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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
L'éthique avant l'éthique, c'est "l'éthique même"                     L'éthique avant l'éthique, c'est "l'éthique même"
Sources (*) : Derrida, l'éthique               Derrida, l'éthique
Jacques Derrida - "Passions, "L'offrande oblique"", Ed : Galilée, 1993, pp25-26, 75-76

 

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Derrida, nos tâches

L'éthicité de l'éthique se mesure à l'affirmation donatrice illimitée, incalculable, d'un devoir qui ne doit rien devoir ni rendre, n'acquitter aucune dette

Derrida, nos tâches
   
   
   
Derrida, le don Derrida, le don
Et il faut préférer l'incalculable, l'anéconomique               Et il faut préférer l'incalculable, l'anéconomique  
                       

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Dans certaines aires linguistiques et culturelles, le devoir est enraciné dans la dette, mais il y a toujours une certaine ambiguité, comme le montre l'étymologie du mot devoir dans les langues indo-européennes telle qu'elle est analysée par Emile Benveniste ou Charles Malamoud (note 3, pages 78-81). Le devoir est un devoir-rendre, une restitution. Il faut s'acquitter d'une dette matérielle (payer son loyer, rembourser un emprunt). Mais cette obligation n'épuise ni le sens du mot, ni son étymologie. Nous "sentons", dit Derrida, qu'un devoir qui ne serait rien d'autre qu'une restitution (la conséquence d'un engagement, d'un acte, d'une faute ou d'une culpabilité) ne répondrait pas à la "moralité pure". En tant que simple moment d'un cycle économique emprunt - prêt - remboursement, ce devoir serait même a-moral, indifférent à la moralité. "La moralité pure doit excéder tous les calculs, conscients ou inconscients, toutes les visées, tous les projets de restitution ou de réappropriation. Ce même sentiment nous dit, peut-être sans rien dicter, qu'il faut aller au-delà du devoir, au moins du devoir en tant que dette : le devoir ne doit rien, il doit ne rien devoir, il devrait en tout cas ne rien devoir" (Passions pp75-76).

Quelle est cette voix qui, sans rien dicter (mais il y a ici un peut-être : en ne dictant rien, elle dicte quand même), nous dit qu'un autre devoir nous oblige? C'est une voix silencieuse [comme la voix de fin silence du prophète Elie, ou comme celle qui s'adresse à Abraham], en rupture avec la culture et le langage courant, une voix intraitable, inquiétante, qui "commande de se porter au-delà du devoir" (Passions p76) et ne se satisfait d'aucune bonne conscience, une voix exigeante et même cruelle, comme le laissent entendre Nietzsche ou Freud. Cette voix est impérative, mais on n'y accède pas directement (Passions, p26). Elle s'annonce dans les paradoxes ou les apories du concept de devoir ou de décision responsable, qui s'appuie sur des règles, des normes, tout en se situant au-delà de ces règles et de ces normes - et plus généralement de la loi.

 

 

Citation : "Nous sentons bien ce paradoxe : un geste resterait a-moral (il resterait en deça de l'affirmation donatrice illimitée, incalculable ou incalculante, sans réappropriation possible, à laquelle on doit mesurer l'éthicité ou la moralité de l'éthique), s'il était accompli par devoir au sens de “devoir de restitution“, par un devoir qui se réduirait à l'acquittement d'une dette, par un devoir comme devoir-rendre ce qui a été prêté ou emprunté" (Passions, p95).

On peut rapprocher l'emploi du mot éthicité dans ce passage d'une conférence prononcée en 1991 d'un autre emploi du même mot (allocution prononcée le 27 décembre 1995) :

"L'hospitalité n'est pas davantage une région de l'éthique, voire, nous y viendrons, le nom d'un problème de droit ou de politique : elle est l'éthicité même, le tout et le principe de l'éthique" (Adieu à Emmanuel Lévinas, p94).

L'éthicité de l'éthique ne renvoie qu'à la dictée d'une obligation, d'un Il faut. C'est une éthique "sans réponse générale et réglée, sans réponse autre que celle qui se lie singulièrement, chaque fois, à l'événement d'une décision sans règle et sans volonté au cours d'une nouvelle épreuve de l'indécidable" (Passions, p41). En un mot : l'éthique même.

 


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