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Le récit de l'Orloeuvre  

 

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Brauner, le signe flotte                     Brauner, le signe flotte
Source : Le monde s'écoule               Le monde s'écoule  
Malavika Jibreel - "La transmigration des signes", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 16 mars 1996 Les signes résistent

[Chez Victor Brauner, la voix flotte à distance du signe]

Les signes résistent
   
   
   
Brauner, la voix Brauner, la voix
Le monde ne coule pas               Le monde ne coule pas    
                       

Si on rapproche le tableau de Victor Brauner "Eléonore et le vampire" (1942), et sa sculpture "Signe" (1942/45), on a la vision d'une voix qui flotte sous forme de serpent cabalistique, au-dessus d’un signe à forme de double visage au regard ouvert et fermé. Brauner expose cette théorie. Bien qu’il ne l’écrive pas, elle est solide et puissante grâce à l’image convaincante qu’il nous en a laissée. Le procédé est bizarre, unique dans le petit monde de la sémiologie : une théorie peinte, mise sur le papier avant d’avoir été présentée ou conçue sous forme discursive. Ce phénomène de foire existe. La preuve : je vous le montre.

Le “Signe” de Victor Brauner est un double visage dont les deux dimensions s’ignorent. Elles ne s’opposent pas comme le signifiant saussurien à son signifié. Elles ne sont pas séparées par une barre, mais par un creux. Elles se différencent comme les deux faces du visage quand celles-ci n’ont pas le même regard (ce qui est nécessaire pour une vision en relief). Pour Brauner, les deux versants du signe sont de même nature. Ils sont permutables. Il suffit qu’un oeil se ferme et que l’autre s’ouvre, ce qui peut arriver à chaque instant, pour que leurs fonctions s’échangent. Il se peut que la face aveugle s’appuie sur celle qui voit (comme dans Eléonore ou le vampire), ou l’inverse, (comme dans Mythotomie). Peu importe. Le signe est toujours double, et chaque face est toujours étrangère à elle-même.

Et de cela quelque chose résulte : une voix flottant comme un rêve au-dessus d’un regard qui semble endormi. Cette voix en forme de L majuscule serpente à une certaine distance qui paraît proche mais se lit comme infinie, ce que n’ignore pas le serpent (noué comme le signe "infini").

Il n’est pas indifférent que Victor Brauner ait inventé “Signe” en 1942, l’année-trou du 20ème siècle, l’année de son basculement dans l’ésotérisme et l’univers de la cire. A partir de là, il ne visait plus le réel ni le surréel, il visait le sens de ce qui n’a pas un sens : non pas le nazisme, mais l’objet.

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Propositions

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Eléonore et le vampire (Victor Brauner, 1942)

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Signe (Victor Brauner, 1942/45)

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Mythotomie (Victor Brauner, 1942)

     


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Malavika
BraunerSigne

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ProContinu

SI.GNE

ProSigne

DU.HHU

BraunerVoix

DS.LLS

IVocalFlottement

SU.GNE

S.Voixflotte

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