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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, le secret                     Derrida, le secret
Sources (*) : Derrida, responsabilité(s)               Derrida, responsabilité(s)
Jacques Derrida - "Passions, "L'offrande oblique"", Ed : Galilée, 1993, pp56, 63

 

Garde-secret (Max Ernst, 1925) -

Derrida, le témoignage

"Il y a du secret" - un secret sans contenu, hors d'atteinte, intraitable, dont nous ne pouvons témoigner que par l'expérience de son tracement performatif

Derrida, le témoignage
   
   
   
Derrida fait signe au hors - livre Derrida fait signe au hors - livre
Derrida, retrait, effacement               Derrida, retrait, effacement  
Derrida, sa Cabale cachée                     Derrida, sa Cabale cachée    

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Il y a du secret, écrit Derrida. Cette affirmation, on ne peut ni la prouver, ni la démontrer. Alors que dans le second chapitre de ce texte écrit en juillet 1991, il écrivait à la première personne du singulier ("je"), il passe au pluriel ("nous"). Cette phrase n'est pas une énonciation personnelle, c'est un élément du discours. Ce discours-ci écrit-il (p55), c'est le discours qui échappe à toute vérification sacrificielle - c'est-à-dire à l'objectivation du lien social ou du rite. C'est un discours non institué, non programmé, et pourtant général, comme l'indique sa forme et sa grammaire : "Témoignons : il y a là du secret". Je ne suis pas seul à témoigner, nous témoignons. Ce témoignage s'adresse à l'autre, il se met dans la dépendance de l'acquiescement de l'autre, sans trouver d'assurance en lui-même.

Après cette première énonciation, vient l'énumération. Six fois, il reprend cette phrase affirmative, insistante, en italiques, sans jamais la justifier positivement. C'est une énumération apophatique, qui "ne relève pas ici nécessairement de la théologie négative, même s'il la rend possible". Quelque années plus tôt, en juin 1986, dans Comment ne pas parler, il s'était expliqué sur la théologie négative, et voici qu'il semble y revenir en expliquant ce que n'est pas le secret [comme si ce nom, secret, pouvait être associé au nom de Dieu]. Par exemple, il n'est pas : technique, artistique, incommunicable, intransmissible, inenseignable, inimitable, psycho-physique, caché, dissimulé par un un sujet, une représentation inconsciente ou mystérieuse (qu'il faudrait démystifier), esthétique, éthique, religieux, mystique, sacré ou profane, privé, intérieur, intime, phénoménal, nouménal, partageable, ésotérique, initiatique, obscur, nocturne, invisible, etc. Impassible, intraitable, irréductible, il ne peut donner lieu à aucun procès car il ne répond pas à la parole. L'expression "non-réponse", qui pourtant est encore négative, est la seule qui puisse ouvrir à ce discours-ci une issue qu'on pourrait dire logique, même si elle implique le suspens de la responsabilité.

 

 

Arrivé au septième élément de l'énumération, il s'arrête. A la place de la formule Il y a du secret, il écrit : Là il n'y a plus le temps, ni la place (p63). C'est une sorte de prétexte. En termes familiers, on dirait qu'il se défile. Contribuant à un ouvrage collectif, sur le thème : Derrida : A Critical Reader, avec 12 autres auteurs, il prétend devoir faire court, ne pas avoir assez de place. Mais ce défilement n'est pas un choix circonstanciel, c'est l'affirmation que le secret n'a pas de contenu. "Nous témoignons d'un secret sans contenu, sans contenu séparable de son expérience performative, de son tracement performatif" (p56). On ne peut que témoigner de cette expérience qui n'est même pas celle d'une trace, mais celle d'un tracement, du mouvement d'une trace qui ne laisse aucune trace.

Jacques Derrida récuse la possibilité d'écrire sur lui-même. Son secret est hors d'atteinte, pour lui-même en tant que moi tout autant que pour les autres, ceux qui écrivent à partir de son texte. Ce qu'il y a de secret dans son écriture est, par structure, inaccessible à la critique et aussi à l'autocritique. C'est un secret inconditionnel dont on ne peut rien dire de frontal. On ne peut en parler qu'obliquement, et c'est ce qu'il fait dans les six premières énonciations : "Il y a du secret". Quand il arrive à la septième, il s'en va, il n'y a plus le temps, ni la place, prétexte pour laisser opérer la structure soustractive, avant d'en venir à ce qu'il nomme une confidence (comme s'il était possible, malgré tout, de dévoiler quelque chose du secret) : ce qu'il aime dans un livre, et plus particulièrement dans la littérature, c'est le lieu du secret. C'est ce lieu de la non-réponse absolue (p66) qui est sa passion, injustifiable, inexplicable et sans contenu. On revient au septième jour biblique, celui du retrait, du repos.

 


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