Derrida
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Sources (*) : CinéAnalyse : le oui à l'autre de l'aimance (amour, amitié)               CinéAnalyse : le oui à l'autre de l'aimance (amour, amitié)
Ozzy Gorgo - "L'écranophile", Ed : Guilgal, 1988-2019, Page créée le 9 janvier 2021

 

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CinéAnalyse : en faisant advenir le "oui" de l'autre

Licorice Pizza (Paul Thomas Anderson, 2021) - Un film où l'acquiescement à l'autre déclenche le mouvement gratuit, imprévisible, de l'"aimance"

CinéAnalyse : en faisant advenir le "oui" de l'autre
   
   
   
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C'est un film fabriqué à partir d'éléments épars autobiographiques, hétéro-bio-graphiques ou hétéro-thanato-graphiques, car ce ne sont pas seulement des expériences personnelles du réalisateur qui y reviennent, mais celles de ses amis, enfants d'amis, collègues, acteurs connus ou anciennes gloires, relations professionnelles et/ou copains d’enfance, ce sont des spectres aussi vivants que possible. C’est aussi un film pour cinéphiles, un paradis pour érudits, critiques amateurs ou professionnels, doctorants ou spécialistes du cinéma indépendant. Ces sources, qui renvoient toutes à des aventures amicales, se prolongent dans le récit d’une liaison vaguement amoureuse, une romance improbable entre un jeune garçon de 15 ans nommé Gary Valentine et une fille d'environ 25 ans presque aussi jeune, car en définitive les dix années qui les séparent n’ont guère d’importance, ou ne comptent que pour faire ressortir le caractère aléatoire de cette rencontre entre un garçon particulièrement dégourdi pour son âge et une fille qui ne tient pas spécialement à sortir de l'adolescence. On peut dire que, comme dans The Master du même réalisateur, c'est l'histoire de deux personnes qui n'auraient jamais dû se rencontrer, mais on peut dire aussi que c'est une histoire fabriquée pour faire se rencontrer des personnes pas si hétérogènes que ça, puisqu'elles ont toutes un rapport avec le réalisateur.

L’histoire est simple, rapide, elle ne démontre rien et ne vise aucune profondeur. Le réalisateur fait tout ce qu'il peut pour rester à la surface, une surface typiquement californienne, aussi superficielle que sophistiquée, ce qui ne l’empêche pas de faire aussi tout ce qu'il peut pour susciter des commentaires et des interprétations . Prenez le titre : Licorice Pizza, que vient-il faire dans l'affaire ? C'est juste l'endroit où les jeunes de l'époque aimaient aller, ses rencontrer, traîner comme on dit. On n'y mangeait pas des pizzas, on y achetait des disques. Regardez les lieux du film, les anecdotes, vous trouverez partout ce type d'ambigüité.

 

 

Venons-en, malgré la légèreté du film, au sérieux de l’analyse, cédons à la tentation conceptuelle. Comment qualifier la relation entre Gary et Alana ? Le réalisateur explique que ce qui l’a intéressé, au départ, c’est de mettre en scène « l’impossibilité d’une relation ». Tout ce qui arrive ensuite, du vieil acteur moto-cascadeur à la fuite d’un camion en marche arrière, ne serait guère possible dans un monde réel. Les deux compères évitent, du début à la fin, de se présenter comme boyfriend et girlfriend. Il y a trop de différences, de mésententes, d'écart d'âge, pas assez de flirts ou de poussées sensuelles pour qu’ils puissent raisonnablement faire couple. Leur relation semble platonique : ils ne se touchent presque jamais, préservent entre leurs lèvres une prudente distance, y compris dans la dernière scène de franche étreinte passablement pudique. Tout se passe comme si cette relation, qui n’arrive pas à se terminer malgré leurs ruptures et leurs disputes, devait rester indéfinissable, inqualifiable. L’important, c’est que dans cette proximité socialement ambiguë qui peut à tout instant s'effacer ou se transformer, ils se disent oui. Bien qu'ils ne sachent pas exactement à quoi ils disent oui, c'est ce oui, qui n'est ni engagement ni contrat, qui persiste au-delà des vicissitudes. Dès la première scène, Gary s'adresse à Alana et celle-ci ne se drape pas dans la différence d’âge, elle répond à son adresse, elle finit même par accepter de dîner avec lui. Peu importe le contenu de leur discussion, ils ont acquiescé l'un à l'autre. Un acquiescement peut conduire à tout : à l’amitié, à l’amour, mais aussi au dialogue conventionnel ou au simple commerce, à l’échange gratuit ou pécuniaire, ou à n’importe quoi. Dans ce cas particulier, l’acquiescement reste un acquiescement, il ne se transforme pas en lien social nommable et déterminé. C’est un oui qui n'efface pas l'altérité, qui la conforte au contraire. Ce n’est pas un oui qui enferme mais un oui qui ouvre, un oui qui n'efface rien de leur liberté. Un oui de ce genre n’est pas banal, c’est chaque fois un acte, un événement, une performance, une aimance qui n’est ni amour, ni amitié, mais le chemin qui entraîne vers l’un et/ou vers l’autre.

 


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