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Source : Ferdinand Hodler               Ferdinand Hodler
Angeline Lafauchais - "L'invocation d'autrui", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 28 novembre 2006 Images au rythme du monde

Ferdinand Hodler peint l'eurythmie

Images au rythme du monde
   
   
   
L'espace résonne dans l'image L'espace résonne dans l'image
                 
                       

Les groupes de personnages sont récurrents chez Hodler. Ils surgissent la plupart du temps à propos d'un rythme : jour/nuit, vie/mort, printemps (1910), heure sacrée (1907), promenade ou prière quotidienne, comme dans le tableau Eurythmie (1895). Pour figurer le cycle, ils se juxtaposent, se succèdent en séquences (L'Elu, 1893 ou l'Emotion, 1901), sont disposées en symétries (Regards dans l'infini, 1916) ou parallèles. Tout se répète, même la vérité (1903) et l'amour (1907-08). Le bûcheron (1910) et le faucheur (1910) font des actes répétitifs (ce pourrait être le même homme). Les tableaux sont souvent repris à quelques années d'écart, comme le Jour (1899-1900, 1909) après la Nuit (1889), le Rêve (1892, 1897), Las de la vie (1887, 1892) ou Chant lointain (1906, 1913). Les mêmes régions sont peintes, le lac Thun, le mont Niesen ou le lac Léman, dont Hodler qualifie les formes de rythmées (1909).

L'oeuvre d'Hodler est donc vocale au sens de la résonance (vibratoire). Quand il introduit une autre forme de voix, celle de l'Orateur, la résonance est moins immédiate, elle passe par la réunion du peuple autour de cet homme (l'Unanimité). L'orateur hurle, comme si quelque chose d'hétérogène était entré dans sa gorge. Ici Hodler sort du symbolisme pour proposer une vision politique à nos yeux totalitaires, ce qu'Hodler n'était pas). Pour lui, la foule unie pacifie, de même que l'adoration (1895), la prière, l'extase (1911), le plaisir visuel et peut-être aussi la mort (1915), thème de son premier tableau important (La nuit, 1889), qui est construit sur un schéma symétrique.

On peut dire de la peinture de Hodler qu'elle est vocale en ce sens qu'elle vibre selon les différentes modalités de parallélisme qu'on a pu décrire (voir ci-contre). En 1974, Valerio Adami lui a rendu un hommage ambigu, où le peintre est pris dans l'acte de dessiner, qui est aussi un perdre la voix. Mais Adami lui-même n'est pas étranger au rythme, qui est une des composantes de l'espace vocal.

     


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