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de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, l'aporie                     Derrida, l'aporie
Sources (*) : Derrida, Heidegger               Derrida, Heidegger
Jacques Derrida - "Apories - Mourir, s'attendre aux "limites de la vérité"", Ed : Galilée, 1996, p127

 

Antigone devant Polynice mort (Nikephoros Lytras, 1865) -

Derrida, la mort

La mort est l'unique occurrence de la possibilité de l'impossibilité; une aporie que Heidegger a énoncée, sans la penser

Derrida, la mort
   
   
   
"Je suis mort", "ma mort", signature de l'aporie "Je suis mort", "ma mort", signature de l'aporie
Derrida, l'impossible               Derrida, l'impossible  
Derrida, la pensée                     Derrida, la pensée    

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Jacques Derrida analyse deux phrases de Heidegger, tirées du §50 de Sein und Zeit, dont le contenu est développé dans la suite du texte (jusqu'au §53). Voici la traduction qu'il retient :

"La mort est une possibilité d'être que le Dasein a lui-même à assumer. Avec la mort, le Dasein s'attend lui-même dans son pouvoir être le plus propre. En tant que pouvoir-être, le Dasein ne peut pas dépasser la possibilité de la mort. La mort est la possibilité de la pure et simple impossiblité du Dasein" (Apories, pp115-116, puis p122, traduction différente de celle d'Emmanuel Martineau, probablement faite par Derrida lui-même).

Il s'agit, pour Derrida, de "filtrer" (p113) dans l'analytique existentiale de Heidegger "un certain nombre de motifs", selon le titre qu'il a donné à son texte [Apories. Mourir - s'attendre aux "limites de la vérité"]. Les motifs sont les suivants :

- le possible. La mort est la possibilité la plus propre du Dasein, affirme Heidegger. L'énoncé est prescriptif, normatif. Il y a dans le possible une dimension de pouvoir, de puissance. La mort est la possibilité par excellence, et la possibilité "la plus propre" du Dasein, il faut l'assumer, il faut en témoigner sur le mode de l'attestation phénoménologique - tel est l'horizon de la pensée heideggerienne.

- A cette possibilité d'avenir, imminente à chaque instant, le Dasein "s'attend". "Ça peut toujours arriver" se dit-il. S'attendre, selon Derrida, ce peut être s'attendre soi-même, ou s'attendre à quelque chose d'autre, ou encore, éventuellement, attendre l'autre au carrefour de la mort, s'attendre au tout autre le plus hétérologique, dans une simultanéité impossible. Entre ces modalités de l'attente, il y a contretemps, anachronie.

- avant la mort, le Dasein se précède, il a rendez-vous avec lui-même, il tend vers son pouvoir-être le plus propre. La mort se dévoile comme la possibilité absolue, indépassable, "la plus propre". C'est (pour Heidegger) sa vérité, celle qui suscite l'angoisse. Fuir devant la mort, tenter de se tranquilliser, c'est l'évitement de cette certitude (quelque chose comme du bavardage). Dans la vie courante, inauthentique, cette fuite qui est hétérogène à toute autre certitude est une non-vérité. On se trouve donc avec la mort, dit Derrida, "aux limites de la vérité et de la non-vérité" (p120).

 

 

A la possibilité de la mort, s'ajoute l'impossibilité de la connaître. Par là s'introduit, selon Derrida, le motif de l'aporie, que Heidegger n'explicite pas. Dans ce passage souvent cité, on peut saluer "un saisissant paradoxe, sans peut-être mesurer toutes les explosions en chaîne qu'il tient en réserve dans le souterrain de l'analytique existentiale" écrit Derrida (p121). Comment penser la possibilité d'une impossibilité? C'est une attente incalculable, sans mesure ou démesurée, hors de proportion avec ce qui nous reste à vivre (p123).

Ce qui intéresse Derrida dans cette démonstration, c'est que Heidegger ne prête jamais "le moindre intérêt thématique à la forme logique de la contradiction ou à ce qui ici peut heurter le sens ou le sens commun" (p123). Son ton devient plus liturgique, plus proche de la prière ou du désir, quand il observe qu'elle est extérieure à toute réalité effective. Selon Derrida, cet impensable, gardé en réserve par Heidegger, c'est ce qui fait perdre au Dasein tout ce qui le distingue de la bête. "Le mourir-proprement de Heidegger est originairement contaminé, parasité, contrebandé, par le périr ou par le décéder" (p126). En ce point, avait signalé Derrida au début du livre, l'oeuvre de Heidegger chute dans l'aporie. Quand la possibilité de l'impossible se dévoile comme telle, absolument certaine et absolument indéterminée, Heidegger s'arrête. Ce n'est pas pour lui un problème à résoudre.

 


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DerridaHeidegger

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DerridaPensee

JM.LJL

UMortImpossPOssible

Rang = NMortHeidegger
Genre = MR - IA