Derrida
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Derrida, Heidegger                     Derrida, Heidegger
Sources (*) : Derrida, la Shoah               Derrida, la Shoah
Jacques Derrida - "La conférence de Heidelberg, rencontre avec Gadamer et Lacoue-Labarthe en février 1988", Ed : Lignes, 2014, pp81-83

 

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Derrida, le mal radical

En ne disant rien de la Shoah, en laissant impensée sa relation avec le nazisme, Heidegger nous a laissé le devoir, la tâche terrible de faire ce travail

Derrida, le mal radical
   
   
   
Derrida, l'éthique Derrida, l'éthique
Derrida, silence, mutisme               Derrida, silence, mutisme  
                       

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Derrida commence par insister sur la complexité de la pensée de Heidegger. Sont à l'œuvre chez lui le logocentrisme, le phonocentrisme, et aussi, massivement, le privilège de la présence. Mais alors pourquoi le lire, l'étudier ? Il y a encore autre chose, certains gestes, certaines ressources, et c'est cet autre chose qui intéresse Derrida, qu'il analyse, qu'il retourne sur lui-même, qu'il plie, déplie et replie, tout en lui adressant, dit-il, en même temps, des questions politiques. Mais alors c'est quoi, cet autre chose ? Dans cette intervention, Derrida le prend sous l'angle de l'impardonnable. Il est impardonnable de n'avoir jamais parlé de la Shoah. Mais alors pourquoi n'en a-t-il pas parlé ? Pourquoi n'a-t-il pas dit les quelques phrases qui l'auraient dédouané ? Il a exprimé sa compassion pour les prisonniers allemands à l'Est, mais pas pour les victimes d'Auschwitz. "Avec une phrase en direction d'un consensus facile, Heidegger aurait fermé les choses. Et nous ne serions pas aujourd'hui en train de nous demander - comme nous devons le faire - ce que l'expérience de pensée de Heidegger pouvait avoir d'affinités, de synchronie, de communauté de racines avec cette chose encore impensée qu'est pour nous le nazisme" écrit Derrida (pp81-82). D'un côté, son silence terrifiant est impardonnable, mais d'un autre côté, il nous oblige à penser ce qu'il n'a pas pensé - pas pu penser ou pas voulu penser. Derrida avance cette hypothèse très risquée (dit-il), qu'il affirme avoir improvisée ce soir-là [mais on peut en douter] : Heidegger aurait été assez honnête pour reconnaître son incapacité à penser son propre nazisme, et peut-être pourrions nous partir de cette incapacité pour réélaborer l'éthique, la responsabilité, comme il le dit dans la même conférence : "Sans ce silence, sans ce silence terrible, nous ne ressentirions pas l'injonction faite à notre responsabilité devant la nécessité de lire Heidegger comme il ne s'est pas lu lui-même" (p83). C'est donc à nous lecteurs de penser le nazisme dans l'héritage de Heidegger.

[Quel est donc cet autre chose que Derrida cherche dans sa lecture de Heidegger (pour ne pas dire la quasi-obsession qui l'a affecté toute sa vie), si ce n'est l'impensé du nazisme ?]

Heidegger en 1934 à Fribourg avec l'insigne nazi.

 

 

Philippe Lacoue-Labarthe, en écho à ce que dit Derrida, explique que, peut-être, on peut trouver le "secret du nazisme" (p84), son "essence secrète" (p86) dans l'œuvre de Heidegger. C'est en tous cas ce qu'il cherche à démontrer dans son livre La fiction du politique, Heidegger, l'art et la politique (1988). Il y a eu chez Heidegger dans les années 1935-40 un tournant qu'il nomme lui-même la Kehre, qui l'a porté vers d'autres questions : la Dichtung de Hölderlin, la lecture de Nietzsche et de Schelling, l'esthétique depuis Platon et Aristote, l'essence de la technè, la discussion de Jünger et de l'idéalisme allemand, qui peut être entendu comme "un immense débat avec le nazisme" (p85).

Derrida précise plus loin, dans la discussion avec Gadamer, que depuis longtemps il a voulu lire Heidegger "au-delà ou indépendamment de son propre vouloir-dire" (p92). Ce qui l'intéressait chez lui, c'était donc son impensé. Dans De l'esprit (1987), il a choisi comme fil conducteur de sa lecture l'évitement. Heidegger dit qu'il faut éviter le mot esprit, mais il ne l'évite pas; il dit que pour écrire une théologie, il faudrait éviter le mot être, puis il l'écrit sous rature, ce qui pourrait démontrer que ce qu'il écrit, c'est une théologie. Ce qui compte dans ce déchiffrement, pour Derrida, ce qui l'intéresse personnellement (p94), c'est de penser ce que le questionnement heideggerien ne peut pas penser.

 


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