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Derrida, le cinéma                     Derrida, le cinéma
Source : La mémoire               La mémoire

François Roussel cite, dans la revue du Collège International de Philosophie, Rue Descartes (n°53 p46) des propos tenus par Jacques Derrida en 1982 dans le film Ghostdance, où il jouait son propre personnage.

Le cinéma est une "fantomachie" : c'est avoir la mémoire de ce qui n'a jamais eu la forme de la présence, et nous hante

   
   
   
                 
                       

Dans un film où on lui a demandé de jouer son propre rôle, Derrida a prononcé cette formule et aussi quelques autres aussi énigmatiques : Laissez revenir les fantômes. Cinéma plus psychanalyse, cela donne une science du fantôme. La technologie moderne décuple leur pouvoir. L'avenir est aux fantômes. Il commentera, dans un autre texte (Echographies), les propos qu'il a improvisés ce jour-là. Ce qui règle la scientificité, dira-t-il, ne devrait pas être fantomatique - et pourtant... avec la technologie, un spectre (celui du réel) devient visible.

Jean-Louis Comolli (in "Voir et pouvoir", cité par François Roussel dans Rue Descartes 53 p49) fait remarquer que l'homme mort fait retour à l'écran. C'est une renaissance, une résurgence. D'entrée de jeu, le spectre s'attache à l'image. L'utopie du cinéma est de nous faire rencontrer des morts qui reviennent, vivants, sous nos yeux. La mort des fantômes cinématographiés n'est qu'un épisode de leur survie.

     


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