Derrida
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TABLE des MATIERES :

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Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Orlolivre : comment ne pas babéliser?                     Orlolivre : comment ne pas babéliser?
Sources (*) : X, sans X (Orlolivres)               X, sans X (Orlolivres)
Pierre Delain - "Pour une œuvrance à venir", Ed : Guilgal, 2011-2017, Page créée le 25 février 2015 Les tâches orloviennes (ce qui s'en éparpille)

[Orlolivre : Babéliser, sans Babel (et sans Tour)]

Les tâches orloviennes (ce qui s'en éparpille)
   
   
   
                 
                       

1. D'autres noms, invités par l'oeuvre.

Ecrire un texte ou produire une oeuvre, dans la langue ou la vie courante, présuppose, exige ou implique une signature. Quand le texte est terminé, finalisé, publié, il est d'usage de lui associer un nom patronymique. Que ce nom renvoie à une généalogie, à un surnom ("choisi" par l'auteur), ou même à une désignation comme "collectif" ou "anonyme", il est porteur d'une identité, d'une légitimité. Mais s'il s'agit d'une oeuvre qu'on nommera provisoirement "digne de ce nom", cette nomination officielle ou institutionnelle ne recouvre pas tous les noms. Il en est d'autres que l'oeuvre elle-même produit, qui peuvent entretenir un rapport plus ou moins lâche avec la signature. Ces noms ne se donnent pas comme tels. Ils sont le plus souvent illisibles, encryptés, obscurs. Ni l'auteur, ni le lecteur, ne pourraient les "révéler" ni les désigner comme tels. Mais ces noms insistent derrière l'oeuvre. Comme tous les noms, ils recouvrent un innommé, un reste qui fait retour par l'oeuvre. Par la déconstruction, par sa critique de la signature et des parerga, Jacques Derrida n'a jamais cessé d'inviter à sa table ces autres noms. Il ne s'agit pas d'un dévoilement - car ces noms ne préexistent pas à la tâche. On ne les écrit pas, on les laisse s'écrire. S'ils arrivent, c'est en après-coup, plutôt demain qu'aujourd'hui.

 

2. Mettre en pièces le patronyme.

L'émergence des autres noms peut passer par un travail sur les noms patronymiques, le sien et ceux des autres. Jacques Derrida n'a jamais cessé de démultiplier un tel travail, soit sur son propre nom - donnant parfois l'impression d'un retournement autobiographique sur lui-même -, soit sur celui des signatures des oeuvres qu'il lisait. Diviser, décomposer, mettre en pièces la signature, il n'y a pas de limite à ce qu'on peut faire. On peut même soutenir que tout "Glas" opère comme un appel lancé à chaque leportcteur pour qu'il contribue, par sa lecture, à faire venir l'autre nom, encrypté en lui.

 

3. Patronyme, paléonom, archi-nom.

Chaque chemin vers l'autre nom est singulier, mais s'il est une loi, c'est qu'il n'aura pu surgir qu'à laisser se perdre le nom patronymique. Prenons le cas de Maurice Blanchot. Son patronyme n'est pas pour rien dans son travail de neutralisation ou de blanchiement - le (o) du zéro, de l'eau ou du "il faut" n'aura pas eu à être ajouté, puisqu'il était déjà à la fin du nom. Mais son retrait déborde la filiation généalogique. Ce qui se dit dans le vieux nom (paléonom) est autre chose que ce nom, c'est un archi-nom. Pour signer, il lui faut cacher sa signature dans le sans-nom ou le pas-de-nom (pas, c'est à la fois la négation et la marche). En laissant se perdre son nom, il devient l'enfant perdu qui cherche à le retrouver ou le réinventer. Il faut écrire, dit-il, c'est sa tâche. Il faut que surgisse ce tout autre nom déjà là. Depuis toujours, l'archi-nom d'avant le commencement est inquiétant, menaçant. Insu, protégé, encrypté, il résiste.

