cheval de Turin", film de Béla Tarr (2011), le monde qui s'efface ouvre sur un néant inconnu, absolument indéterminé

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No more money, no more sex, no more power, no more future" (Cosmopolis, film de David Cronenberg, 2012)

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Dans le film "Melancholia" de Lars von Trier (2011), il y a quelque chose de nazi : l'entrée en scène d'un monde absolument dépourvu d'avenir

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Le goût du ciment (Ziad Kalthoum, 2017) - Du vacarme de la guerre, on ne peut rien dire : elle ne répond pas

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Sans signe particulier (Fernanda Valadez, 2019) - Quand le mal radical répond, c'est dans la langue intraduisible d'un sacrifice irréversible

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Six femmes pour l'assassin (Mario Bava, 1964) - La grande triade de l'art moderne, c'est sexe, sang et mort

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Compulsion (Richard Fleischer, 1959) - La pure souveraineté du mal radical, sans justification ni explication, face à la pure souveraineté du rejet de la peine de mort

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Possessor (Brandon Cronenberg, 2020) - Qui parasite l'autre prend le risque d'être parasité par l'autre

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[Oeuvrance d'Antonin Artaud : Il y a "oeuvre" quand on peut faire survivre le mal fait]

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S'en fout la mort (Claire Denis, 1990) - il faut, pour excéder la cruauté, recueillir sa force, la transformer sans rien qui puisse la compenser : ni argent, ni amour, ni gain, ni perte

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Capharnaüm (Nadine Labaki, 2018) - On ne peut répondre à la cruauté, inexplicable et injustifiable, que par un au-delà de la cruauté, tout aussi inexplicable et injustifiable

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Papicha (Mounia Meddour, 2019) - Pour résister aux pulsions de mort, de cruauté, il faut la pure gratuité de l'ornement féminin

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Dans le film "Manifesto", de Julian Rosefeldt (2015), c'est l'art en personne qui déclare, à travers ses manifestes : "Sauf l'art, rien ne peut être sauvé"

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- Eutocie : Entre la brutalité physique et la suggestion insidieuse, le mot "violence" est utilisé pour nommer une large variété de phénomènes parfois ambivalents ou contradictoires. La violence est sociale, ou politique, ou familiale, etc. On ne pourra trouver une seule définition, suffisamment large et précise, pour regrouper cet ensemble, mais on pourra toujours multiplier les tentatives de classification. Cela ne supprimera jamais les ambiguités. La même phrase, le même énoncé linguistique, peut être porteur de violence, et aussi de paix.

 


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