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Le récit de l'Orloeuvre

 

TABLE des MATIERES :

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Derrida, le corpus et l'oeuvre                     Derrida, le corpus et l'oeuvre
Sources (*) : Un concept d'oeuvre de Jacques Derrida               Un concept d'oeuvre de Jacques Derrida
Pierre Delain - "L'oeuvre chez Jacques Derrida, analysée comme principe inconditionnel", Ed : Galgal, 2011-2015, Page créée le 25 juillet 2011

[Pour analyser le concept d'oeuvre dans le corpus derridien, il faut interroger les mutations en cours dans les "Humanités"]

   
   
   
                 
                       

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Dans leur "Avant-Propos" au Cahier de l'Herne de 2004 consacré à Jacques Derrida, Marie-Louise Mallet et Ginette Michaud évoquent son impressionnant corpus "qui met en oeuvre tout autrement le concept d'oeuvre, tout comme ceux d'auteur, de signature, de genre, d'adresse, etc...". De quel concept d'oeuvre parlent-elles? Peut-être évoquent-elles ce passage où Derrida lui-même, interrogeant son statut de philosophe, de professeur et d'écrivain, emploie ce syntagme (L'Université sans condition p40) : "Les premiers exemples d'oeuvres qui viennent à l'esprit sont des oeuvres d'art (visuel, musical ou discursif, un tableau, un concerto, un poème, un roman). Mais nous devrions étendre ce champ, au moment où, interrogeant l'énigme du concept d'oeuvre, nous essaierions de discerner le type propre du travail universitaire, et notamment dans les Humanités".

De cette citation on peut déduire trois points : a) Il y a bien, selon Jacques Derrida, un concept d'"oeuvre" distinct de ce qu'on désigne par "oeuvre" dans la langue courante; b) Ce concept d'"oeuvre", lié à certaines mutations en cours, ne peut pas être complètement défini, il reste une énigme c) il est lié à un certain travail dans l'université, autour de ce qu'on appelle les Humanités.

Mais reprenons quelques thèmes avancés dans ce texte. (1) Ce mot ne peut être dit qu'en français [allusion probable à l'ensemble sémantique Ouvrir, ouvrer, oeuvrer, opérer, spécifiquement français]. (2) L'attribution de ce nom ("oeuvre") est d'une grande complexité structurelle : il faut une signature, l'autorité d'un auteur, un travail dont il reste quelque chose - une valeur d'usage ou d'échange objectivable, etc.... (3) Il n'est pas sûr que ces critères, qui s'appliquent traditionnellement au mot "oeuvre", s'appliquent aussi au travail universitaire. En effet que se passe-t-il dans l'université? Le concept d'oeuvre est en cours de mutation. Le métier d'enseignant ne s'épuise plus dans l'acte de savoir ou d'enseigner, il implique une responsabilité, un engagement de la part de l'enseignant, une profession de foi. C'est cette mutation, liée à la déconstruction en cours, qui fait de l'oeuvre une énigme. Pour interroger cette énigme, mieux vaut analyser ce qui se passe dans l'université plutôt que dans le champ de l'art.

Le mot "oeuvre" est couramment utilisé dans tout le corpus derridien. Il est réparti à peu près également à toutes les époques et dans la plupart des textes.

Sans recourir à des idées de stade, de phase ou de tournant, comme certains auteurs l'ont suggéré pour les début des années 1990, on peut observer que la notion d'"oeuvre" prend, chez Derrida, la suite d'autres développements - par exemple des analyses avancées autour du Greph en 1974. Les mots ou syntagmes privilégiés à différentes époques : oeuvre (tout court), texte, ergon, "oeuvre en tant qu'oeuvre", "oeuvre singulière", corpus, etc... sont liées à l'évolution de la pensée derridienne. Mais derrière ces différents vocables, c'est toujours le même dispositif qui opère.

De même que la déconstruction est responsable devant le concept de justice, elle est responsable devant le concept d'oeuvre. Il faut répondre de ce concept, non pas par un système organisé, une approche binaire et structurale [comme y invite le concept traditionnel d'oeuvre philosophique], mais par une stratégie.

L'oeuvre est un concept-limite, un quasi-concept dont la place dans le langage ne peut pas être stabilisée, à la façon de la différance et de la déconstruction. C'est à la fois le lieu secret, encrypté, où sont tenus au silence des conflits et des fractures enfouies, oubliées; et cet autre lieu qui tient ouvert l'espacement, où surgit l'autre, la trace, où se déploie une productivité infinie. C'est ce caractère double, définitivement désajointé, qui empêche d'en donner une définition satisfaisante.

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Propositions

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Dans son oeuvre, Jacques Derrida utilise couramment le mot "oeuvre", avec des thématiques et sous des logiques qui évoluent avec le temps

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Jacques Derrida met en oeuvre tout autrement le concept d'oeuvre, tout comme ceux d'auteur, de signature, de genre, d'adresse, etc...

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En ces temps de mutation et de déconstruction, il faut interroger ce qui arrive dans l'université, l'énigme du concept d'"oeuvre"

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Le concept derridien d'"oeuvre" tel qu'il se présente dans "L'Université sans condition" (avril 1998) prolonge les thèses du Greph (avril 1974) en s'y substituant

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L'oeuvre derridienne : pas un système mais un dispositif stratégique ouvert sur son propre abîme, un ensemble non clôturable de règles de lecture, d'interprétation, d'écriture

 

 

 


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