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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
La Chose se dérobe                     La Chose se dérobe
Sources (*) : Le souffle, entre vide et vie               Le souffle, entre vide et vie
Jacques Derrida - "L'écriture et la différence", Ed : Seuil, 1967, pp267-269

 

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Derrida, Artaud

Artaud : un quelque chose de furtif (Dieu) m'a volé le premier cri : mots, voix, souffle, chair, corps, geste, vie; cette valeur qui m'est dérobée, je la défèque, je la produis comme oeuvre

Derrida, Artaud
   
   
   
Derrida, l'art, l'oeuvre Derrida, l'art, l'oeuvre
               
                       

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Jacques Derrida insiste sur le mot furtif utilisé par Artaud dans sa lettre du 29 janvier 1924 à Jacques Rivière ("un quelque chose de furtif qui m'enlève les mots que j'ai trouvés"). Furtif, dit-il, "c'est - en latin - la manière du voleur" (L'écriture et la différence p264). Dans le langage courant, on a perdu la référence au vol. Artaud se plaint d'être dépossédé de ses propres mots - et avec les mots, de sa vie, de son corps, de sa chair - dès qu'il les écrit. Depuis sa naissance, le grand Voleur l'a privé de son corps, un grand Autre qui le suit partout l'a dépouillé de sa propre vie. Artaud pense cette aliénation originaire comme souillure, obscénité, saloperie. S'il a été privé de sa valeur, c'est qu'il ne vaut plus rien. Seul le théatre peut restaurer l'intégrité de ce corps, le rêve d'une vie d'avant le discours, d'avant la différenciation.

Artaud se compare à Van Gogh : il y a toujours quelqu'un d'autre pour nous dépouiller de notre propre vie. Ce voleur est Dieu, qui, en insinuant la différence, se confond avec le Démiurge ou avec Satan (p271). Dieu est mon double qui me sépare de mon origine. Il s'est saisi d'un corps inachevé dont il a subtilisé la voix et la chair. Il m'a séparé de ma propre pensée. Il m'a privé de ma propre naissance. Il me privera même de ma propre mort en la représentant.

"Dieu est donc le nom propre de ce qui nous prive de notre propre nature, de notre propre naissance et qui par la suite, à la dérobée, aura toujours parlé avant nous. Il est la différence qui s'insinue comme ma mort entre moi et moi" (L'écriture et la différence, pp269-270).

 

 

Artaud proteste contre le vol de son bien, sa valeur originaire, l'archi-valeur qu'il aurait voulu retenir en lui. Il dénonce son remplacement par une fausse valeur dont il doit se débarrasser, qu'il doit déféquer : l'œuvre. L'œuvre ne vaut rien car au lieu de rester dans son corps, elle tombe loin de son corps. C'est une chose de l'esprit, alors que ce qui compte pour lui, c'est la vie, c'est-à-dire un corps sans âme ni souillure. Un Dieu, qui est aussi Satan, le dépossède et se fait le sujet de cette œuvre qui est produite en son nom. Ce Satan trompeur, faussaire, usurpateur, n'a pas de substance, il n'est qu'un vide, un Néant. Il faudrait l'expulser, lui aussi, dans l'espoir de se refaire un corps sans œuvre, un corps pur en perpétuelle défécation, ce qui est, pout un corps, la seule façon d'exister. Dès 1925, dans Le Pèse-Nerf, Artaud nous avait prévenus : "Cher ami, ce que vous avez pris pour mes œuvres n'était que le déchet de moi-même"

"L'histoire de Dieu est donc l'histoire de l'Œuvre comme excrément. La scato-logie elle-même. L'œuvre, comme l'excrément, suppose la séparation et s'y produit. Elle procède donc de l'esprit séparé du corps pur. Elle est une chose de l'esprit et retrouver un corps sans souillure, c'est se refaire un corps sans œuvre" (p271).

Tout cela n'empêche pas Artaud de revendiquer l'œuvre comme sienne, de la garder. Il voudrait la retenir en lui, l'empêcher de déchoir loin de lui, comme écriture (p272). Mais il sait que c'est impossible. Même si cette œuvre est la sienne, même s'il lui attache son nom propre, elle est abjecte, à la dérive.

 


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