| Le récit de l'Orloeuvre | ||||||||||||||||
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TABLE des MATIERES : |
NIVEAUX DE SENS : | ||||||||||||||||
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La croyance | La croyance |
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| Source : |
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Lien social | Lien social |
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| Paul Valéry, "Oeuvres, tome 1", Ed : Pléiade, 1957, p1034-6 | Le monde social est fiduciaire : il est fondé sur des croyances sans lesquelles la vie organisée serait impossible |
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Tout monde social est fondé sur la croyance et sur la confiance. Les mondes juridiques ou politiques sont mythiques. Ils reçoivent leur existence de notre esprit. Croire à la parole est aussi indispensable aux humains que de se fier à la fermeté du sol : les serments, les contrats, les signatures, les projets, tout cela est entièrement mythique. Cela permet l'inégalité dans les échanges : parole contre écriture, passé contre futur, confiance contre obéissance. Le pouvoir lui-même est une valeur spirituelle. Sa puissance vient de ce qu'il peut concentrer ses forces à un endroit, à un moment. Si les hommes ne le croyaient pas, le pouvoir ne fonctionnerait plus. Si une maladie mystérieuse détruisait tout le papier qui existe dans le monde, si tout l'écrit s'évanouissait, la vie sociale perdrait sa crédibilité et nous nous trouverions en face du réel pur. Cela fait ressortir la fragilité du monde social. Si la croyance elle-même s'affaiblissait - ce qui est le cas à notre époque [1933], le résultat serait le même. Or nous sommes confrontés à une crise générale des valeurs qui s'étend à tout, de la politique à la science, voire à l'amour [et aussi à l'art, comme le montre le dadaïsme]. |
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