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Derrida, la tora                     Derrida, la tora
Derrida, le judaïsme               Derrida, le judaïsme
Jacques Derrida - "in Derrida & Religion, Other Testaments", Ed : Routledge, 2005, Epoché and Faith : An Interview with Jacques Derrida, pp35-36

 

Midrach Rabba, Gense, tome 1, pp578 et 580 -

Derrida, la circoncision

L'enjeu des textes talmudiques ou midrachiques, aujourd'hui, c'est leur traduction en questions métapolitiques, transpolitiques et transéthiques

Derrida, la circoncision
   
   
   
Derrida, l'éthique Derrida, l'éthique
Derrida, le politique               Derrida, le politique  
L'héritage d'Abraham, irrévocable                     L'héritage d'Abraham, irrévocable    

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Quand on lui demande d'interpréter un passage de Berechit Rabba (un recueil de midrachim des rabbins du Talmud), à propos de la ligature d'Isaac à laquelle il a consacré un livre, Donner la mort, Jacques Derrida répond en évoquant les thématiques de ce qu'il nomme dans d'autres textes loi au-delà de la loi, ou au-delà du souverain, et dans ce texte transpolitique ou transéthique. Ces textes midrachiques, eux-mêmes traduits de l'araméen, il tient à les traduire en langage d'aujourd'hui - quitte à répondre à côté de la question que lui pose Yvonne Sherwood : "I'm interested to know how you might read a couple of midrashic fragments from Genesis Rabbah, which treat, as you do, subjects of woman, love, blood, sacrifice and circumcision and that seem to read the sacrifice of Isaac as a hypercircumcision". Circoncision, sang, femme ou sacrifice, on trouvait ces thèmes dans Circonfession ou Donner la mort. Le sacrifice d'Isaac n'est-il pas, pour Abraham, une sorte de surcirconcision, une circoncision redoublée où, après s'être tranché le prépuce, il se retranche un fils? Et dans ses textes antérieurs, la lecture derridienne de la circoncision ne vient-elle pas surenchérir sur cette surenchère [je n'ai jamais parlé que de ça], la généraliser [tout homme est circoncis par la langue], l'hyperboliser [l'inscription du rien dans la chair]? Mais Derrida ne répond pas sur ce plan. Il préfère parler d'éthique et de politique, de transéthique de métapolitique.

 

A. Sur le premier extrait, il fait remarquer que l'obligation de choisir entre deux fils également aimés est un choix terrible, auxquels nous sommes confrontés tous les jours. Ne pouvant, dans la vie courante, aimer également chaque personne, nous en sélectionnons certaines et en écartons d'autres, et c'est impardonnable. Par rapport aux règles usuelles de la vie, Abraham est un criminel, mais il ne fait qu'acquiescer. Ce n'est pas lui qui choisit entre ses deux fils. Dans sa relation asymétrique avec Dieu, il se situe au-delà de l'amour, au-delà de l'éthique, et aussi au-delà du lien social. Son acte de foi incompréhensible, inhumain, transgresse les critères politiques ou éthiques de sa communauté.

 

B. La discussion d'Isaac et Ismaël sur la circoncision porte, elle aussi, sur l'au-delà de l'éthique. Isaac ayant été circoncis à l'âge de 8 jours, avant même qu'il puisse parler, l'alliance lui a été imposée de l'extérieur, et la circoncision qui va avec. Sur le moment, il n'a rien accepté, et même rien compris. Ismaël ayant été circoncis à l'âge de 13 ans a compris ce qui lui arrivait et n'a pas refusé. Dans le premier cas, la circoncision vient par hétéronomie; dans le second, elle est transformée en autonomie. C'est le début de la sécularisation. Pour Ismaël, elle est de l'ordre de la culture, du contrat (éthique), pour Isaac elle est de l'ordre de la vérité divine, inintelligible (au-delà de l'éthique).

Extraits du Midrach Rabba, Genèse, tome 1, chapitre 55, dans la traduction des éditions Verdier.

 

 

Lire ces deux midrachim, pour Derrida, c'est un travail de traduction : "It's a matter of translation: not only a commentary on these commentaries but also a question of translation of the nonpolitical, nonethical (or transpolitical, transethical) situation into the political responsabilities that are ours today".

1°) Il ne faut pas seulement traduire ces textes en langage d'aujourd'hui, il faut les lire à partir des enjeux contemporains. C'est la seule lecture qu'on puisse faire, en fonction du contexte d'aujourd'hui. Or la scène a lieu au mont Moriah, à Jérusalem. Elle renvoie aux événements qui arrivent à Jérusalem en 2002.

2°) Ces enjeux sont géopolitiques : "How can we translate this reference, this Abrahamic reference to this situation, into the geopolitical today?". Lire ces textes, c'est prendre acte de notre responsabilité d'aujourd'hui, entre Israël et la Palestine. Il y avait une rivalité entre Isaac et Ismaël, mais ils discutaient. Il est temps d'entrer dans une négociation - ce qui est toujours risqué.

3°) Le midrach est un objet paradoxal, à la fois non politique, non éthique [ces thèmes sont étrangers au texte], et transpolitique, transéthique [il transforme la façon dont les questions politiques d'aujourd'hui se posent]. C'est l'un ou l'autre, et aussi l'un et l'autre, et cette spécificité est irréductible. Ce qui semble se présenter, littéralement, comme ni politique ni éthique, ne l'est pas.

4°) On peut insister sur l'inconditionnalité du sacrifice (l'acquiescement d'Abraham) ou sur l'arrêt (le remplacement d'Isaac par le bélier). Kierkegaard privilégie le premier moment en disant que c'est un meurtre. Lévinas privilégie le second moment, celui de la suspension du sacrifice. C'est un moment d'arrêt, de transaction, de négociation politique et métapolitique. Le sacrifice n'étant pas consommé, on en reste à la ligature d'Isaac. Pour Derrida, les deux moments ne peuvent pas être disjoints.

5°) La définition donnée du politique porte la marque de cette transaction. "When I use the word "political", I point to a human level that has been exceeded by the very first moment in this history, the moment when Abraham received an order by God. At that moment you can have nothing to do with ethics, politics, and the law". Ce qu'il appelle politique, ce n'est pas un moment de politique au sens courant. C'est le temps où le politique est transformé, au-delà de l'éthique.

6°) Derrida prend donc en considération les deux midrachim. Il ne récuse pas leur problématique, mais la réinscrit en termes philosophiques, contemporains.

 


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