| Le récit de l'Orloeuvre | ||||||||||||||||
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TABLE des MATIERES : |
NIVEAUX DE SENS : | ||||||||||||||||
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Walter Benjamin | Walter Benjamin |
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| Source : |
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Art, politique | Art, politique |
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| Walter Benjamin - "Oeuvres III", Ed : Folio-Gallimard, 2000, p313 - L'oeuvre d'art à l'époque de la reproductibilité technique | A la reproduction en masse correspond une reproduction des masses |
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Quand sont filmés les grands cortèges, les manifestations sportives ou la guerre, la masse peut se voir elle-même face à face. Ce phénomène est lié au développement des techniques de reproduction et d'enregistrement. L'appareil saisit mieux les mouvements de masse que ne peut le faire l'oeil humain. L'un correspond à l'autre. Le fascisme permet aux masses non de faire valoir leurs droits, mais de s'exprimer. La conséquence est une esthétisation de la vie politique. L'appareillage est mis au service de la production de valeurs cultuelles. |
Soixante-dix ans après Benjamin (j'écris en 2006), on a tendance à éviter le mot masses, ressenti comme péjoratif. C'est un paradoxe. Alors que le monde est de plus en plus massifié, nous avons tendance à dénier le processus. A l'époque de Benjamin (comme à celle de Clement Greenberg, 20 ans plus tard, ou en mai 1968, 30 ans plus tard), l'espoir socialiste était encore vivant. Malgré le repoussoir nazi, on n'hésitait pas à appeler les choses par leur nom. Aujourd'hui nous savons qu'il n'y a pas grand'chose de positif à attendre des masses, et nous évitons le mot. On ne parle plus de mass media, mais de media tout court; on n'évoque plus les masses populaires, mais le peuple (ou encore l'opinion). Pourtant elles sont là, leur pression n'a jamais été aussi forte. |
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