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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

       
   
                   
Sources (*) :              
Jacques Derrida - "Séminaire "La bête et le souverain" Volume II (2002-2003)", Ed : Galilée, 2010, pp369-370

Au crépuscule de son séminaire, la prescription derridienne peut s'écrire : "Il faut bien que je te porte", comme s'il y avait un monde - juste - que je puisse te faire ou te laisser vivre

   
   
   
 
                 
                       

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Pour un vivant, le monde n'est jamais assuré. Il peut finir à tout instant, par la mort individuelle ou par la perte de sens du monde (Die Welt ist fort). Pour nous protéger contre ce risque, nous faisons comme si le monde était stable, comme si nous pouvions vivre ensemble dans un même monde. Mais que nous le sachions ou non, nous faisons semblant, car le monde commun est un fantasme que rien ne garantit. Que faire alors ? demande Derrida. Derrida suggère de suivre la deuxième partie du vers de Paul Celan : Ich muss dich tragen. C'est un suivi poétique, pour lequel il distingue deux chemins : s'il n'y a plus du monde, on peut porter l'autre hors du monde, dans le vide. Il n'y aura en ce lieu aucun accueil, rien n'arrivera. L'autre chemin, c'est faire en sorte qu'il y ait un monde. Et Derrida précise : "ce que je dois faire, avec toi en te portant, c'est qu'il y ait justement un monde, juste un monde, sinon un monde juste, ou de faire en sorte de faire comme si il y avait juste un monde, et de faire venir le monde au monde, de faire comme si, pour toi, pour te le donner, pour le porter à dessein de toi, à destination de toi, pour te l'adresser, je faisais venir le monde au monde, comme s'il devait y avoir un monde là où présentement il n'y en a pas, de faire surgir poétiquement le don ou le présent de ce comme si..."

Dans cette phrase, il y a quatre fois le mot juste. Pour Derrida, on ne peut pas faire venir le monde au monde sans une problématique du juste. C'est cette problématique qui justifie le "porter" de Ich muss dich tragen. Elle ne peut pas garantir qu'un monde stable soit possible, car une telle garantie est impossible (la stabilité du monde commun est un fantasme), mais elle laisse venir un don. Lequel ? Derrida n'en dit rien. Le second chemin, faire venir un monde, ne peut pas être dissocié du premier chemin, porter l'autre hors du monde. Pour le laisser vivre ou jouir, il faut que la trace du portage s'efface. Rien n'est arrivé, on ne peut rien dire du porter.

On peut proposer une lecture sceptique ou apocalyptique du dernier séminaire de Jacques Derrida, entre le fantasme du mourir vivant (Robinson Crusoé) et l'aporie du Walten (Heidegger); mais on peut aussi en proposer une lecture toute autre, de promesse et de bénédiction, comme Derrida l'a fait dans Béliers, texte à peu près contemporain de cette séance et qui repose sur la même problématique. A propos du Ich muss dich tragen de Paul Celan, il avance une formulation qu'il avait déjà énoncée plusieurs fois : C'est l'éthique même. Pourquoi ce recul ou ce retrait devant l'existence même du monde conduirait-il à l'éthique même ? Porter l'autre, sans but ni finalité, est une pure inconditionnalité, une pure affirmation d'un Il faut du Il faut.

 


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