Ce simple mot, aura, évoque Walter Benjamin, une époque, un monde et une problématique qui sont loins d'être épuisés.
L'aura n'a pas d'existence. C'est une apparition lointaine, qui ne se voit ni ne se démontre. On peut l'associer à une idée d'authenticité, mais celle-ci est tout aussi indéfinissable. S'agit-il de l'unicité de l'oeuvre, de la religiosité qu'elle porte, de son adéquation à l'objet, ou du choc qu'elle produit? Aucune explication n'est vraiment satisfaisante, et même l'idée selon laquelle la reproductibilité technique ébranle l'aura peut être contestée. Pourtant, nous ressentons tous une sorte de perte devant la banalité d'un certain type de reproduction médiatique.
Reprenons. Pour qu'il y ait aura, il faut que la durée et l'unicité soient associées dans une image ou une oeuvre. Une reproduction, même parfaite, dépourvue d'un de ces éléments (l'unicité), n'a pas d'aura. Ce défaut n'est pas seulement local, il est lié à une crise qui affecte l'humanité. Un photographe comme Atget en est le symptôme.
A l'inverse, dans certaines photos brûle un réel unique. |