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Cinéloft : faire venir ce dont on ne peut rien dire                     Cinéloft : faire venir ce dont on ne peut rien dire
Sources (*) : Le cinéloft du Quai               Le cinéloft du Quai
Geminga Dorgès - "Le rien n'a pas de nom", Ed : Galgal, 2007,

 

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Il aura fallu en passer par le neir

[(Cinéloft) : En faisant venir, par des actes filmiques, ce dont on ne peut rien dire]

Il aura fallu en passer par le neir
   
   
   
                 
                       

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On peut dire que tout film est un recouvrement du rien. Qu'y a-t-il en effet derrière cette composition d'images et de sons? Plus rien qui puisse encore subsister aujourd'hui. Certains films ont la particularité de montrer, à leur façon la vacuité cachée derrière les spectres. C'est le cas de Memento, de Christopher Nolan (2000), où l'histoire racontée est celle d'un homme qui ne se souvenait de rien. Cet homme, Leonard Shelby, est forcé de substituer à ce rien des tatouages ou des polaroïd, mais il ne trompe personne, pas même lui-même. Un autre cas est Le cri d'Antonioni (1957), un film entièrement organisé autour du rien qui gouverne la vie d'un personnage, Aldo. Quand Aldo finit par se suicider, Irma pousse un cri, et ce cri, dépourvu lui aussi de contenu, pourrait exemplifier les gigantesques efforts performatifs nécessaires à cette dissimulation.

Il y a encore d'autres films qui tentent de donner une forme à ce vide (lieu, objet, etc.). C'est une façon de le nommer, de pointer l'index sur ce rien dont on ne connaît aucune qualité, à la manière de la théologie négative. Le film le plus célèbre de ce point de vue est Stalker, d'Andreï Tarkovski (1979).

 

 

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Propositions

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Stalker (Andreï Tarkovski, 1979) - "Viens!" dit le lieu sans vérité, sans contenu, qui en appelle aux croyances sans les déterminer

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Par sa voix qui dit : "Je suis morte", la chanteuse fait don d'un rien qui fait renouer avec la vie (Pont des Arts, film d'Eugène Green, 2004)

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Memento (Christopher Nolan, 2000) : "Il faut que tu te souviennes, même si, dans la pure présence, tu ne peux te souvenir que de rien"

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Le goût du ciment (Ziad Kalthoum, 2017) - Du vacarme de la guerre, on ne peut rien dire : elle ne répond pas

- Geminga : Nous avons commencé par lui donner un nom, neir, bien avant de l'avoir défini. Ce n'était ni une spéculation, ni un raisonnement, ni un concept, c'était un constat. Il y avait ce point de départ-là : un vide, un rien qui ne fonctionnait pas de manière négative mais positive, un rien qui était présent, ici, parmi nous. Nous l'avons baptisé comme ça, neir, à cause de sa nature inversée.

- Geminga : En tant que tel, le neir n'a pas d'existence. Ce n'est qu'un nom pour notre usage. Il gît derrière l'affreux vide, le néant, mais ne se confond pas avec lui. Il tire inexplicablement les ficelles du réel.

- Colette : Nous le cherchons tous, le point originel, nous n'y échappons pas, même si nous n'y croyons pas.

- Geminga : Le neir n'est pas abstrait, c'est une réalité dont nous constatons l'existence, ici, au coeur du Ctp, incontournable. Une large partie de la société le baptise d'un autre nom, science, et le laisse en paix, débarrassée du souci d'en dire plus. Nous ne contestons pas la science. Nous avons choisi d'autres procédures pour avancer dans la même direction. Le seul fait d'avoir énoncé son nom est une modification du rapport que nous entretenons avec lui. Nous cherchons d'autres voies. Vibrer avec lui. Y regénérer nos pratiques. Y puiser la source d'une vie additionnelle.

- Michael : Ta phrase est au futur.

- Geminga : Nous en ferons notre futur.

- Cécile : Si tu en parles, Geminga, c'est que tu l'as déjà découvert, sinon tu n'en parlerais pas!

- Geminga : Je ne crois pas. Son nom révèle son existence mais ne le dévoile pas. Au contraire, il le cache.

- Roland : Qu'est-ce que tu peux en dire?

- Geminga : Il se révèle comme un obstacle. J'abandonne l'idée de le franchir. Je préfère m'y arrêter, l'apprivoiser, converser avec lui.

- Madjiguène : J'ignore ce que tu voudrais ou espèrerais que soit caché derrière ce mot, neir, mais moi j'ai l'impression d'y trouver une variante à peine ravalée de cette bonne vieille rhétorique qui a empesté jusqu'à l'écoeurement le défunt 20ème siècle. On en a soupé, les uns et les autres, de cette métaphysique du vide : le rien originel, le néant initial, à quoi est-ce qu'il peut bien nous servir? Au moins le manque sert à quelque chose, il nous sert à bouger, mais le rien est un pur verbiage, c'est un enfermement. Pourquoi scruter dans cette direction s'il n'y a rien à voir?

- Geminga : Tu peux scruter où tu veux, te remplir le regard jusqu'à la nausée, le neir surnagera. Plus tu croiras t'en débarrasser, et plus il te tirera par les pieds.

- Madjiguène : Ça me ferait bien plaisir, mais rien n'est fait de rien.

- Geminga : Quand le flic te dit "rien à voir!", c'est le moment de regarder.

- Madjiguène : S'il dit ça, c'est qu'il y a quelque chose.

- Geminga : Le neir, justement.

- Madjiguène : Jamais aucun flic ne s'est intéressé à l'inversion du rien.

 


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