Derrida
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CinéAnalyse : en déclarant l'exception souveraine                     CinéAnalyse : en déclarant l'exception souveraine
Sources (*) : Le cinéloft du Quai               Le cinéloft du Quai
Marcel Teghise - "La main invisible reste une main", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 13 avril 2018

[(CinéAnalyse) : En donnant voix à l'exception souveraine]

   
   
   
                 
                       

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1948.

- The Red Shoes (Michael Powell).

La défense de l'art pur à l'encontre de la vie, sans concession ni compromis. Un certain degré de violence souveraine est indissociable de l'expérience artistique.

1959.

- Pickpocket (Robert Bresson).

Le voleur souverain reste innocent; dès qu'il perd sa souveraineté, il devient coupable.

1978.

- La chambre verte (François Truffaut, 1978).

En jouissant du deuil, en le perpétuant comme tel, on s'approprie les morts. C'est le premier pas de l'archonte, qui se sert des morts pour imposer le pouvoir et le souverain.

2005.

- Grizzly man (Werner Herzog).

Timothy est exaucé : il voulait partager le monde des ours. Il se sera exposé autant qu'il aura pu, et finalement c'est l'autre, l'animal, qui aura décidé, souverainement, quand et comment partager un monde.

2015.

- Manifesto (Julian Rosefeldt).

La contre-souveraineté de l'exception artistique est imprévisible, elle peut prendre n'importe quelle forme ou figure. Quand Cate Blanchett change de costume et de ton pour déclamer les thèses les plus disruptives de l'histoire de l'art, elle n'a rien d'autre à défendre que cette pure posture.

2016.

- Louis XIV sur son lit de mort (Albert Serra).

Louis XIV était à la place du roi, un prince moderne seul autorisé à dire "je", un corps souffrant resté unique malgré la maladie et le sort commun.

2017.

- Les heures sombres (Joe Wright).

Un politicien comme Churchill a pu mettre en œuvre ce genre de décision, quand il a décidé de s'opposer aux nazis sans aucun compromis. La décision n'était ni logique, ni rationnelle. Elle s'est prise dans l'opacité et la solitude par un personnage unique, irremplaçable. Le risque était énorme, mais une fois la décision prise, il était devenu inutile d'argumenter.

2018.

- Doubles vies (Olivier Assayas).

L'exception souveraine ne demande jamais la permission. Il n'y a pas plus de raison qu'elle prenne l'aspect d'une déclaration sentencieuse que d'une comédie vaudevillesque.

2019.

- Les Misérables (Ladj Ly).

- Joker (Todd Phillips).

Au classicisme des souverains politiques, s'oppose un autre classicisme, celui du contre-souverain, incarné par le rebelle. Le contre-souverain issu du peuple émerge sur le même mode, sans décision logique, sans calcul, sans volonté d'occuper cette place. Mais quand il s'y trouve, il l'assume, jusqu'à exercer le droit de vie ou de mort qui appartient à son statut.

- Hors normes (Nakache et Toledano).

L'exception souveraine prend une figure peut-être encore plus terrifiante : celle de l'autiste inassimilable, imprévisible, qui peut à tout moment accomplir n'importe quelle action contre son corps ou celui des autres. La société est incapable de trouver une place pour cela, elle s'appuie sans le dire sur des structures ou des méthodes elles-mêmes exceptionnelles, souveraines.

2020.

- Onoda (Arthur Harari, 2020).

Croyant à la souveraineté invincible du Japon, Hiro Onoda tente de préserver pendant 30 ans sa propre souveraineté sur une île philippine. Ce qu'il réalise n'est pas un exploit militaire, mais un fantasme aussi délirant que la folie nationaliste.

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Il y a le cinéma de genre, le cinéma social, le cinéma de divertissement, etc., mais il est rare qu'on parle du cinéma de l'exception souveraine, car par définition, l'exception n'est pas généralisable. Il y a pourtant dans le cinéma une faculté particulière à rendre compte de ces décisions uniques, imprévisibles, de ces moments ou de ces événements qui s'imposent par eux-mêmes, soudainement, sans s'appuyer sur aucune explication préalable qui pourrait les justifier. Ça arrive, ça éclate ou ça explose à l'écran, et ça peut éventuellement vous bouleverser.

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Propositions

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Pickpocket (Robert Bresson, 1959) - Jouir d'un vol, dans un désintéressement absolu, pour affirmer simultanément, sans les dissocier, son innocence et sa culpabilité

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Les Heures sombres (Joe Wright, 2017) - Les décisions majeures s'imposent d'elles-mêmes; aucun calcul, raisonnement ni intérêt ne suffit à les justifier

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La mort de Louis XIV (Albert Serra, 2016) - Seul un autre peut dire, à la place du "je" souverain : "Moi, je suis mort"

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Onoda (Arthur Harari, 2020) - Où la folie souveraine se réalise comme fantasme d'invincibilité

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La chambre verte (François Truffaut, 1978) - Perpétuer le deuil comme tel, en jouir, c'est le nier : en s'appropriant les morts, on exerce sur eux pouvoir et souveraineté

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Joker (Todd Phillips, 2019) - A la puissance démesurée des financiers et des médias, l'exclu ne peut répondre que par une autre force exceptionnelle : le rire du clown

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Les Misérables (Ladj Ly, 2019) - Le souverain de banlieue, ce jeune (lionceau) incontrôlable, introduit l'imprévisible, l'incalculable, dans le lieu clos de la cité

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Doubles Vies (Olivier Assayas, 2018) - Dans l'univers vide des lieux communs, le littéraire et le politique font exception, mais sur le mode de la comédie

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Hors Normes (Eric Toledano et Olivier Nakache, 2019) - Au vivant étranger au monde commun de la biopolitique, on ne peut répondre que par l'exception : "Je dois te porter"

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Dans le film "Manifesto", de Julian Rosefeldt (2015), c'est l'art en personne qui déclare, à travers ses manifestes : "Sauf l'art, rien ne peut être sauvé"

 


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