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Derrida, le judaïsme                     Derrida, le judaïsme
Sources (*) : Derrida, nos tâches               Derrida, nos tâches
Jacques Derrida - "Le dernier des Juifs", Ed : Galilée, 2014, pp55-58

 

Homme juif meditant (anonyme) -

Derrida, inconditionnalités, principes inconditionnels

Dans la tradition juive, l'"élection" est une techouva inconditionnelle : "Je déclare devoir faire l'impossible pour une responsabilité sans fin"

Derrida, inconditionnalités, principes inconditionnels
   
   
   
Derrida, le pardon Derrida, le pardon
               
                       

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Alors que, souvent, Jacques Derrida évite l'utilisation de mots hébreux (il déclare ne pas connaître cette langue), il utilise avec insistance le mot techouva (תשובה) dans son intervention Avouer - l'impossible prononcée en 1998 à l'occasion du XXXVIIème Colloque des intellectuels juifs de langue française. Techouva, précise-t-il (p54), qu'on traduit souvent par "repentir", signifie "retour" ou "réponse" en hébreu. Chaque année, la période la plus intense de la vie juive, entre Roch Hachanah et Yom Kippour, est nommée les dix jours de techouva. On se souvient de ses fautes, jusqu'au kol nidré, ce moment où tous les serments sont remis à zéro.

a. Après avoir nommé une série d'auteurs (Léo Baeck, Hermann Cohen, Martin Buber, Dominique Bourel, Max Scheler), il choisit de commenter en priorité la première leçon d'Emmanuel Lévinas dans les Quatre lectures talmudiques (1968), qui commence par cette citation du Talmud (michna, Traité Yoma 85a) :

"... Les fautes de l'homme envers Dieu sont pardonnées par le Jour du Pardon; les fautes de l'homme envers autrui ne lui sont pas pardonnées par le Jour du Pardon, à moins que, au préalable, il n'ait apaisé autrui..."

Alors que les fautes envers les hommes exigent une réparation préalable, une compensation, pour les fautes envers Dieu, le pardon est inconditionnel. Comment expliquer ce paradoxe contre-intuitif? Pourquoi Dieu accepterait-il de pardonner toutes les fautes? Derrida répond par son concept de responsabilité infinie. Une responsabilité illimitée ne dépend d'aucune transaction, d'aucun rééquilibrage. (1) Je ne peux pas ma dérober, je suis et je reste infiniment responsable (2) Il faut que j'avoue que cette responsabilité infinie est impossible - d'où le titre de cette conférence de Derrida : Avouer - l'impossible. La techouva, est un repentir, mais aussi un retour, et surtout une réponse. On comprend mieux ce que veut dire Derrida en lisant les auteurs qu'il cite. La responsabilité est intérieure, c'est celle d'un "je" irremplaçable et solitaire. Comme l'explique Lévinas, je ne peux pas intercéder auprès de Dieu, qui est l'autre par excellence, l'autre en tant qu'autre, l'autre absolument autre (Quatre lectures talmudiques, p36). Son pardon ne dépend que de moi. Il exige toute ma personnalité, "à laquelle personne ne peut se substituer" (p38). Si le pardon est une réparation de soi par soi, une œuvre absolument intérieure, l'acquiescement divin n'est pas nécessaire. C'est cette Œuvre-là [que Lévinas écrit avec une grand Œ, comme lorsqu'il évoque l'éthique même] qui équivaut au pardon de Dieu (p39). L'élection juive, c'est que, pour un Juif, elle est incontournable, mais qu'il doit s'avouer à lui-même ses difficultés, ses contradictions et ses apories - exactement ce que Jacques Derrida tente dans son texte, Avouer - l'impossible.

b. Ce retour, ce repentir, n'est pas spécifiquement juif. C'est une "immense énigme, sur le fond de laquelle se présente aujourd'hui une mondialisation de la scène de l'aveu. Partout c'est le processus théâtral d'un retour sur le passé le plus proche ou le plus ancien, souvent avec repentir et pardon demandé, processus de réparation, d'indemnisation ou de réconciliation" (pp16-17, les italiques sont de Derrida). On peut interpréter, aujourd'hui, la techouva juive dans son rapport avec cette scène.

 

 

L'élection, ainsi définie, ne dépend pas de la naissance, de l'origine, de l'appartenance à un peuple ou à une communauté, tout en restant singulièrement attachée à la tradition juive. Déclarer "Je suis Juif" ne se situe pas sur le plan du droit, de la loi, mais sur un autre plan : un accès privilégié à une loi au-dessus des lois, la justice (p35). Il ne s'agit pas de respecter des règles, des normes, un contrat, il s'agit d'une techouva inconditionnelle, d'une affirmation donatrice illimitée, incalculable.

 


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