 

4. Tout autre, le nom innommable.

Qu'arriverait-il si l'oeuvre n'était plus signée du nom patronymique, mais d'un nom tout autre? Si par exemple Jacques Derrida avait mis en oeuvre son concept d'oeuvre, celui-ci serait-il anonyme, ou innommable?

 

 

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Propositions

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[Derrida, la Tour de Babel]

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[Le nom de Babel renvoie à une langue inconnue, inintelligible, sainte, où l'absolument singulier, impossible à traduire dans aucune langue courante, se produit]

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[Aucune explication logique ne peut rendre compte du mot "Babel", aucune traduction ne peut réduire sa polysémie, aucune étymologie ne peut enfermer son étrangeté]

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[Derrida, la traduction]

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[(CinéAnalyse) : En s'efforçant de traduire, y compris l'intraduisible]

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[Une langue de la déconstruction serait comparable à un texte sacré - langue d'étude et de liturgie, insécularisable comme l'hébreu]

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[Une langue qui garderait le pouvoir de nommer - langue sacrée ou fantasme de langue maternelle - pourrait précipiter dans l'abîme : folie, catastrophe, apocalypse, mal radical]

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[Il faut, aujourd'hui, préserver un lieu d'aporie, babélien, possible et impossible, pour que se traduisent les langues et les cultures]

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[Derrida, le nom, la nomination]

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["Il faut sauver le nom, au-delà de l'être", laisse entendre Derrida dans son triple essai sur le nom (1987-1993)]

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[Ce qui s'écrit, illisible, en travaillant le nom patronymique "Jacques Derrida", c'est le secret de son autre nom]

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[Si Jacques Derrida avait mis en oeuvre son concept d'oeuvre, cette oeuvre serait signée d'un nom tout autre]

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En lisant "Glas", le lecteur est appelé à lire son for crypté, son idiome, enfermé en lui, son nom même

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[Derrida, le rien, Khôra]

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[Dans "Glas", Jacques Derrida prend au mot ce que Hegel reproche au judaïsme : il n'est pas de relève possible au "rien" invisible, innommable, au "sans contenu" des Juifs]

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[Derrida, Dieu, le nom de Dieu]

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[Il existe dans le langage une dimension interne, secrète, originelle, qui est le fondement commun de toutes les mystiques : le nom de Dieu]

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["Sauf le nom" : Il faut sauver le nom (de Dieu) pour se rendre, au-delà de l'être, en ce lieu "post-scriptum" qui s'abandonne à l'aporie]

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[Le Shema Israel est l'acte de parole par lequel la fragile alliance entre chaque Juif, le peuple d'Israël et le Dieu unique, est réitérée]

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L'idée selon laquelle je n'aurais ni projet, ni programme, ni but, j'ai dû à la fois la valider et la surmonter. Si vraiment je n'en avais aucun, je n'aurais ni attente, ni espoir; or j'ai fini par trouver, non sans mal, une problématique qui jette quelque lumière sur ce que je cherche. Ce n'est pas quelque chose de factuel, mais c'est quand même un frayage. Il a fallu beaucoup parcourir, dans l'aventure de la vie et dans la lecture, beaucoup buter sur un certain détachement dont je n'arrivais pas à me défaire, pour qu'émerge la question du nom. Elle me paraissait secondaire, abstraite, théorique. Un nom ne nous a-t-il pas été donné à tous, de l'extérieur? J'ai fini par en arriver à cette objection étonnante : Oui, mais pas à moi. A tous et à chacun, il nous a été donné un nom, mais pas à moi. L'expérience est paradoxale. D'un côté je la provoque (et le mot provocation n'a rien d'exagéré), et d'un autre côté elle reste imprévisible, d'une imprévisibilité radicale, démesurée. Il aura fallu d'abord reconnaître la perte d'un nom qui était déjà perdu, pour que s'engage le mouvement le plus improbable.

 


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