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Sources (*) : Derrida, médias, télé - technique               Derrida, médias, télé - technique
Jacques Derrida - "Le cinéma et ses fantômes (interview dans les Cahiers du cinéma, avril 2001)", Ed : Cahiers du Cinéma, 2001, pp75-76

 

-

L'expérience mondiale du cinéma est largement commandée par la culture américaine : utilitaire, manipulatrice, marquée par le rêve, le divertissement, la musique et la danse

   
   
   
               
                       

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Jacques Derrida adorait, pendant son adolescence, les films américains. Même si, à Alger, il voyait aussi de temps en temps des films français, le cinéma était dès le départ, pour lui, essentiellement américain. Il a eu par ces films ses premiers frissons érotiques, il y a appris ce qu'était un baiser, il les a vus avec passion, dans une sorte de fascination hypnotique. Ces films qui ne laissaient aucune trace, il les vivait au présent, comme une drogue, un droit à la sauvagerie, et quand plus tard il est retourné au cinéma, pendant ses études ou ses séjours en Amérique, c'est cette émotion propice à toutes les identifications qui comptait pour lui. Il conservera ce point de vue toute sa vie, comme en témoignent ces deux déclarations :

- "Evidemment l’usage du mot américain est peut-être un peu abusif, mais ce que je veux dire par américain ici, c’est l’attitude utilitaire, manipulatrice. Voilà, on a besoin de ça, do it, allez-y, action. Tous ceux qui font du cinéma font ça. Le cinéma c’est américain vous savez, le cinéma est plus américain qu’autre chose. Aujourd’hui, l’expérience mondiale du cinéma est largement commandée, qu’on s’en réjouisse ou qu’on s’en plaigne, par la culture américaine" (interview trouvée sur les réseaux sociaux sous le titre American Attitude, datant probablement de la fin des années 1990).

- "Quant au cinéma américain, il a représenté pour moi, qui suis né en 1930, une expédition sensuelle, libre, avide de temps et d'espace à conquérir. C'est en 1942 que le cinéma américain est arrivé à Alger, accompagné de ce qui a également fait très vite sa puissance (y compris le rêve), la musique, la danse, les cigarettes... Le cinéma voulait d'abord dire Amérique" dit-il en 2000 dans les Cahiers du cinéma.

Bedazzled (Fantasmes) (Stanley Donen, 1967).

 

 

On peut rapprocher ces assertions du point de vue de Heidegger dans son Entretien entre un japonais et un qui demande [Acheminement vers la parole (pp101-103)]. Dans cet entretien, Heidegger choisit, en 1959, de mentionner un film particulier, celui d'Akira Kurosawa, Rashômon. Ce film réalisé en 1950 a été l'un des premiers grands succès du cinéma japonais à l'étranger, mais, selon Heidegger, cette reconnaissance dans les pays occidentaux prouve qu'il n'a plus rien de japonais. On pourrait, dit-il, le réduire à une pure et simple capture dans l'objectivation photographique, figeant la chose dans le Gegenständige (se-tenir en face), la faisant figurer comme disponible (gestellt). La réalisation de ce film par un cinéaste japonais ne serait que la conséquence d'une européanisation ou d'une américanisation de la culture japonaise.

Si l'on en reste à cette continuité de point de vue entre Heidegger et Derrida, il n'y aurait aucune place pour le cinéma d'auteur. Un film ne mériterait ni signataire, ni signature, ni texte, ni citation, et pas même de titre, si l'on se rappelle que Derrida déclare ne pas se souvenir des titres des films qu'il a vus. Rien d'autre que "l'Amérique" en position d'origine, pour ne pas dire de Geschlecht, le lieu où le cinéma se fabriquerait de façon fluide, continue, alimentant les fantasmes et les identifications.

Il ne renoncera à cette position que très tard, quand il aura à remercier Safaa Fathy pour son film D'ailleurs Derrida.

 


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