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de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Profession de foi pour un concept d'œuvre                     Profession de foi pour un concept d'œuvre
Sources (*) : Le "corpus" derridien, indissociable de la vie               Le "corpus" derridien, indissociable de la vie
Pierre Delain - "Pour une œuvrance à venir", Ed : Guilgal, 2011-2017, Page créée le 11 juillet 2013

 

Ver de bibliotheque (Carl Spitzweg, 1850) -

L'œuvre, son concept, son principe

Jacques Derrida n'a jamais cessé de penser l'"oeuvre" : comme mot, notion, concept, principe ou acte performatif

L'œuvre, son concept, son principe
   
   
   
               
                       

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A toutes les époques, le mot «œuvre» a été fréquent dans son corpus, comme on peut le constater sur cette page du Derridex. Son œuvre peut être lue comme une quête du sens du mot œuvre, qui évolue selon les textes, les dates ou les contextes. On peut repérer au moins trois nœuds sémantiques différents :

1. Un ensemble autour du recueil La Vérité en peinture, livre paru en 1978 mais écrit pour l'essentiel en 1975, juste après Glas, et d’Economimesis, un article publié la même année dans l’ouvrage collectif Mimesis des articulations. Partant d’une analyse des textes classiques sur l’esthétique (Kant, Hegel, Heidegger), Derrida fait du parergon un concept, et tisse autour de ce concept une thématique de l’encadrement, du bord, de la limite, du texte et du hors-texte.

2. Un autre nœud, vers 1986-88, autour de quatre auteurs (Artaud, Joyce, Ponge et Celan), plus éloigné des arts visuels, prolonge la thématique du parergon autour de la date, la signature, le rapport au nom, au référent, à la langue, à la traduction. Dans ces textes, Jacques Derrida s'éloigne encore plus de l'art, pour s'intéresser à l'œuvre comme telle.

3. Une dernière problématique, dans la période 1998-2003, est organisée autour de deux textes : l’Université sans condition et Genèses, généalogies, genres et le génie. Ce dernier texte, sous-titré Les secrets de l'archive, reprend une conférence prononcée en 2003 à l'occasion du dépôt des archives d'Hélène Cixous à la Bibliothèque Nationale de France. En s'interrogeant sur la notion de génie, qu'il définit comme don performatif, indécidable, monstrueux, inouï, inépuisable, inappropriable et irréductible, qui excède toute loi du genre, il évoque peut-être, indirectement et sans l'avouer, son propre travail. En tous cas, dans cette série de textes, il relance les thèmes précédents autour de l'œuvre, en y ajoutant des considérations sur la croyance, le savoir, la profession de foi, et un performatif d'un autre type, au-delà de l'acte de langage. Derrière des questions comme Que fait un enseignant? ou Génie, qui es-tu?, dont il dit qu'on ne peut les proférer que dans le secret d'un silence, il semble que la question sous-jacente ne soit pas Que fait une œuvre (en général), mais bien Que fait mon œuvre? ou plus exactement : Qu'est-ce que mon œuvre doit faire pour répondre à son concept? Ce concept de l'œuvre, de son œuvre, ne pouvant se trouver que dans l'œuvre, dans son œuvre à lui, on est confronté au paradoxe de Russel : d'une part l'œuvre contient son concept, et d'autre part le concept contient l'œuvre, un paradoxe indépassable en l'absence de toute méta-hiérarchie entre ces deux éléments.

 

 

Cette difficulté à produire, dans l'œuvre, un concept de l'œuvre, conduit à poser les problèmes différemment. Partons de ce qu'il dit, le 2 juin 1980, du travail conceptuel opéré sur d'autres mots (l'écriture, le texte, la trace) :

"Cette stratégie pouvait apparaître comme une déformation abusive - certains diront légèrement métaphorique - des notions courantes d'écriture, de texte ou de trace, et donner lieu, pour qui s'en tenait à ces vieilles représentations intéressées, à toutes sortes de malentendus. Mais je me suis inlassablement efforcé de justifier cette généralisation sans bord et je crois que tout frayage conceptuel revient à transformer, c'est-à-dire à déformer un rapport accrédité, autorisé, entre un mot et un concept, entre un trope et ce qu'on avait intérêt à considérer comme un indéplaçable sens primitif, propre, littéral ou courant" (dans Du droit à la philosophie, p447, soutenance intitulée Ponctuations, le temps de la thèse).

Ce coup de force, qu'il nomme ailleurs catachrèse, est un dispositif stratégique réitéré, en termes différents, dans différents textes, à propos d'autres objets et d'autres problématiques. Avec l'expression concept de l'œuvre, énoncée comme telle dans L'Université sans condition (conférence prononcée pour la première fois en avril 1998), il arrive quelque chose de nouveau : Jacques Derrida appose explicitement sa signature sur ce concept. Le concept derridien de l'œuvre peut dès lors porter une promesse qui nous engage, nous aussi.

 


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