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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, le secret                     Derrida, le secret
Sources (*) : L'héritage d'Abraham, irrévocable               L'héritage d'Abraham, irrévocable
Jacques Derrida - "Donner La Mort", Ed : Galilée, 1999, pp165, 176

 

Abraham et Isaac (Rembrandt, 1645) -

Derrida, l'alliance

Le secret du secret, c'est le respect de l'absolue singularité, la séparation infinie de ce qui me lie à l'unique

Derrida, l'alliance
   
   
   
Derrida, prière, théologie négative Derrida, prière, théologie négative
Derrida, une fois, une seule               Derrida, une fois, une seule  
Abraham, le patriarche                     Abraham, le patriarche    

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Jacques Derrida s'interroge sur l'épreuve d'Abraham, racontée en (Gn 22). En quoi consiste cette épreuve dite du sacrifice ou de la ligature d'Abraham? Il avance une hypothèse, ce qu'il appelle une lecture de ce texte, lecture qui selon lui n'est pas une interprétation, mais qui est "présupposée par toute interprétation, par les exégèses, commentaires, gloses, déchiffrements qui s'accumulent en nombre infini depuis des millénaires" (p164). Quelle est donc cette lecture d'avant toute lecture? Cette épreuve serait "une expérience secrète au sujet d'un secret". Il y a, dès cette formulation, un dédoublement du secret. Le secret est secret, et l'expérience à l'égard de ce secret est elle-même secrète. Du secret lui-même, on ne peut rien dire (comme tout secret, il est inavouable), et de l'expérience, on ne peut dire qu'une chose : elle est secrète. Quel secret? demande Derrida. Et lui-même répond, avec une clarté qui ne lui est pas coutumière : "Eh bien voici : unilatéralement assignée par Dieu, l'épreuve imposée sur le mont Moriah consisterait à éprouver, justement, si Abraham est capable de garder un secret : "de ne pas vouloir dire...", en somme. Jusqu'à l'hyperbole : là où ne pas vouloir dire est si radical qu'il se confond presque avec un "ne pas pouvoir vouloir dire"".

Dieu demande secrètement à Abraham de s'engager, et celui-ci répond immédiatement : "Me voici". Il ne peut pas y avoir d'hésitation pour Abraham, car il était déjà engagé, il avait déjà juré l'alliance, "en tête-à-tête, sans tiers", sans autre témoin que Dieu. A ce moment, ce n'est pas une alliance entre un peuple et un Dieu comme celle qui sera proclamée au Sinaï, bien des générations plus tard, c'est une alliance entre deux singularités. C'est sur ce point que Jacques Derrida insiste. Pourquoi sont-ils liés l'un à l'autre? On ne peut pas le dire, le secret de cette alliance est inconnu. Le paradoxe, c'est que, si l'on suit Derrida, on peut peut-être parler du secret du secret : "Le secret du secret dont nous allons parler" (p165). "En parler", ce n'est ni proposer une interprétation supplémentaire, ni dévoiler quelque chose, c'est s'engager dans un tête-à-tête avec le texte, une alliance qui fasse émerger, sans le dire, performativement, le secret du secret. Et pour cela Derrida, dans un passage entre parenthèses (pp164-165), quitte la neutralité du texte philosophique pour parler en "je" et en "tu", en dialogue, d'abord à la place de Dieu, puis à la place du "nous", celle du théoricien.

Avant de monter sur le mont Moriyah, Abraham parle à Isaac. Dieu n'est pas présent sur cette image. Ils parlent en tête-à-tête, de singularité à singularité.

 

 

Dans Crainte et tremblement, Kierkegaard insiste sur le silence d'Abraham. Tandis qu'Abraham ne parle qu'à lui-même, ne parle à Dieu qu'en lui-même, ils marchent en silence. En silence ils préparent le bois, il lie Isaac, il prépare son couteau. A la fin, "ni l'un ni l'autre n'ont percé le secret de ce qui s'est passé", écrit Derrida. Et Kierkegaard : "Jamais il n'en fut parlé au monde, et Isaac ne dit jamais rien à personne de ce qu'il avait vu, et Abraham ne soupçonna pas que quelqu'un avait vu". Par ce secret qui doit rester caché, par cette décision impardonnable qui consiste à obéir à l'appel de Dieu, Isaac est, lui aussi, lié à Dieu. Le secret est double. Premièrement, Abraham ne doit pas dévoiler que Dieu l'a appelé a sacrifier son fils. Deuxièmement (l'archi-secret) : il ne doit pas dévoiler la raison ou le sens de cette demande (p172). Ce second secret est un secret pour Abraham. Il en prend la responsabilité, bien que ce soit un secret de Dieu. C'est son épreuve. Il doit garder ce secret-là au moment du pire sacrifice. : donner la mort, de sa main, à ce qu'il aime le plus au monde, à cette promesse et à son avenir.

C'est là que vient le secret du secret, qu'Abraham lui-même ignore.

 


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