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Sources (*) : Le cinéloft du Quai               Le cinéloft du Quai
James Bodden - "Arcanes d'un principe", Ed : Guilgal, 2005-2017, Page créée le 22 juin 2016

[(Cinéloft) : En acquiescant à l'inconditionnel]

   
   
   
                 
                       

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Il arrive qu'on rencontre dans un film des comportements incompréhensibles, irrationnels. Un personnage s'écarte, sans se justifier, des règles couramment admises dans la société. Prenez Wanda dans le film éponyme de Barbara Loden (1970). Elle laisse tomber son mari, ses enfants, sa mère et sa sœur, s'embarque avec un médiocre braqueur dans une sorte de road-movie qui ne mène à rien. Sans projet, sans espoir, sans argent, ne répondant à aucune promesse, elle semble être le jouet des événements. Prenez Eddie dans le film que le mari de Barbara Loden, Elia Kazan, a réalisé à peu près en même temps : L'Arrangement (1969). Eddie Anderson quitte sa maison luxueuse de Los Angeles, son métier, sa femme et sa fille à la suite d'un accident de voiture qu'il a sciemment provoqué. Tout le système d'échange dans lequel il vivait autrefois est pour lui devenu insupportable. Il n'y a apparemment aucune raison à cette fuite, mais le commandement est incontestable et la décision inébranlable. On peut multiplier les exemples. Il y a Will dans Leave no trace (Debra Granik, 2018) qui ne peut vivre que dans la forêt, Govert dans L'homme au crâne rasé (André Delvaux, 1965), qui quitte sa famille pour un amour impossible et se retrouve dans un hopital psychiatrique, il y a Bernard Descombes, le fils de l'horloger de Saint Paul (Bertrand Tavernier, 1974), qui tue un vigile en refusant de s'expliquer. Aucune parole ne serait à la hauteur de cette décision qui s'est prise sans négociation possible, dans une suite d'événements qui le lie pour toujours à son amie Liliane. Il y a Cosmopolis (David Cronenberg, 2012), cette course folle d'Eric Packer vers l'auto-destruction.

En eux, une décision a été prise, plus ferme et plus radicale que toutes les décisions. Aucune morale, aucune obligation ne peut s'opposer à cette décision. En l'absence de justification, il faut que les autres inventent une causalité, une chaîne de causes, alors que peut-être il n'y en a pas. C'est l'irruption, sans compromis ni justification, de l'inconditionnel dans la vie même.

Dans le film d'Aki Kaurasmäki, L'homme sans passé (2002), il faut une amnésie pour que M rejette une position sociale qui n'a aucun sens pour lui. Il "ressuscite" parmi les sans-abris, tandis qu'Eddie, comme Gobert, finira dans un asile. La décision inconditionnelle peut conduire à une nouvelle vie comme elle peut conduire à la folie ou à la mort. Dans tous les cas, ce qui arrive est absolument imprévisible, c'est une grâce.

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Propositions

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Dans le film de Barbara Loden, "Wanda" (1970), celle-ci est la figure même de l'inconditionnalité

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Dans "L'Arrangement" (1969), Elia Kazan montre qu'aucun arrangement ne peut suspendre la décision inconditionnelle de l'autre

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L'Horloger de Saint Paul (Bertrand Tavernier, 1974) - quand la mise en acte d'une justice inconditionnelle, non négociable, appelle une solidarité sans réserve

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"L'homme sans passé" (Aki Kaurismäki, 2002) - Par la grâce d'une amnésie purificatrice qui annule les fautes, innocente, immunise du passé - on peut recevoir le pardon

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Dans l'"Homme à la caméra" (1929), Dziga Vertov met le leurre cinématographique en œuvre tout en le tenant à distance, le démontant et le déconstruisant

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"Il faut œuvrer", à condition que l'œuvrance reste suspendue à l'indécision ("Good Will Hunting", film de Gus Van Sant, 1997)

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Birdman, ou La surprenante Vertu de l'Ignorance (film d'Alejandro González Iñárritu, 2014) : "Je suis le pharmakon qui me hante"

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No more money, no more sex, no more power, no more future" (Cosmopolis, film de David Cronenberg, 2012)

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Dans "Bird People" (film de Pascale Ferran, 2014), le moineau est la figure médiatrice qui invite à se transformer - en-deça de toute décision et au-delà de toute souveraineté

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Complaisamment j'exhibe toutes les facettes de mon image, afin de protéger mon secret ("I'm not there", film de Todd Haynes, 2007)

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I Absolutely Forbade All Public Photographs of Myself (Jacques Derrida, Yannick Bouillis, 2002-2016)

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[Le livre de Tobie enseigne qu'un fils peut rendre la vie et la vue à son père - lequel n'a d'autre devoir que d'en écrire le récit, en faire un livre]

 


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