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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, Heidegger                     Derrida, Heidegger
Sources (*) : Derrida, femme, différence sexuelle               Derrida, femme, différence sexuelle
Jacques Derrida - "Geschlecht III - Sexe, race, nation, humanité", Ed : Seuil, 2018, p73

 

Zephyr et Hiacinthe sur une coupe de Tarquinia -

Derrida, communauté

La malédiction de l'espèce humaine (Geschlecht), en décomposition, consiste en ceci que, dans la dissension des sexes, elle est frappée jusqu'au déchirement

Derrida, communauté
   
   
   
Derrida, l'humain Derrida, l'humain
               
                       

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Cette proposition peut être lue comme une traduction d'un extrait du texte de Heidegger, Die Sprache am Gedicht, dans Acheminement vers la parole (Gallimard, 1976, p53), ou comme une interprétation par Derrida de ce texte. Voici en parallèle d'abord la traduction derridienne, et ensuite la traduction de l'édition officielle chez Gallimard :

- 'Malédiction, cela s'appelle en grec plegè, notre mot "Schlag". La malédiction de l'espèce en décomposition consiste en ceci que cette antique espèce est frappée jusqu'au déchirement dans la dissension des sexes. A partir d'elle, chacun des deux genres tend à redevenir sauvage et bestial, simplement gibier. Ce n'est pas la dualité comme telle, mais la dissension qui est la malédiction. Elle entraîne l'espèce dans la division à partir du soulèvement de la sauvagerie aveugle et la sépare dans l'individuation. L'espèce déchue est divisée et meurtrie. Elle n'est plus à même de se retrouver dans la juste frappe. La juste frappe est réservée à ce Geschlecht dont la dualité se soustrait à la dissension agonistique. Elle se devance dans la migration qui la conduit vers la douceur ou la paix d'une dualité simple, d'un pli sans pli, une douceur qui est chose étrange, et en cela suit l'Etranger.' (retranscription partielle des éléments de traduction de Geschlecht III proposés par Derrida pp73-76)

- 'De quoi cette espèce est-elle frappée, c'est-à-dire de quelle plaie? Plaie, c'est le grec πληγη - en allemand Schlag. La plaie de l'espèce vouée à se défaire consiste en ceci que cette antique espèce est surprise de déchirement dans la dissension générique. A partir d'elle, chacun des deux genres se rue à l'effrénement de la sauvagerie, désolée et réduite à elle-même, du gibier. Ce n'est pas la dualité comme telle, mais la dissension qui est plaie. A partir du soulèvement de la sauvagerie aveugle, elle entraîne l'espèce dans la division et l'égare ainsi dans l'individuation déchaînée. Ainsi divisée et meurtrie, l'"espèce déchue" n'est plus à même de retrouver la bonne frappe. Mais bonne frappe il n'y a que pour l'espèce dont la dualité, délivrée de la dissension, se devance dans la douceur d'une simplicité dédoublée, qui de ce fait est "chose étrange" et en cela suit l'Etranger' (Acheminement vers la parole, p53, trad. Jean Beaufret, Wolfgang Brokmeier et François Fédier).

Ce passage se présente comme une source de l'élaboration derridienne autour de la différence des sexes. Pourquoi a-t-il dû en passer par là, par le style de Heidegger et son Geschlecht, qui renvoient à des mots oubliés du vieil allemand? Pourquoi n'a-t-il pas plutôt privilégié d'autres sources? C'est une question irrésolue, peut-être liée à un autre impensé ou imprononcé (Gedicht), le sien, son "propre" non-dit.

 

 

L'essence humaine (Menschenwesen), dit Heidegger, est vouée à se défaire, se décomposer. Tout tourne autour de l'ambiguité des significations du mot Geschlecht, qu'il faut bien réarticuler tout autrement en français, par des mots différents, puisqu'il n'y a pas de mot correspondant dans la langue. L'élaboration derridienne, c'est cette traduction, qui diffère radicalement de la traduction officielle, car elle restaure, dans sa complexité, sa dissension, son discord, les tensions du Geschlecht allemand, que les locuteurs de cette langue tendent à oublier.

Donc l'essence ou l'espèce humaine (Menschengeschlecht) est menacée par une malédiction : la dissension des sexes (Zwietracht der Geschlechter). Dans la traduction derridienne, il ne s'agit pas de la dualité des sexes, (Zwiefalt, Zwiefache der Geschlechter) mais de leur dissension, qui déclenche une sauvagerie bestiale, aveugle. L'espèce humaine est arrachée à l'ordre de la nature, vouée à se défaire (das verwesende Geschlecht). C'est la thématique du déclin, de la déchéance, de la perte, qu'on retrouve dans d'autres développements heideggeriens. Il s'agit bien d'une malédiction (Flucht), avec ses connotations religieuses, et non pas d'une plaie. C'est un mauvais coup, une guerre. Dès la première empreinte ou impression (le moment de la différance, de l'archi-écriture, de l'Abgeschiedenheit - l'Etranger de Trakl affecté par la mort), le Geschlecht est cassé, démantelé. Il y a singularisation, individuation, séparation, qui le brise. C'est là que Derrida se différencie d'Heidegger. Pour Heidegger, la marche vers l'ailleurs a un sens, une destination : le retour pacifiant du Geschlecht lui-même (la souche, la famille, la nation) dans sa signification la plus ancienne, archaïque (le vieil allemand). Pour Derrida, cette seconde frappe qui est déjà dans la première, n'a aucun sens pré-déterminé. C'est une faille, une folie. On ne peut pas réparer la dissension des sexes par une unité ou une dualité.

 


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