On parle de sens commun pour évoquer ce qui se rencontre partout, ce qui est vulgaire, ce dont la possession n'est ni un mérite, ni un privilège, par opposition à l'entendement, qui est la qualité minimale qu'on est en droit d'attendre de quiconque revendique le nom d'être humain. On peut exprimer de manière abstraite l'idée d'un sens commun à tous de la façon suivante : se mettre à la place de tout être humain, en faisant abstraction des limites contingentes à chacun (p1073). (Dans une digression, Kant donne quelques maximes de ce sens commun).
Le sens commun esthétique mérite, plus que le bon sens courant, le nom de sens commun à tous, car il ne demande la médiation d'aucun concept ni d'aucune loi, mais seulement une imagination libre et une capacité à produire des raisonnements. Il produit ainsi le sentiment interne d'un état de l'âme conforme à une fin, et qui présente un intérêt pour tous. Communiquer ce sentiment peut être exigé, en quelque sorte, comme un devoir.
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