On ne peut pas se débarrasser de l'angoisse. On ne peut même pas la canaliser. Si on la repousse de l'intérieur, elle revient par l'extérieur. Si on cherche à identifier le danger qui la cause, elle change de danger. Si on crie, elle revient dans la bouche ou se noie dans le corps. Si on l'éradique du sujet, elle se passe de sujet. Elle se réfugie dans chaque geste, dans chaque parole, dans chaque pensée, et, de nos jours, elle prolifère même dans l'espace. |