Derrida
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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
"Mourir vivant", un fantasme et plus                     "Mourir vivant", un fantasme et plus
Sources (*) : Derrida, la Shoah               Derrida, la Shoah
Jacques Derrida - "Séminaire "La bête et le souverain" Volume II (2002-2003)", Ed : Galilée, 2010, p248

 

Circonfession (Derrida) pp28-32 -

Une scène d'écriture, déliée de toute dette

"Je posthume comme je respire" - le pressentiment de ce qui ne va pas manquer d'arriver : la scène de l'après-coup, post-mortem

Une scène d'écriture, déliée de toute dette
   
   
   
Derrida, le deuil Derrida, le deuil
               
                       

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Ce qui ne va pas manquer d'arriver, c'est la mort bien sûr, mais pas la mort à la façon de Heidegger, la mort comme telle qui ne peut pas être pressentie car elle est absolument inconnue, elle n'arrive jamais. Ce qui peut être pressenti, c'est-à-dire ni senti (ici et maintenant) ni pensé (au sens où Descartes dit Je pense), mais seulement pressenti, pré-senti, c'est le postume, le postume comme tel correctement orthographié, c'est-à-dire ce qui vient après en général et non pas ce qui vient après l'enterrement ou la mise en terre.

Derrida attire l'attention sur l'orthographe fautive du mot "posthume" par rapport à son étymologie. Il faudrait écrire postume, dit-il, sans h, comme le recommande le Littré, car ce mot est le superlatif de posterus, qui qualifie celui qui vient après, celui qui suit, qui va venir. Postumus est celui qui porte la postérité, "l'avenir testamentaire et la fidélité de l'héritage". Si ce mot est aujourd'hui écrit avec un h, c'est par contamination par le mot humus, la terre. On associe le posthume à l'inhumé, l'enterré. Le postume prend acte de la mort, tandis que le posthume fait penser ou croire qu'on pourrait différer la mort. Derrida compare le h supplémentaire au a de différance, qui ajoute de la différence à la différence, de l'après à ce qui vient après, et il dit aussi, parlant en 2003 de lui-même en 1991, que je "croyais jouer en croisant le sens de ce qui vient après la mort, le flair de la respiration et ce qui vient après la mise en terre" (p349). Il reconnaît à présent qu'il y a dans cette formulation un reste de fantasme, qu'il aura été travaillé par la croyance qu'on pourrait mourir vivant, ce qu'il désirait à l'époque lorsqu'il reprochait à G. (Geoffrey Bennington) de se passer de lui, de le priver de tout avenir, de ne garder de lui qu'une grammaire, un théologiciel. Mais la chose écrite, une fois qu'elle est écrite, se passe du fantasme de la respiration post mortem, et finalement ce pourrait être G. qui n'avait pas tout à fait tort.

Tout ce qu'on peut dire de la scène qui arrivera après la mort, c'est qu'elle est inanticipable, imprévisible, même si l'on peut déjà dire d'elle, à l'avance, qu'elle est chose imprévisible, ce qui n'est pas rien.

Circonfession, le cinquième anneau dans son intégralité (pp28-32).

 

 

Plus loin, à propos de la mort de Maurice Blanchot (qui avait demandé à être incinéré), Derrida écrit : "Le posthume devient l'élément même, il se mêle partout à l'air que nous respirons" (p255). L'air que nous respirons, c'est celui que les morts - ceux que nous portons en nous et les autres - ont déjà respiré. Dans ce passage, Derrida associe encore une fois (après la page 236) l'incinération à la modernité et aux fours crématoires. Après avoir cité Paul Celan dans Aschenglorie, que cite également Blanchot, il insiste. "N'oublions rien" dit-il. Dans l'histoire ineffaçable de l'humanité, les cendres "ne peuvent plus ne pas métonymiser, dans la conscience et l'inconscient de chacun, les fours crématoires". Dans l'air que nous respirons, il y a déjà l'héritage que nous laissons, et il y a en plus celui des morts sans sépulture.

 


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