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TABLE des MATIERES : |
NIVEAUX DE SENS : | ||||||||||||||||
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Ctp, le Contemporain | Ctp, le Contemporain |
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| Source : | |||||||||||||||||
| Bendito Sapintza - "L'Ethica étendue à la voix", Ed : Galgal, 1988-2007, Page ajoutée le 10 décembre 2005 | Une fois, deux fois, la voix se retire! |
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Notre monde est le résultat d'un double retrait. Au départ, il y a un temps auquel nous navons plus accès et qui s'appelle : création. Certains sont choqués par ce mot et souhaitent le remplacer par un autre. Ce n'est pas mon cas. Que le mot ait une connotation religieuse ne me dérange pas. Ce qui m'importe est l'usage que je peux en faire. Lart, par exemple, est création. Et aussi la science, et aussi d'autres pratiques dont la liste n'est pas close. Pourquoi pas? Donc, premier temps : De la voix se retire. Je ne joue pas du paradoxe pour le plaisir du paradoxe. Ecoutez-moi. Quelle est la principale caractéristique de la voix? Parlez et vous vous en rendrez compte. Allez'y, parlez, dites un mot! Que devient votre voix? Elle s'échappe. Elle disparaît dès quelle est prononcée. A peine est-elle émise quelle est perdue. Ce n'est pas une malédiction : c'est un processus nécessaire, typiquement humain. La voix ne subsiste que sous forme de souvenir ou doubli. Dès qu'elle se retire, elle laisse la place de l'origine. Situons-nous dans ces temps reculés où sont apparus ensemble le langage, la parole et la voix. Le langage est un système, une réalité stable sur laquelle on peut s'appuyer. Mais la voix? Elle s'échappe. Pour parler, il faut qu'il y ait création dune absence : labsence de voix. Labsence de voix est quelque chose de spécifique et de fondateur. Nous, les modernes, nous avons tendance à oublier cette absence, tandis que les premiers hommes vivaient constamment dans létonnement et la crainte. Ils étaient religieux car ils constataient l'évidence : de La voix est absente. Pour exorciser cette absence, ils imaginaient des créatures, ils inventaient des rites et des systèmes de pensée. C'est ce que j'appelle le premier temps : prendre acte du retrait fatal de la voix. La voix désormais est ailleurs, dans un autre lieu. Elle se retire et reste en même temps présente sous la forme opaque de laltérité. Toujours absente et toujours là. Elle laisse une trace indécelable dans chaque parole passée, présente et future, et cela suffit pour créer un monde. Cette interprétaton du fondement nest pas une mystique. Elle est matérielle, et même matérialiste. La voix est une composante de lespèce, son retrait est un moment de la préhistoire ou de lhistoire humaines. La verticalité de lhomme y trouve une justification, et des personnages mythiques ou des dieux en tirent leur existence invisible. Ce retrait, la tradition freudienne le baptise : Fort / Da. Cest une entrée personnelle, vécue, dans le langage et le discours. Lenfant sy rend maître de la chose (quil ne contrôle pas) en la remplaçant par la voix (quil apprend à contrôler). Maîtriser en détruisant, faire disparaître lobjet pour quapparaisse le signifiant, cest la substance du premier retrait. Il vient ensuite un second retrait qui redouble le premier. La définition du second temps, cest que la voix qui se retire nest plus extraordinaire : elle est ordinaire. Cest ma voix, ta voix, sa voix. Nous vivons quotidiennement le redoublement du retrait dans notre vie courante, psychologique et sociale. Que la voix soit devenue courante, quotidienne, ne la rend pas plus proche. Au contraire, plus elle se démultiplie par des moyens mécaniques (la radio, le téléphone), et plus elle nous échappe. Bientôt la voix sera totalement émancipée du corps (et alors advint Internet). Désormais, nimporte quelle voix de nimporte quelle personne peut occuper la place du point sacré indicible des religions. Nimporte quelle voix ordinaire peut devenir le point central du monde athée. Lindifférenciation des voix entraîne toutes sortes deffets plus ou moins perturbants. Toutes ces voix qui sexpriment au même niveau et se mélangent, distribuant avec elles les rôles, les fonctions et les désirs, ces voix manquent de sérieux, et finalement lédifice tout entier manque de sérieux. Il ny a plus dAutre. Le monde ségalise. Les hiérarchies fragilisées seffacent lune après lautre. Il en résulte une infinité dapories (du type de celle démontrées par le paradoxe de Russel). Au sein dun ensemble infini de locuteurs tous égaux et tous aptes à produire la voix qui se perd, lorigine aussi se perd. Le second retrait de la voix entraîne avec lui lorigine. On peut désigner le double retrait de la voix sous le terme : sansVoix. Ce terme nabuse personne, car le sansVoix trouve lintégralité de son énergie dans la voix qui sest retirée. Quil y ait eu un second retrait redoublant le premier entraîne dénormes effets. Usuellement, on appelle ces effets : la science. La science est indissolublement liée à ce second retrait, elle en est lessence même. La forclusion du sujet qui en résulte est le point extrême du retrait de la voix. De la proviennent lextension et la prévalence du sansVoix. |
Ce temps-là, le retrait de la voix, avait été oublié. Il a fallu que les feux de la modernité s'affadissent pour qu'il revienne au jour, c'est-à-dire pour qu'il se répète, pour que l'événement se reproduise une seconde fois et s'inscrive. A présent l'inscription est faite, et je la réinscris. Un seul tableau dEdward Hopper, par exemple Chambre à Brooklyn (1932), donne une idée de lampleur abyssale de ce retrait. Ce tableau montre une femme sans voix dans un immeuble sans voix, lequel se situe dans une ville sans voix, elle-même implantée dans un monde sans voix. Au milieu de cela, un pot de fleurs trône dont les fleurs se dressent. Dans cet objet, peut-être, un peu de voix sest réfugié; le pot de fleurs symbolise le sujet actuel. Dans Le ver luisant (1933), Victor Brauner représente le second retrait comme un éclair mutilateur qui laisse le sujet hagard et diminué. Elle se penche sur labsence se formant et ne comprend pas ce qui lui arrive. Tout son corps est attiré vers le ver dont, sans doute, elle ignore la présence. Elle est tirée par les cheveux et désemparée, ne trouve rien dautre à faire que de se regarder le nombril. |
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Création
: Qylal |
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Idixa
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Bendito MQiCtp TL.AAA P.retrait Rang = J |
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