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Kant, les Critiques                     Kant, les Critiques
Source : La raison n'est pas raisonnable               La raison n'est pas raisonnable
Emmanuel Kant - "Critique de la faculté de juger", Ed : Gallimard (Pléïade, tome 2), 1985, p931. Je reprends ici certains commentaires d'Alexis Philonenko dans son introduction à la Critique de la Faculté de Juger (Ed Vrin, 1995), et je m'appuie sur les deux introductions rédigées par Kant pour ce texte. L'âme

Toutes les facultés de l'âme peuvent être ramenées à trois : la faculté de connaître (entendement), le sentiment de plaisir et de peine (jugement), la faculté de désirer (raison)

L'âme
   
   
   
                 
                       

Ces trois facultés correspondent aux trois volumes de la critique kantienne et aux trois parties de la philosophie qui ont chacune leurs principes a priori :

faculté de connaître : Critique de la Raison Pure. C'est l'entendement ou la philosophie théorique, rendue possible par les concepts de la nature (lois). L'entendement est le pouvoir de connaître l'universel, mais la communication avec l'objet est indirecte. Elle s'appuie sur le pouvoir de juger selon des principes a priori.

sentiment de plaisir ou de peine : Critique de la Faculté de Juger. Ce volume porte sur l'esthétique (la beauté), mais aussi sur la téléologie (la vie). La faculté de juger est le pouvoir de subsumer le particulier sous l'universel. Son objet est l'homme, la subjectivité. Le beau introduit une communication directe : l'homme rencontre l'homme sans le détour de l'objet ni de la loi. Le jugement de goût occupe une position intermédiaire entre la raison et l'entendement, qui sont toutes deux médiatisées. C'est une tentative de résoudre le problème capital de la philosophie moderne : l'intersubjectivité.

faculté de désirer, ou volonté : Critique de la Raison Pratique. C'est la philosophie morale comme législation pratique de la raison selon le concept de liberté (prescriptions). La raison est le pouvoir de déterminer le particulier par l'universel (de dériver à partir de principes). Il y a ici représentation causale des représentations à leurs objets (idées). Par la raison pratique, l'homme communique avec l'homme comme être raisonnable. Cette communication aussi est indirecte, car il y a médiatisation par la loi morale.

Ces trois facultés sont pures car légiférantes a priori (p933). Elles se retrouvent dans les trois maximes du sens commun.

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