Nous savons que la prophétie a disparu depuis longtemps, mais nous avons l'intuition qu'il en reste quelque chose. Selon nos croyances, nous qualifions ce reste de délire, don divin, inspiration, vision, hallucination, etc...
En gros, il y a deux possibilités : soit cette parole vient de l'intérieur, soit elle vient de l'extérieur. Notre intuition contemporaine nous pousse à croire que la prophétie ne vient que de l'intérieur - de l'inconscient ou d'une pathologique quelconque. Mais ce genre d'expérience, justement, ne renvoie-t-il pas à une altérité ou une hétérogénéité, celle que des mystiques comme Abraham Aboulafia ont désiré reproduire et répéter?
Y a-t-il dans l'art un élément prophétique? L'histoire de l'art incite à le croire. Tout vrai tableau libère des énergies. Il est porteur d'une idée qu'on peut interpréter comme prophétique.
Etre porteur d'une prophétie est toujours un fardeau. On en meurt parfois, comme Cassandre ou Laocoon. L'élection n'apporte aucun plaisir. Elle force à travailler (comme le montre le cas de Derrida).
Quoiqu'en pensent certains qui finissent toujours par défendre la religion, la prophétie ne s'institutionnalise jamais.
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