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Derrida, Artaud                     Derrida, Artaud
Sources (*) : Derrida, responsabilité(s)               Derrida, responsabilité(s)
Jacques Derrida - "L'écriture et la différence", Ed : Seuil, 1967, p263

 

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Il faut en passer par un lieu d'irresponsabilité absolue, de déperdition totale de l'existence, pour proférer l'unique

   
   
   
               
                       

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Antonin Artaud déclarait, dans ses écrits, son refus qu'on lui vole sa parole, qu'elle lui soit "soufflée", dérobée loin de son corps. Il fallait pour cela détruire la possibilité même de ce vol qui pour lui pouvait passer par l'art, par la métaphysique, par la religion, par l'esthétique, et y compris par l'œuvre en tant qu'elle se détache de lui. Sur la scène du théâtre de la cruauté, il voulait voir et entendre proférer une parole, mais ce qui le désespérait, c'est qu'elle n'était pas non plus la sienne. Le lieu d'où son inspiration venait se dérobait à lui. C'était un lieu inconscient, indéterminé, qui ne renvoyait à aucun discours préexistant, aucune valeur établie. Artaud savait qu'il ne pouvait pas contrôler ce qui émanait de ce lieu. Il ne proférait pas par volonté, mais par impuissance, impouvoir, déperdition de l'existence (comme il le dit dans une lettre à Rivière). Il y avait en sa parole un défaut qui n'était pas un défaut d'inspiration. Au contraire : "non pas l'absence mais l'irresponsabilité radicale de la parole, l'irresponsabilité comme puissance et origine de la parole", écrit Derrida (L'écriture et la différence, p263). Quand sa parole fait irruption, il ne sait pas d'où elle vient. Au moment où il la profère, elle est insue. Ce qui arrive de plus urgent dans son corps, dans sa vie, c'est l'effondrement de l'âme, la destruction de la pensée. Dépossédé de sa propre pensée, les mots qu'il trouve lui sont immédiatement subtilisés. Il s'en plaint, mais il ne peut rien y faire. Quelque chose de furtif, qu'il nomme Dieu, le laisse en suspens.

 

 

C'est, peut-être, ce moment d'irresponsabilité absolue qui a conduit quelques penseurs de la deuxième moitié du 20ème siècle vers Artaud. L'impouvoir de Blanchot, l'absence d'œuvre de Foucault, le corps sans organe de Deleuze, ou la différance de Derrida, ces mots ont pu trouver dans ses ouvrages, dans son inspiration unique (incomparable à celle de tout autre), de nouvelles significations.

 


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