Derrida
Scripteur
Mode d'emploi
 
         
           
Lire Derrida, L'Œuvre à venir, suivre sur Facebook Le cinéma en déconstruction, suivre sur Facebook

 

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Cinéloft : autobiographies                     Cinéloft : autobiographies
Sources (*) : "La vie la mort" : graphies d'alliance               "La vie la mort" : graphies d'alliance
Pierre Delain - "Après...", Ed : Guilgal, 2017, Page créée le 21 sept 2019

 

-

Derrida, la vie, la survie

[(Cinéloft) : En racontant ma vie, en me racontant : auto-bio-graphie]

Derrida, la vie, la survie
   
   
   
Cinéloft : Les "pas au - delà" de l'alliance vie / mort Cinéloft : Les "pas au - delà" de l'alliance vie / mort
Le cinéloft du Quai               Le cinéloft du Quai    
                       

Pour l'acquťrir, cliquez

sur le livre

logo

 

1. Présesntation derridienne.

Autobiographie est le mot qui désigne le récit, par un narrateur parlant à la première personne, de ce qui s'est passé pendant sa vie : bonheurs, malheurs ou accomplissements. On peut l'entendre de deux façons :

- le "je" qui raconte ne se croit pas différent de celui qui est raconté. Dans cette structure de présence à soi-même, il n'y a pas de distance entre les deux "je". En croyant raconter lui-même son histoire, le "je" raconté peut se dire : Je m'entends parler.

- le "je" qui raconte considère l'autre "je", celui qui est raconté, comme déjà mort. Il ne reste alors de la vie racontée rien d'autre que le récit. L'autobiographie ne renvoie qu'à des éléments textuels ("il n'est rien en-dehors du texte"). Tout ce qui revient de cette fable fait retour à la signature, au nom, et non pas au porteur vivant du nom.

Il y a dans l'autobiographie deux "je" dissymétriques, dissociés, étrangers l'une à l'autre : l'un aura été vivant et l'autre déjà mort, et ces deux "je" ne s'excluent pas, au contraire, ils se nouent dans une relation d'alliance. Chaque fois qu'un vivant déclare "moi", ou "je", il signe avec lui-même un contrat secret, inouï. En tant que porteur du nom, il s'accorde un crédit. Son identité, il ne la tient pas d'un contrat avec ses contemporains, mais d'un contrat avec lui-même qui l'autorise à dire "Je suis". A ce titre il parle, il écrit, il attend de l'autre, du lecteur ou de l'auditeur, une contresignature qui confirmera ce contrat, qui le bouclera, qui le fermera sur lui-même.

Un film purement autobiographique, si cela existait, serait complètement fermé sur lui-même. C'est impossible, mais certains films tendent effectivement vers cette structure.

 

2. Les films.

Dans Amarcord (Federico Fellini, 1974), on trouve :

- une pluralité de voix qui renvoie toujours au même "je", celui du réalisateur. Adolescent dans les années 30, mémorialiste dans les années 70, joué par un acteur dans le corps du film ou sous la forme d'une voix off, il s'agit toujours du même Federico Fellini.

- de très nombreux stéréotypes qui répètent des modèles établis : le père éruptif, la mère qui cache sa tendresse derrière les accès de colère, la Gradisca au fessier plantureux, la Volpina érotomane, la buraliste opulente, les gamins farceurs, les professeurs que personne n'écoute, le comte en calèche, l'historien aussi érudit qu'anachronique, le confesseur complice, etc. Chaque image est originale et pourtant tout est prévisible. Cette répétition se traduit par une ritournelle insistante, une musique de Nino Rota qui reste dans les mémoires, jusqu'à aujourd'hui, comme typique de l'autobiographie.

L'alliance entre vie et mort est assez solide pour que le film ne débouche sur aucune autre promesse que cette alliance. La scène finale, où l'on voit la Gradisca se marier avec un étranger insipide, n'est pas une ouverture, mais une clôture.

La contrainte circulaire se traduit dans les autobiographies usuelles, courantes, par le recours à des modèles, des stéréotypes qui se ferment sur eux-mêmes. Cependant même les discours les plus repliés, les plus scellés, ont des bordures : le contexte, le cadre, les parerga, la situation du moment. Le genre autobiographique ne cesse de travailler une fermeture nécessairement inachevée, incertaine, voire impossible. C'est le cas dans Douleur et gloire (Pedro Almodovar, 2019), ou dans Ne croyez surtout pas que je hurle (Frank Beauvais, 2019).

 

 

"Sa propre identité, celle qu'il déclare, veut déclarer, et qui n'a rien à voir, qui est hors de proportion avec ce que les contemporains connaissent sous ce nom, sous son nom, Friedrich Nietzsche, sa propre identité, il ne la tient pas d'un contrat avec ses contemporains, mais du contrat inouï qu'il a signé avec lui-même, par lequel il s'est endetté lui-même auprès de lui-même, crédit infini et qui est sans rapport avec celui que les contemporains lui ont ouvert ou refusé sous ce nom de Friedrich Nietzsche" (La vie la mort, pp51-52).

"Si la vie qu'il vit et qu'il se raconte comme son auto-biographie n'est d'abord sa vie que comme effet d'un contrat secret, d'un crédit ouvert, d'un endettement ou d'une alliance ou d'un anneau, alors il peut dire, tant que le contrat n'aura pas été honoré - mais il ne peut l'être que par l'autre - que sa vie n'est peut-être qu'un préjugé" (La vie la mort, p52).

--------------

Propositions

--------------

-

Chaque fois qu'un vivant déclare "moi", "je", "je vis", il signe avec lui-même un contrat secret, inouï, il s'ouvre un crédit, une alliance cryptée qui ne peut être honorée que par l'autre

-

Qu'un "je" se cite soi-même, qu'il en fasse le récit, c'est ce qui, dans la vie comme dans la Genèse, donne lieu à l'alliance de l'affirmation avec elle-même : "oui, oui"

-

Le vivant, ce texte qui ne renvoie qu'à des éléments du texte, ne peut être traduit que par les produits de sa propre traduction - c'est la structure de la fable

-

Tout appel à un modèle, sur le mode économique de la comparaison, tend à prendre une forme circulaire où le modèle a pour finalité de devenir le modèle de son modèle

-

Le récit autobiographique de "ma vie" ne tient en place que par le retour de l'alliance, le "oui, oui" donné au don de la vie en un lieu qui n'a pas lieu, sur une bordure disparaissante

-

[La signature derridienne n'est rendue effective qu'au bord de son oeuvre, là où le corpus se noue à la vie]

-

Amarcord (Federico Fellini, 1974) - Où une fiction circulaire scelle l'alliance autobiographique du cinéma avec un "je"

 


Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Google
 
   
 
 

 

 

   
 
     
 
                               
Création : Guilgal

 

 
Idixa

Marque déposée

INPI 07 3 547 007

 

CineHantise
AutoBio

AA.BBB

LVLO

EB.LKD

DerridaVie

MP.LKJ

FilmsPasAudela

WD.LKD

CineLoft

EG.LEF

ME_AutoBio

Rang = RAuto-bio-graphie
Genre = -