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Pierre Delain alias Ozzy Gorgo - "L'écranophile", Ed : Guilgal, 1988-2019, Page créée le 10 janvier 2018

 

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Cinéloft : faire venir ce dont on ne peut rien dire

Le goût du ciment (Ziad Kalthoum, 2017) - Du vacarme de la guerre, on ne peut rien dire : elle ne répond pas

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Le film est construit sur une identification entre deux violences : destruction (la guerre) / reconstruction (le travail machinique). Les mêmes victimes subissent l'une et l'autre : Syriens ayant perdu leurs maisons, leurs familles, en exil à Beyrouth où ils n'ont aucun droit et vivent dans le sous-sol misérable de l'immeuble qu'ils sont en train de bâtir. Le lien se fait par les images, la voix off, les regards, l'obsession du ciment qui "grignote non seulement votre âme, mais aussi votre peau" et surtout la continuité d'une bande-son assourdissante, qui ne distingue pas entre les deux violences. Le marteau-piqueur prolonge le canon, l'échafaudage prolonge les immeubles écroulés et les carcasses de char, la mer vue de loin est fantasmée, dangereuse et angoissante, et quand la bétonneuse circule, la caméra tourne avec elle. Ce monde qui restaure une continuité entre Beyrouth, Alep et Homs est vide, c'est un no man's land irréel où le vacarme des chantiers côtoie les images de propagande volées à la propagande de Moscou. Du haut du gratte-ciel en travaux qui semble être le plus haut de Beyrouth, les regards qui contemplent cette ville où les ouvriers sont assignés à résidence (un couvre-feu spécialement édicté leur interdit de sortir à certaines heures) ont vu et voient encore sur leurs téléphones portables les quartiers bombardés, en ruine. Figés dans une temporalité répétitive, ils n'ont plus ni passé, ni avenir. Ils ne disent pas un mot mais la bande-son raconte l'horreur en leur nom, et la voix-off des récits d'exil, de père absent revenant périodiquement à la maison portant lui aussi l'odeur et le goût du ciment.

 

 

Qui est responsable de ce naufrage? Personne n'est désigné. Le film ne dénonce pas nommément, il dénonce absolument. A l'absolue souveraineté de la guerre, cet état d'exception radicalement irresponsable qui règne au-dessus des lois, du droit et de tout ce qui fait la trame de la vie, seul le silence peut répondre, un silence d'autant plus obsédant qu'il est recouvert, enfoui sous la bande-son. On n'interroge pas la guerre, on ne lui parle pas, on ne peut que la subir passivement. Mais cela n'empêche pas de garder, en soi, son secret, ici représenté par une voix off, celle du réalisateur. L'histoire racontée laisse entendre les autres histoires qui n'auront pas été dites. Sur les 200 ouvriers qui travaillent sur la tour, on montre dans le film quelques visages emblématiques, avec pour chacun les souvenirs marquants, incrustés dans l'oeil, qui hantent sa mémoire. Le contrepoint de la guerre, ce sont ces autres voix et ces autres visages laissés dans l'obscurité. Il faut le choc des outils et le chaos sonore pour suggérer par contraste ces singularités. Sous cet angle on peut dire que le film est apophatique. Il dit qu'il y a du secret, du séparé, et que ce secret, celui de la guerre (du mal radical) a pour pendant l'absolue singularité des ouvriers, elle aussi secrète.

Résumé de presse :

A Beyrouth, des ouvriers du bâtiment syriens construisent un gratte-ciel alors que, dans le même temps, leurs propres maisons sont bombardées. La guerre au Liban est finie mais en Syrie, elle fait encore rage. Les ouvriers sont coincés. Ils ne peuvent quitter le site avant 19 heures. La nuit, le gouvernement libanais impose un couvre-feu aux réfugiés. Leur seul lien avec l’extérieur est le trou par lequel chaque matin ils sortent pour aller travailler. Coupés de leur pays d’origine, ils se rassemblent le soir devant un petit poste de télévision pour obtenir des informations concernant la Syrie. Rongés par l’angoisse et l’anxiété, privés des droits de l’homme et du travailleur les plus basiques, ils continuent de croire qu’une autre vie est possible.

 


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2017.KA.LTH

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zm.Kalthoum.2017

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