Il y a le souffle de la voix et les autres souffles, qui tiennent au climat (tempêtes) ou à la force explosive (bombes). En général, nous nous référons au premier et nous l'associons à la parole. Animé par l'intention, le souffle est vivifiant et met à distance l'autre dimension, là où commence l'effroi. Il devient voix, parole vive. Le signe est son tombeau.
Dans le souffle, ce n'est pas la vie qui résonne, c'est le vide. C'est lui qu'on expulse quand on étrangle. Un être sans vide ne peut pas vivre. La survie est associée au vide, et le désêtre au plein. Entre les deux, le temps alterne.
Sans articulation, sans héritage à porter, sans être entendu par une oreille, sans appel, le souffle n'est plus que pure vocalisation, ange, incapable de porter le langage, simple présence à soi (de dieu ou de l'âme). Ceux qui désirent le réduire à cette dimension furtive, comme Artaud, y risquent leur existence.
Le dernier souffle est celui qu'on recueille par l'écrit, l'image, la poésie ou le souvenir. Il laisse des traces (qui peuvent être du sang ou autre chose).
Ceux qui se laissent entraîner dans les réseaux y perdent leur souffle.
Il y a un plaisir du souffle, qu'on démultiplie par la cigarette. Dieu jouit de chacun de mes souffles, et j'éprouve devant luico une fascination indicible. |