Derrida
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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, le judaïsme                     Derrida, le judaïsme
Sources (*) : Derrida, le secret               Derrida, le secret
Jacques Derrida - "Apories - Mourir, s'attendre aux "limites de la vérité"", Ed : Galilée, 1996, pp140-1

 

Autoportrait en pensant ˆ la mort (Frida Kahlo, 1943) -

Derrida, la garde

Que nous le sachions ou non, nous sommes tous marranes : fidèles à un secret que nous n'avons pas choisi, nous sommes gardés par ce secret, avant même que celui-ci ne nous garde

Derrida, la garde
   
   
   
               
                       

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Plus tôt dans le livre, à propos d'un certain non-dit de Heidegger dans Sein und Zeit, autour de la question de la mort, Jacques Derrida parle de "marrane universel" : "Marrane universel, si on peut dire, au-delà des formes aujourd'hui finies, peut-être, de la culture marrane" (p130). "L'histoire des marranes vient, dit-on, de s'achever, avec telle déclaration de la cour d'Espagne. On peut toujours le croire" écrit-il plus loin (p135), faisant probablement allusion au discours du roi Juan Carlos, le 31 mars 1992 (exactement 500 ans après l'expulsion des Juifs d'Espagne par le décret de l'Alhambra, le 31 mars 1492), en présence du président israëlien Haïm Herzog, à la synagogue de Madrid, où il évoquait la réconciliation historique entre le royaume d'Espagne et les Juifs.

Le mot "mort", écrit Derrida, écrit toujours le nom d'un secret. Lequel? Bien qu'on puisse s'attendre à la mort, on ne peut pas la rencontrer comme telle, on ne rencontre que la mort des autres. On donne un nom public à cette singularité irremplaçable, absolument unique (ma mort), mais on ne peut rien en dire. C'est un schibboleth, un nom sans nom.

Un marrane respecte les cérémonies, les cultes et la liturgie d'une religion dont il ne sait plus rien. Jacques Derrida décide de donner ce nom, marrane, à "celui qui habite sauf à porter le nom" (p135). Il s'agit ici, sans doute, de son rapport au judaïsme. "En mémoire et selon la figure du marrane, du crypto-judaïque" (p135), il nomme marrane le "crypto-X en général". On peut habiter le judaïsme sans en porter le nom. Devant la possibilité de la mort (où il habite), le marrane universel déploie le rituel attaché au nom commun de la mort, dont il ne connaît ni le sens, ni le référent, mais cette mort est pour lui insoutenable, impraticable, aporétique. C'est ce secret qui le garde.

 

 

Dans les deux dernières pages du livre (pp140-141), Derrida revient au marrane, dans un passage qu'il doit juger important, puisqu'il le reprend tel quel dans le Prière d'insérer (pp3-4).

"Si l'on appelle marrane, par figure, quiconque reste fidèle à un secret qu'il n'a pas choisi, là même où il habite, chez l'habitant ou chez l'occupant, chez le premier ou le second arrivant, là même où il séjourne sans dire non mais sans s'identifier à l'appartenance, eh bien, dans la nuit sans contraire où le tient l'absence radicale de tout témoin historique, dans la culture dominante qui par définition dispose du calendrier, ce secret garde le marrane avant même que celui-ci ne le garde" (p140).

Le marrane reste fidèle un secret qui pour lui est chiffré, crypté. Il n'y a plus de témoin historique d'un événement que la culture dominante ignore. Il ne peut rattacher cet événement à aucun fait précis, aucune date. Il ne dit même pas non à sa nouvelle appartenance, mais quelque chose fait qu'il ne s'y identifie pas. C'est ce quelque chose qui le garde - l'enferme ou le met en garde, et aussi lui fait perpétuer ce secret sans âge qu'il garde.

Cette anachronie est une chance. Le marrane ne vit pas dans un seul âge, ou deux, ou plusieurs, mais dans un nombre incalculable d'heures et d'années. Il vit dans un temps historique (sa finitude), et aussi dans un autre temps, intempestif (infini). Ces temporalités s'emboîtent les unes dans les autres, sans hiérarchie. Elles produisent, comme dans la paradoxe de Russel, un indécidable. "Peut-être avons-nous l'âge, un âge entre autres, de cette anachronie. Comment peut-on avoir un âge entre autres? Comment calculer l'âge d'un marrane, par exemple?" demande Derrida. S'il n'a pas d'âge, c'est qu'il ne peut pas mourir. Sa mort, toujours possible, est impossible - une aporie que, comme Heidegger, le marrane ne peut pas penser.

 


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