La notion de lecture ne se limite pas au déchiffrement de l'écriture. On peut lire une image, un dessin, une pensée, et on peut aussi lire sur les lèvres (substitut à la voix).
La lecture, comme substitut au dialogue, fait remonter la voix de l'autre. Dans ce cas, on croit lire par la vue, mais la vue n'est qu'un instrument. On lit par l'oreille. On n'habite plus l'espace corporel, mais l'espace du livre. Le savoir lisible des livres s'entend, c'est-à-dire se comprend. Des connaissances sont transmises, des émotions partagées, des drames sont vécus en commun. L'identification se clot sur elle-même.
Une autre lecture est possible. Elle n'est pas le substitut de la conversation, mais de la poésie. On y entend des événements singuliers, intransmissibles par le dialogue, des formulations inouïes qui nous ébranlent. Idixa espère susciter ce type de lecture. |