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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Le silence                     Le silence
Sources (*) :              
Pierre Delain - "Buées blanches sur le quai de l'Idve", Ed : Guilgal, 1988-2017, Page créée le 30 novembre 2016

 

La bible traduite par Andre Chouraqui (I.Rois.19.9-13) -

La "voix de fin silence" entendue par le prophète Elie : une expérience d'extase mystique?

   
   
   
               
                       

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Dans son article L'expérience mystique du prophète Elie "Qol DeMama Daqqa", Michel Masson explique que les trois mots de la formule qu'on traduit usuellement par la voix du fin silence, pris séparément, offrent peu d'ambiguité :

- qol : tout ce que perçoit l'oreille, bruit, voix, cri, vibration ou son. La traduction usuelle par "voix" n'est donc qu'une traduction possible, parmi d'autres.

- daqqa (au féminin) : mince, fin, ténu,

- le mot féminin deMama, qui signifie silence, auquel renvoie un qualificatif écrit au féminin, daqqa.

Pourquoi ce troisième mot, deMama, qui signifie incontestablement silence, est-il souvent traduit par d'autres mots qui renvoient soit à un bruit léger (contre-sens) soit à une brise (faux sens)? Pour éviter l'oxymore, car le traducteur suppose qu'un bruit ne peut pas être entendu comme un silence, fut-il léger. Pourtant c'est bien ce que dit le texte.

Parmi les traductions modernes en français, on trouve : une voix de petit vent (Lefèvre d'Etaples), le son d'une brise légère (Dhormes), le bruit d'une brise légère (Reuss), le frémissement d'une douce brise, le bruissement d'un souffle ténu (TOB), un murmure sourd, léger (Kahn), un doux et subtil murmure (Kittel), un murmure doux et léger (Segond), un bruissement doux et léger (Voeltzel), un son quoy et subtil (Calvin), etc. Il s'agit toujours d'éviter l'étrangeté du mot "silence", alors que l'hébreu signifie littéralement "un bruit de silence". Pour qu'on accepte la possibilité d'un oxymore dans le texte biblique, il aura fallu attendre les époques plus récentes, par exemple : après le feu, une voix : un silence subtil (Chouraqui), ou bien cette traduction proposée par Lévinas, qui est devenue canonique : la voix de fin silence.

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Roger Laporte a rapporté un entretien qu’il a eu avec Lévinas au sujet de la traduction de ce texte : « Je me référai à ce passage du Cantique spirituel où, dans son commentaire de la quatorzième strophe, Jean de la Croix écrit : “Quelques théologiens ont pensé que notre père saint Elie a vu Dieu dans ce murmure délicat du zéphyr qu’il sentit à l’entrée de sa grotte sur le mont Horeb”. Emmanuel Lévinas prit le texte hébreu et, sans aucune hésitation, me traduisit les versets 11 à 13 du 1er livre, chapitre XIX du Livre des Rois... ». Voir Études, Paris, P.O.L., 1990, p. 236.

Traduction d'André Chouraqui (I-Rois, 19:9-13).

 

 

En reprenant partiellement le commentaire de Michel Masson, on peut faire remarquer que l'expérience d'Elie, qui reçoit la voix de Dieu sur l'Horeb, réception la réception par Moïse de la Torah au Sinaï. Mais tandis que Moïse se présente spectaculairement devant la multitude du peuple, Elie est seul dans la grotte. Même son serviteur est resté à Bersheva. Immobile, sous-alimenté, il est déprimé et désire en finir avec la vie. La tempête dont il fait mention, puis le séisme et même la brûlure (le feu), c'est en lui qu'il les perçoit ou les entend. Il n'est pas terrifié. Le texte se présente comme un constat : si Dieu n'est pas présent dans ces événements, c'est que ce sont des états de conscience (il est peu probable que le texte biblique puisse ramené à un bulletin météorologique). Mais pour le quatrième événement (la voix du fin silence), le texte ne dit rien : il se peut que Dieu soit présent, ou absent. Aucun objet externe, aucune structure intellectuelle, aucune relation avec le monde, ne peut trancher. Dans l'alliance de mots antithétiques, le silence à l'état pur peut s'entendre. Le sujet disparaît, il peut s'absorber dans le divin. Pour Michel Masson, c'est la preuve qu'il s'agit d'une expérience mystique. Mais l'au-delà de l'être est-il nécessairement mystique? La suite du texte n'invite-t-elle pas plutôt à une interprétation éthique, politique ou prophétique?

 


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