Derrida
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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Hétéro ou allo - bio - graphie                     Hétéro ou allo - bio - graphie
Sources (*) : "La vie la mort" : graphies d'alliance               "La vie la mort" : graphies d'alliance
Pierre Delain - "Après...", Ed : Guilgal, 2017, Page créée le 21 sept 2019

 

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Derrida, la vie, la survie

[Entre vie et mort, l'alliance peut s'écrire : Hétéro ou allo-bio-graphie]

Derrida, la vie, la survie
   
   
   
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1. Expression.

Hétéro ou allo-bio-graphie. La déclaration correspondante pourrait être : [Je raconte la vie d'un autre auquel je m'identifie, et auquel je vous invite à vous identifier vous aussi].

 

2. Analyse.

D'un côté, on ne s'extrait pas complètement de la structure de la fable. C'est un vivant qui raconte la vie d'un autre vivant. Mais d'un autre côté, le "je" qui raconte n'est pas celui qui est raconté. Alors que dans l'autobiographie, on retient la fiction selon laquelle la même voix reviendrait à l'oreille du raconteur, dans l'hétérobiographie, cette fiction est abandonnée. A l'oreille du raconteur, revient une autre voix qu'il prend pour la sienne.

Pour décrire cette structure, Jacques Derrida choisit l'exemple de la relation entre Sigmund Freud et son petit-fils Ernst à l'époque où Freud écrit Au-delà du principe de plaisir. Dans le jeu dit du Fort/Da, c'est le grand-père qui s'identifie au petit-fils et non pas l'inverse. L'enjeu pour Sigmund, au moment où il écrit, est doublement généalogique : familial et institutionnel. Un transfert se produit dans lequel il reprend à son compte, pour ses propres enjeux, la réitération du jeu du petit garçon. Cette alliance hétérobiographique redouble l'alliance autobiographique, puisqu'il y a dans la description freudienne du jeu de l'enfant des éléments qui ne concernent que la vie du grand-père. Freud n'écrit pas l'œuvre de son petit-fils mais la sienne, par le biais de l'hétérobiographie. En se faisant l'héritier de son petit-fils Ernst, il fait un legs à ses successeurs : la psychanalyse. On peut dire que sa réussite dépasse toute mesure, car peu de textes ont été autant commentés que ces quelques pages qui décrivent le jeu d'un petit garçon. La survie pour le nom de Freud est presque illimitée : les commentateurs du Fort:Da finiront par mourir à leur tour, tandis que son nom à lui, Freud, reviendra dans l'alliance toujours renouvelée par les générations successives de psychanalystes. Par l'hétérobiographie, Freud assure au mouvement qu'il a créé une pérennité. Son plaisir, dont il fait un principe, c'est de reproduire sa marque dans l'institution. C'est le même plaisir que celui de son petit-fils qui jette la bobine, puis la récupère en la tirant vers lui. Il y a mise en abyme : l'œuvre de l'enfant se répercute dans celle du grand-père, et l'œuvre du grand-père se répercute dans l'œuvre de l'enfant. Mais, comme Derrida l'explique parallèlement, cette structure est instable. Quand l'hétéro-bio-graphie vise la transmission, ce qui est le cas du discours de Freud, elle se fait nécessairement hétéro-thanato-graphie. Freud croit raconter la vie de son petit-fils, mais c'est c'est sa propre mort qu'il met en scène.

Quand, à propos de la science biologique, Derrida analyse le texte de François Jacob, c'est cette structure qu'il commente. Le biologiste s'intéresse à la vie comme s'il n'était pas lui-même vivant. Il la considère comme un modèle qui lui est extérieur. Mais la vie, en tant qu'autre, est irréductible à un modèle. Le vivant se déploie et s'invente de manière imprévisible comme hétéro ou allo-biographie.

 

3. Barbara (Mathieu Amalric, 2017).

Dans Barbara, film hétérobiographique sur une chanteuse morte en 1997, Jacques Amalric multiplie, vingt ans plus tard, les autobiographies.

 

4. Le fantôme de Goya (Milos Forman, 2005).

 

 

"Que la signature de l'auto-biographe reste un crédit ouvert sur l'éternité, et ne renvoie à l'un des deux Je contractants son nom que selon l'anneau de l'éternel retour, cela n'empêche pas, permet au contraire, que celui qui dit "je suis midi en plein été" (dans "Pourquoi je suis si sage") dise aussi je suis un double et donc, je ne me confonds pas - pas encore - avec mon œuvre. Et c'est dans cette différance que s'énonce, dans Ecce Homo, dans cette différance de l'auto-biographique comme allo-biographique ou thanato-biographique que s'y énonce à nouveaux frais la question de l'institution et de l'enseignement à laquelle je voulais vous reconduire aujourd'hui (Derrida, La vie la mort, p61).

"L'autobiographie de la femme, ça veut dire que par exemple mon autobiographie, l'autobiographie de quelqu'un qui apparemment a une écriture masculine est l'autobiographie d'une femme, vient de, c'est-à-dire que mon autobiographie se signe, jeu des pronoms, à partir justement de la destinataire qui signe : c'est la destinataire qui signe. Si je veux raconter ma vie, eh bien, c'est une destinataire, c'est un "je" marqué au féminin qui va signer et qui sera donc - je ne dirais pas l'auteur parce que le mot détruit tout immédiatement - mais qui sera le lieu depuis lequel quelque chose comme ma biographie, mon autobiographie sera signée. Autrement dit, ce ne sera naturellement pas une autobiographie mais une hétérobiographie au sens où l'on dit aussi bien hétérosexualité, etc." (Derrida, in L'oreille de l'autre, p108).

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Propositions

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Il n'y a jamais eu de modèle pour le vivant

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Par le jeu du Fort/Da, Freud s'assure du retour du principe de plaisir dans sa maison (la psychanalyse), sa famille (son petit-fils), il reproduit sa marque dans l'institution

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Le jeu du Fort/Da, c'est aussi celui de l'écriture freudienne qui s'auto-institue en donnant à lire la structure formelle de ce qu'elle fait : une proximité qui s'éloigne en abyme

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Barbara (Mathieu Amalric, 2017) - Une hétérobiographie où, autour du secret préservé de l'autre, prolifèrent les autobiographies

 


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