Derrida
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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Le judaïsme, indéfinissable                     Le judaïsme, indéfinissable
Sources (*) : Derrida, le logos, logocentrisme               Derrida, le logos, logocentrisme
Jacques Derrida - "Psyché, Inventions de l'autre (tome 2)", Ed : Galilée, 2003, p280 - Interpretations at War

 

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Derrida, le judaïsme

"Avec quoi l'antisémitisme n'est-il pas compatible?" - Qu'on ne puisse compter sur aucune réponse positive et déterminée annonce la démesure essentielle de cette chose

Derrida, le judaïsme
   
   
   
               
                       

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Analysant le texte que Hermann Cohen a publié en 1915, Germanité et Judéité, où Cohen soutient l'hypothèse d'une parenté essentielle entre le protestantisme, Kant, la psyché allemande et la pensée juive, Jacques Derrida fait observer que Kant a été salué comme une sorte de Moïse. On peut le lire ou l'interpréter comme un quasi-judaïsme, ce qui explique peut-être l'hostilité marquée par Hegel ou par Nietzsche. Mais d'un autre côté, dans L'Anthropologie d'un point de vue pragmatique, il y a aussi au moins une note antisémite chez Kant. Sur cette ambiguité, Derrida écrit :

"Avec quoi l'antisémitisme n'est-il pas compatible? Cette question est terrible, car elle s'adresse autant aux Juifs, à ceux qui se disent tels, qu'aux non-Juifs, aux antisémites et à ceux qui ne le sont pas, et plus encore peut-être aux philosémites. Sans pouvoir formaliser ici la logique étrange de cette question ni démontrer qu'on ne peut compter sur aucune réponse positive et déterminée, je dirai seulement qu'en elle s'annonce la démesure essentielle de cette chose, qu'on appelle l'antisémitisme. Elle a une forme et elle n'en a pas. Sa forme consiste à se dé-former et à se dé-limiter sans cesse pour pouvoir passer des contrats avec tout ce qui s'oppose à elle".

Pour esquisser cette "formalisation" que Jacques Derrida n'entame pas dans ce texte, on peut faire remarquer la difficulté, voire l'impossibilité, à définir le judaïsme. Entre le facteur religieux, les aspects généalogiques ou communautaires, et une autre dimension, une troisième dimension complexe et indéterminée (à laquelle Freud à renvoyé), on ne peut pas choisir. Le judaïsme est toujours autre qu'il n'est, on peut toujours lui reprocher autre chose. Jamais on ne s'en prendra au "Juif authentique", puisque c'est la distinction même entre authentique et inauthentique, voire toute distinction conceptuelle, qui est déconstruite par l'"être-juif".

 

 

S'il n'y a pas à l'antisémitisme de limite définie, c'est parce qu'il n'y a pas non plus au judaïsme de limite définie, ou plus exactement c'est parce que la judéité, l'expérience juive, a tendance a brouiller les limites. Sa démesure, ce n'est pas son ampleur, c'est sa difficulté à trouver des bornes dans quoi que ce soit de déterminable, de mesurable. Il faudrait pour s'opposer à l'antisémitisme affirmer une identité juive claire, simple et constatable. Mais comme on n'y arrive jamais, chaque argument opposable à l'antisémite peut être repris sous une autre forme par l'antisémite. On ne sait pas ce que sont les Juifs? C'est cette ignorance justement qu'on leur reproche. Ils sont inassignables, et c'est ce cosmopolitisme qu'on déteste en eux. L'antisémite s'appuie sur ce défaut de forme pour mobiliser, lui aussi, des arguments sans forme.

 


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