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Le récit de l'Orloeuvre  

TABLE des MATIERES :

Mode d'emploi des moteurs IDIXA.

                            NIVEAUX DE SENS :

 
   
                   
Source :              
Henri Atlan - "Les Etincelles de Hasard (tome 2 : Athéisme de l'Ecriture)", Ed : Seuil, 2003, p189

Si je ne suis pas pour moi, alors "je" est un qui, et si je suis pour moi, alors "je" est un quoi

   
   
   
                 
                       

cf : La question de la personne reste toujours ouverte d'un "qui" ou d'un "quoi" capable de dire "je".

Cette formulation serait le sens caché (dérivé du début du Zohar) de la phrase du Pirqé Avot (Ch 1, 14) attribuée à R. Hillel : "Si je ne suis pas pour moi, qui sera pour moi? Et si je suis pour moi-même, que suis-je? Et si pas maintenant, quand?". "Im eïn ani li, mi li? Ve-im ani le'atsmi, ma ani? Ve-im eïn 'akhchav, aimataï?".

Tension entre :

-le je, point d'ouverture sur l'infini. "Si je ne suis pas pour moi" est lu "Si je (ani) est néant (aïn) pour moi, un "qui" est pour moi." (Si je suis néant pour moi, un qui est pour moi). [Hétéroréférence]. Le Mi est associé à "Il n'y a pas". Questionnement sur le mode personnel. Renvoie dans le Zohar à la limite supérieure du ciel au-delà de laquelle il n'y a plus de questionnement. Annulation du Je qui est dépassement de l'existence personnelle (p192) : les cabalistes y voient une identité de nature entre Keter et Malkhout (p193), la première et la dernière sefira.

-le je, ego refermé sur soi. "Si je suis pour moi-même, que suis-je?" est lu : Si "je" est mon essence, "je" est un quoi. [Autoréférence]. Fermeture sur la présence à soi-même. 'atsmi, moi-même, veut dire aussi "mon os", "mon squelette", "mon essence". Renvoie dans le Zohar à la limite inférieure du ciel par où commence le questionnement (p191). Là commencent les nouvelles questions (Zohar). "Tu as compris quoi? Tu as discerné quoi? Tu as cherché quoi? Tout reste aussi fermé qu'à l'origine". Associé au yech, le "il y a" de la chose.

Les pronoms interrogatifs Qui? et Quoi? sont interprétés comme des substantifs (p190).

- Troisième élément de la phrase de Hillel : S'il n'y a pas de maintenant, alors le passage éventuel d'un quoi à un qui est rejeté dans un temps indéfini. Quand?

Sur l'interprétation de ce passage attribuée par le Zohar à Elie le prophète, cf : Elohim est la réunion des mots "Eleh" (ceux-ci) et "Mi" (Qui?); si on retire le Mi, il reste Elohei'kha (tes dieux).

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