Dans notre culture, la position socratique est un point de départ. Ce que je sais, c'est que je ne sais rien, même si cette assertion est passablement contradictoire et charrie une certaine dose de mauvaise foi. Un autre pôle venu d'orient n'est pas si éloigné du platonisme. C'est celui qui dit qu'il n'y a de sagesse qu'au milieu. Il ne donne guère plus de contenu à la sagesse (à part le vide) et peut conduire à une éthique du retrait. C'est une posture, une règle de comportement qui ne manque pas d'avantages.
Le roi Salomon, lui aussi, pensait que rien ne valait la sagesse. Mais il lui donnait une caractéristique, une seule : elle devait être juste. Son point de vue a eu beaucoup de succès et s'est disséminé un peu partout. L'expérience a montré que ça n'était pas si facile.
Le problème, par rapport à tous ces braves gens, c'est qu'il y a aussi du désir. Platon, avant beaucoup d'autres, en a fait le constat. Il faut se positionner par rapport à ça, parfois dans l'urgence.
Le sage est contaminé par le monde, influencé par toutes sortes de tromperies ou d'imitations. Quand il prend position, sa voix à une certaine portée. |