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de Jacques Derrida

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Derrida, la littérature                     Derrida, la littérature
Sources (*) : Derrida, le pardon               Derrida, le pardon
Jacques Derrida - "Donner La Mort", Ed : Galilée, 1999, p161

 

Le sacrifice d'Abraham (Catacombes Via Latina) -

L'héritage d'Abraham, irrévocable

"Pardon de ne pas vouloir dire...", cette phrase qu'on ne peut pas arrêter, c'est l'épreuve d'Abraham et aussi celle de la littérature

L'héritage d'Abraham, irrévocable
   
   
   
Et il faut s'aventurer pour plus que la vie Et il faut s'aventurer pour plus que la vie
Derrida, prière, théologie négative               Derrida, prière, théologie négative  
Oeuvre, arrêt, différance                     Oeuvre, arrêt, différance    

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Le texte de Jacques Derrida intitulé "La littérature au secret - une filiation impossible", repris dans le livre "Donner la mort", commence par la phrase : "Pardon de ne pas vouloir dire" (d'abord sans points de suspension puis, dans la suite du texte, ces points soit soit écrits immédiatement à la suite de la phrase - ... -, soit placés entre crochets, en supplément, après la phrase - [...] -). Cette phrase inachevée ou quasi-phrase (p173), ou encore spectre de phrase, est une demande de pardon, une prière qui reste en suspens. Qui l'a énoncée? Peut-être Abraham, Derrida ou un autre, ou la phrase elle-même, on n'en sait rien, elle est inscrite quelque part, laissée à l'abandon. A qui a-t-elle été adressée? On ne sait pas, peut-être le locuteur se l'adresse-t-il à lui-même. Pour garder le silence sur quoi? Quel est son référent? Pour qu'il y ait littérature, il faut que le sens et le contexte de cette phrase restent indéterminés. Elle déclenche un mouvement que rien ne peut arrêter. De même qu'Abraham n'a révélé à personne l'ordre reçu de Dieu [le sacrifice d'Isaac], il faut que l'alliance de la littérature soit gardée secrète.

Derrida insiste sur l'expérience du sacrifice d'Isaac à cause de sa radicalité. Ce n'est pas qu'Abraham cherche à cacher quelque chose, c'est que son rapport absolument singulier à Dieu rend impossible ce vouloir dire. "Ne pas pouvoir vouloir dire" (p164), ce serment qui engage Abraham à ne pas exposer [rendre publique] cette alliance, c'est le secret du secret (p164), l'axiome absolu (p171). On ne peut pas récuser cet axiome : Abraham est silencieux. Il ne sait pas ce qu'il ne dit pas, il n'en saura jamais rien. Il ne peut pas divulguer ce secret, car il est lui-même gardé par cet archi-secret qu'il garde : la raison pour laquelle le sacrifice de son fils lui est demandé. A cette alliance absolue, il ne peut pas désobéir. C'est donc à Dieu qu'il demande pardon de l'impardonnable.

 

 

Le contexte de la phrase n'étant jamais complètement déterminable, l'identité du signataire et du destinataire n'étant pas spécifiée, la phrase peut renvoyer à une "réalité" ou à une fiction. "Tout est livré à l'avenir d'un "peut-être", écrit Derrida" (p175). Tout part de l'indécidabilité d'un secret dont on ne sait rien, qui pourrait même ne pas être un secret. La littérature s'empare de ces mots, elle en fait sa chose. Elle semble avouer un secret, sans le dévoiler.

Une lumière arrive soudainement comme un météore (p185) ou l'arc-en-ciel de l'alliance. On ne sait pas d'où elle vient, de quoi elle s'est détachée. Elle est furtive, clandestine, peut-être coupable - et quand elle arrive sur nous, son mouvement s'interrompt [comme la phrase en question]. Cette interruption - effacement de ce qui arrive, Derrida le compare au nom de Dieu. Comme ce nom, la littérature est indicible, imprononçable. On cherche à en déchiffrer le sens. Pour l'instant, le secret est gardé, mais il pourrait finir par s'avouer quelque chose qui resterait inavouable. "Et un lecteur infini, le lecteur d'infini que je vois travailler se demande si ce secret quant au secret n'avoue pas quelque chose comme la littérature même" écrit Derrida (p186). [La littérature même, ce serait l'aveu du secret du secret, le secret de tous les secrets].

 


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