Le reste est ce dont il est impossible de se débarrasser. Il résiste à tout, même à la conceptualisation. Comme le personnage du muet au cinéma ou le rechimou cabalistique, on ne peut ni le saisir, ni le connaître.
Au commencement est le vestige - ce qui reste de l'effacement de la trace. Certains objets sont voués, dès le départ, à devenir des vestiges (par exemple les performances).
Jacques Derrida a inventé une propriété, la restance, qui caractérise ces choses qui laissent irréductiblement des restes. Ainsi le livre, en tant qu'objet, est un effet de pliure d'un texte qui reste intact dans le livre.
Le peuple d'Israël est un reste de ce genre (en témoignent tous ceux qui ont cherché à s'en débarrasser). |