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Sur des films                     Sur des films
Source : Le monde ne coule pas               Le monde ne coule pas
Ozzy Gorgo - "L'écranophile", Ed : Galgal, 1988-2007, Page créée le 17 septembre 2007

Les Méduses (film de Etgar Keret et Shira Geffen, 2006)

   
   
   
                 
                       

En termes banals, on pourrait dire que ce qui domine le film est : la perte d'identité, la crise des filiations, etc.... Chaque personnage a perdu ses repères. Il est égaré, et le fait qu'il vive dans une ville (Tel Aviv) et dans un pays (Israël) n'y change rien. L'employée philippine se trouve dans la même situation que les autres. Elle est contrainte de communiquer par téléphone avec son fils de cinq ans. Généralement le téléphone sert à ça : un semblant de lien entre les uns et les autres. A un moment, on voit un téléphone flotter dans un appartement inondé (celui de la jeune femme, Batya, qui ne répond pas - un téléphone, comme chacun sait, ne présuppose que l'existence d'un autre téléphone). Il résume à lui seul la médusation générale. On est à peine surpris, pas médusé, car ces méduses-là n'ont pas d'oeil, sauf l'oeil imaginaire qui fixe les personnages et les culpabilise. Encore un mauvaise usage ou mésusage des méduses, mais y en a-t-il un bon? Les méduses ne téléphonent pas. Elles sont juste les unes à côté des autres, sans se répondre.

Le récit n'est pas unifié. Il flotte entre trois histoires sans autre rapport entre elles que ce flottement. Ce point commun suffit largement à produire l'unité du film (à défaut du récit), unité symbolisée par son titre, Les Méduses, qui elles aussi flottent dans la mer (et aussi dans la tragédie et dans la mort). Le laisser-aller général a quelque chose de pesant, de douloureux, mais il n'y a rien de violent, pas même de contradiction. Trois personnes (voire six, voire neuf puisqu'à chaque fois un élément vient perturber le couple) se fondent en une seule : le héros indistinct du film. Ce héros n'a pas plus de psychologie qu'une méduse, mais il est bien vivant. Même après s'être suicidé, il vit encore.

     


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zm.Keret.2006

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