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                            NIVEAUX DE SENS :

 
   
Kant, esthétique                     Kant, esthétique
Source : Le commun               Le commun  
Emmanuel Kant - "Critique de la faculté de juger", Ed : Gallimard (Pléïade, tome 2), 1985, p1074-5, §40

Le goût ou la faculté de juger esthétique méritent le nom de "sens commun à tous", car ils désignent ce qui est universellement communicable sans aucune médiation

   
   
   
                 
                       

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On parle de sens commun pour évoquer ce qui se rencontre partout, ce qui est vulgaire, ce dont la possession n'est ni un mérite, ni un privilège, par opposition à l'entendement, qui est la qualité minimale qu'on est en droit d'attendre de quiconque revendique le nom d'être humain. On peut exprimer de manière abstraite l'idée d'un sens commun à tous de la façon suivante : se mettre à la place de tout être humain, en faisant abstraction des limites contingentes à chacun (p1073). (Dans une digression, Kant donne quelques maximes de ce sens commun).

Le sens commun esthétique mérite, plus que le bon sens courant, le nom de sens commun à tous, car il ne demande la médiation d'aucun concept ni d'aucune loi, mais seulement une imagination libre et une capacité à produire des raisonnements. Il produit ainsi le sentiment interne d'un état de l'âme conforme à une fin, et qui présente un intérêt pour tous. Communiquer ce sentiment peut être exigé, en quelque sorte, comme un devoir.

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Propositions

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Le principe du goût est le principe subjectif de la faculté de juger en général

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Est beau ce qui plaît dans le simple jugement

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Le modèle suprême, l'archétype du goût, est une pure et simple Idée que chacun doit produire en soi-même

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Le jugement de goût dans l'analyse du beau peut être considéré selon : 1/ la qualité; 2/ la quantité; 3/ les fins; 4/ la modalité, d'où résultent quatre moments du beau

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La beauté ne dépend ni de l'existence de l'objet, ni de l'intérêt que j'y porte, mais d'un jugement

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Kant enferme la théorie de l'esthétique dans une théorie du beau, celle-ci dans une théorie du goût et cette dernière dans une théorie du jugement

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Est beau l'objet d'une satisfaction qui résulte d'un jugement de goût, indépendamment de tout intérêt

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La beauté est la forme de la finalité d'un objet, en tant qu'elle est perçue dans cet objet sans représentation d'une fin

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Est beau ce qui plaît universellement sans concept

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Est beau ce qui est connu sans concept comme objet d'une satisfaction nécessaire

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Il ne peut y avoir aucune règle objective du goût, qui déterminerait par concepts ce qui est beau

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Il est impossible qu'il y ait un principe objectif du goût

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L'agréable et le beau sont immédiats, tandis que le bon suppose la médiation rationnelle des fins

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Une idée esthétique est une représentation de l'imagination qui donne à penser, sans qu'aucun concept ni aucun langage ne la rende intelligible ni ne l'exprime complètement

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Antinomie kantienne du jugement de goût : ce jugement ne se fonde pas sur des concepts, mais il se fonde sur des concepts

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Pour Kant, beauté pure et beauté idéale sont incompatibles

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Dans tous les beaux-arts, l'essentiel est la forme, orientée par rapport à une fin pour le spectateur qui en juge et en tire un plaisir culturel

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Le beau touche à la forme d'un objet, tandis que le sentiment du sublime se rencontre au niveau de l'esprit devant un objet informe, indéterminé, illimité

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Le goût ou la faculté de juger esthétique méritent le nom de "sens commun à tous", car ils désignent ce qui est universellement communicable sans aucune médiation

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Les ornements (parerga) et suppléments extérieurs à l'oeuvre n'appartiennent pas à la "belle forme" et portent préjudice à la beauté authentique

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Une beauté naturelle est une chose belle; la beauté artistique est une belle représentation d'une chose

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Le beau et le sublime ont ceci en commun qu'ils plaisent par eux-mêmes

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Le jugement de goût n'est pas logique, mais esthétique, car il ne peut être que subjectif

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Dans l'acte de juger esthétique, j'attribue à mon sentiment particulier valeur universelle

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Les Beaux-Arts ouvrent un espace de jeu et de communication universelle entre sujets libres

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L'acte esthétique est celui qui révèle par excellence l'intersubjectivité

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Le jugement esthétique suppose une communication directe entre les hommes

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On ne devrait appeler art que la production qui fait intervenir la liberté, c'est-à-dire un libre arbitre dont les actes ont pour principe la raison

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Le principe de l'idéalité de la finalité suffit pour fonder notre jugement esthétique de manière libre et autonome, sans aucune hétéronomie

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Il y a deux espèces de beauté : la beauté libre, qui ne présuppose aucun concept de l'objet, et la beauté adhérente, qui est conditionnée à une fin

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Le beau est le symbole du bien moral

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Le pivot de l'esthétique de Kant est sa sémiotique du "beau comme symbole de la moralité" : elle détermine par analogie la beauté libre comme manque et redonne sens à l'errance

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L'intérêt commun pour le beau dans l'art ne prouve aucun attachement au bien moral, tandis qu'un intérêt à contempler les belles formes de la nature témoigne d'une âme bonne

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L'artiste n'imite pas les choses de la nature, mais il imite en tant que sujet-auteur la production de la nature ou l'acte divin

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Le génie est la disposition innée de l'esprit par le truchement de laquelle la nature donne à l'art ses règles

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On distinguera l'art de la nature, comme le faire est distingué de l'agir, et les oeuvres de l'art des produits de la nature

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Dans le domaine des beaux-arts, le goût se révèle, mais le génie est bridé

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Kant hiérarchise les beaux-arts à partir de l'expression, fonction de la parole : poésie, arts de la forme, musique

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Le jugement du sublime peut être considéré selon : 1/ la quantité; 2/ la qualité; 3/ la relation; 4/ la modalité, d'où résultent quatre moments du sublime

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Le sublime est l'intuition esthétique de la limite infinie

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Est sublime ce qui, du seul fait qu'on ne puisse que le penser, révèle une faculté de l'esprit qui dépasse tout critère des sens, au-delà même de l'imagination

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Le sublime est un sentiment de déplaisir provoqué par l'impuissance du sujet à appréhender l'infini sur le mode de l'imagination, compensé par le plaisir de le saisir par l'idée

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Est sublime ce qui nous révèle la supériorité de notre capacité à la conservation de soi sur la force de la nature

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Le jugement sur le sublime exige un certain développement de la culture et une disposition au sentiment moral

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L'impressionnisme réalise à la perfection l'esthétique de Kant

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L'âme, qui est le principe qui insuffle sa vie à l'esprit, n'est rien d'autre que la faculté de présenter des idées esthétiques

     


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