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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Le nom de Dieu, secret du langage                     Le nom de Dieu, secret du langage
Sources (*) : Yhvh               Yhvh
Gershom Scholem - "Le Nom et les symboles de Dieu dans la mystique juive", Ed : Cerf, 1983, p56

 

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[Il existe dans le langage une dimension interne, secrète, originelle, qui est le fondement commun de toutes les mystiques : le nom de Dieu]

   
   
   
                 
                       

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Nombreuses sont les mythologies, les théologies, les théories qui avancent des hypothèses sur l'origine du langage. La Cabale juive, telle qu'analysée par Gershom Scholem, suppose à l'intérieur du langage une profondeur, un abîme qui reste dépourvu d'expression. Cette dimension incommunicable, liée à l'essence du divin, ce serait le nom essentiel ou primordial de Dieu. Alors que tous les autres noms de Dieu se rattachent à une activité déterminée, ce nom essentiel n'a pas de signification au sens courant. Il n'a pas de sens, mais il le rend possible. Ayant, comme la lettre Aleph, tout précédé, opérant comme une pensée pure qui se penserait elle-même sans fin, il investit tous les sens sans en être lui-même doté. Tous les autres noms sont tissés, comme un habit, à partir d'épithètes dérivées de lui. Cette révélation de la multiplicité des significations qui, selon les Cabalistes, se fait d'abord par l'intermédiaire de la Torah, explique l'immense pouvoir reconnu au verbe humain.

Le nom de Dieu ne communique rien, mais on peut l'interpréter, on peut percevoir son appel (lequel est acoustique et non pas visuel) dans le texte à travers la tradition. Il arrive que sa transmission, sa réflexion dans le temps soient entendus, mais il arrive aussi qu'ils soient à peine audibles, que le retrait de Dieu ne laisse subsister qu'un écho, ou que les traces de cet appel se tarissent complètement. Cette ambiguité se retrouve dans le nom lui-même. L'hébreu utilise les mêmes mots, Shem Hameforash, pour désigner sa dimenson dissimulée, occulte, et son nom révélé. D'ailleurs Dieu a-t-il vraiment un nom, ou le tétragramme n'est-il qu'un simulacre du sans-nom? On ne peut pas savoir s'il existe ou non et pourtant, disent les Cabalistes, sans lui le langage ne pourrait même pas être prononcé, le verbe ne pourrait même pas faire partie de l'expérience humaine. Et quand il est prononcé, le son et la voix en disent plus que ce qui est compris.

Le langage, l'écriture, la parole, la création, procèdent d'un acte d'écrire primordial. On peut comparer cet acte à une signature que Dieu inscrirait par plaisir en lui-même. Son nom se dépose dans le langage et dans les choses, il donne forme à la réalité comme l'encre s'écoule de la plume.

Dans les prières d'aujourd'hui, le fidèle juif invoque fréquemment le nom de Dieu (même s'il ne le prononce pas), mais dans la description de l'Ancien Testament, le prêtre accomplit les offices sans prononcer une seule parole - en tous cas le texte n'en mentionne aucune. Ce silence effrayant, lié à la crainte de la magie, pointe dans le langage ce lieu inquiétant, ce trou indicible où le nom de Dieu (lui-même inconnu, imprononçable), est sanctifié.

 

 

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Propositions

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La pensée pure (mahashavah en hébreu) est indéterminée; au commencement (aleph), elle se pense elle-même sans fin (dans l'infini, Ensof)

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Le Aleph a tout précédé : il a précédé la Torah et aussi le yod, point originel du langage

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En déployant dans l'Ensof, par plaisir de soi-même, la signature occulte de Dieu, les 22 lettres ont tissé l'habit primordial dont procèdent l'écriture, le langage et la parole

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La création est un acte d'écrire divin, au cours duquel Dieu incorpore son langage aux choses et l'y dépose en elles, sous forme de signatures

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La Torah est un habit, un tissu de noms formé à partir du tétragramme et d'autres épithètes de Dieu dérivés de lui

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L'un des aspects de la sanctification du Nom de Dieu dans la tradition juive, c'est que pendant les rites, le prêtre reste toujours silencieux, absolument muet

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On utilise le même terme, Shem Hameforash, pour désigner le nom révélé de Dieu et son nom secret, occulte

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[Le silence, pour le dire, il faut le rompre - sans l'avoir rompu]

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Pour certains cabalistes, Dieu n'a pas de nom; pour d'autres, son nom n'est jamais mentionné dans la Torah, le tétragramme n'est qu'un expédient, un simulacre

Le privilège de la parole dans la tradition juive (rabbinique et cabalistique) repose sur deux versets :

- "Et l'Eternel vous parla du milieu de ces feux; vous entendiez le son des paroles, mais vous ne perceviez aucune image, rien qu'une voix" (Dt 4:12)

- "Le commencement (ou encore l'essence) de ton verbe est vérité" (traduit aussi par : "L'ensemble de tes paroles est vérité, éternels sont tous les arrêts de ta justice" (Ps 119:160).

Quand Dieu se manifeste, on ne peut entendre que sa voix, jamais voir son image; et cette voix, elle est à la fois la vérité et la justice.

 


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