Derrida
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de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Et il faut s'aventurer pour plus que la vie                     Et il faut s'aventurer pour plus que la vie
Sources (*) : [La] matrice derridienne (ce qui s'en restitue)               [La] matrice derridienne (ce qui s'en restitue)
Pierre Delain - "Après...", Ed : Guilgal, 2017, Page créée le 9 décembre 2016 [La] matrice derridienne (ce qui va s'en dire)

[Et il faut laisser venir l'aporie pour y trouver le principe d'un sur-devoir, d'une sur-vie, d'un plus-que-la-vie]

[La] matrice derridienne (ce qui va s'en dire)
   
   
   
                 
                       

1. Vie / mort : intrication dans les œuvres.

Dans ses textes, Jacques Derrida marque souvent ses réserves à l'égard du vitalisme, qu'il rapproche du logocentrisme et de la métaphysique de la voix. Exalter la vie, au sens courant du mot, ce serait s'enfermer dans le cycle répétitif, idéalisant, de la vie et de la mort. Et pourtant dès les premières années, peut-être sous l'influence de Blanchot, un autre concept de vie émerge, qu'il écrit "sur-vie", avec un trait d'union entre le sur et la vie, ou "plus que la vie". Dans cette conception, le cycle entre la vie et la mort est brisé, la vie et la mort ne s'opposent plus. Dès le commencement, le "je" est une trace, il est déjà mort; et ce "je" ne disparaît pas à la fin, puisqu'il reste dans l'écriture. Le travail, commencé très jeune, de déconstruction des oppositions binaires, l'effort ininterrompu pour faire surgir des apories, ne conduisent pas à une destruction, ni même à une désintrication, mais à la multiplication des entrelacs entre la vie et la mort, c'est-à-dire des œuvres. Il ne peut dire, d'un côté, Je suis mort, que parce que d'un autre côté, il dit aussi : Je sur-vis. S'il pouvait dire, sans mentir, Je suis mort quand il était vivant, et s'il peut dire, sans parler, Je sur-vis maintenant qu'il est mort, c'est par une grâce inouïe. Il aura fallu pour cela, dit-il, qu'il endure l'aporie.

 

2. Démultiplier les phrases aporétiques.

Souvent, Derrida organise ses textes autour d'une phrase aporétique qu'il repère ou qu'il fabrique. Prenons quelques exemples.

- Dans La voix et le phénomène : Je suis mort. Il cite Edgar Poe qui cite son personnage Valdemar qui cite encore un autre personnage. Cette première mise en abyme d'une phrase aporétique pourrait être le modèle de toutes les autres.

- Dans Politiques de l'amitié, le fil directeur, énoncé dès le départ, est la phrase de Montaigne citant Diogène Laërce qui cite Phavorinos qui cite Aristote (ou est supposé le citer) : "O mes amis, il n'y a nul amy". En focalisant l'analyse sur cette phrase, son original grec et les autres traductions possibles, ce sont les apories d'une longue tradition qui sont mobilisées. Il faudra démonter une à une ces apories avant d'entrer, avec mille précautions, dans le travail conceptuel proprement dit : une amitié inconditionnelle sans souveraineté elle-même aporétique. Non seulement la phrase choisie, "O mes amis, il n'y a nul amy", est formellement contradictoire, mais en outre elle est philologiquement fausse - c'est un faux sens, une traduction erronée.

- Dans Donner la mort, Pardon de ne pas vouloir dire - une formulation qui renvoie à l'épreuve d'Abraham, et aussi à la littérature.

- Dans Spectres de Marx, Apprendre à vivre, enfin - n'est-ce pas, pour un vivant, l'impossible? C'est pourtant l'éthique même.

- etc.

Dans toute oeuvre, Derrida cherche la phrase ancrée dans la tradition, une phrase extérieure, étrangère, qu'il pourra à force de travail faire venir dans son idiome en la transformant radicalement. Il faut, d'une certaine façon, fétichiser cette phrase pour qu'elle puisse devenir le lieu de la différance. Il faut la vider de son sens, pour en appeler à l'interprétation de l'autre. Il nous revient (à nous lecteurs d'aujourd'hui) de ne pas retenir que la dimension fétichiste.

 

3. A l'encontre du mal radical, il faut endurer l'aporie.

Ce lieu aporétique où tout peut arriver est aussi celui de toutes les décisions, de toutes les responsabilités. Rien n'y est fixé à l'avance. Aucune logique pré-établie, présupposée, ne le détermine - pas même celle que l'on pourrait donner comme un concept de l'aporie, l'aporie comme telle. C'est une expérience irréductible, sans devoir ni dette, où tout peut arriver : le pire (le mal radical) comme ce qui s'instituerait, par déclaration ou axiome, comme le "meilleur". Ce lieu, il faut l'endurer, dit Derrida. L'endurer ne signifie pas qu'il faut l'enfermer dans une logique - car il n'y a pas de logique de l'aporie. Il faut s'y attendre, comme il faut s'attendre à la mort, comme il faut s'attendre aux limites de la vérité. Et ce qui se pose alors, au-delà de l'être, n'est pas de l'ordre de l'acte, de l'effectivité. Il s'agit de nommer (nommer ce lieu qui n'est rien), de saluer l'inconditionnel (ce que j'ai nommé le principe de l'œuvre).

 

 

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Propositions

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S'il faut s'attendre à la mort, il faut aussi s'attendre à se laisser emporter au-delà des limites de la vérité

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[Penser "la vie" comme valeur, essence unique indivisible, c'est passer à côté du supplément inanticipable qui, peut-être, viandra ajouter une autre vie à la vie]

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[Je ne peux pas dire : "Ma mort", "Je suis mort", sans aporie; c'est la signature même de l'aporie]

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"Apprendre à vivre enfin", n'est-ce pas, pour un vivant, l'impossible? C'est pourtant l'éthique même

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"O mes amis, il n'y a nul amy!" Selon l'accent (iota) mis ou pas sous la lettre omega, la phrase est assertive (jugement) ou vocative (interpellation)

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"Pardon de ne pas vouloir dire...", cette phrase qu'on ne peut pas arrêter, c'est l'épreuve d'Abraham et aussi celle de la littérature

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Il faut endurer l'aporie : c'est la loi de toutes les décisions; mais jamais l'aporie ne peut être endurée "comme telle"

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Endurer l'aporie sans s'acquitter d'aucune dette, par un "sur-devoir" qui, pour être un devoir, ne doit rien devoir - c'est la condition de la responsabilité et de la décision

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