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Pierre Delain alias Ozzy Gorgo - "L'écranophile", Ed : Guilgal, 1988-2019, Page créée le 29 septembre 2018

 

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Sur des films (rémanences)

Memento (Christopher Nolan, 2000) : "Il faut que tu te souviennes, même si, dans la pure présence, tu ne peux te souvenir que de rien"

Sur des films (rémanences)
   
   
   
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C'est un homme littéralement enfermé dans le présent. Leonard Shelby (incarné dans le film par Guy Pearce) vit dans une succession de moments qui ne peuvent pas durer plus d'un quart d'heure, et dont il ne peut se dégager que par des artefacts : photos instantanées (polaroïd), légendes inscrites sous ces photos, tatouages sur son corps. Ces traces sont pour lui des faits : assertions qui doivent fonctionner comme des souvenirs accrédités, des certitudes. Etant incapable de témoigner lui-même de ces souvenirs, il n'a pas d'autre ressource que d'utiliser ces marques, ces écrits, ces traces, comme des témoignages assurés. Néanmoins cette amnésie à des limites. Il se sait malade, et il connaît même peut-être le nom de sa maladie : amnésie antérograde. C'est ce qu'il appelle sa condition. Il ne cherche pas à la dissimuler, il en parle aux autres, elle lui revient comme une évidence au début de chaque moment. Il explique alors qu'il peut se rappeler tout ce qui s'est passé avant son accident, mais rien après. Il y a donc au moins une chose qu'il n'oublie jamais : sa condition. Mais pour ce qui concerne ses autres souvenirs d'avant l'accident, la situation est moins claire. Au fur et à mesure que le film se déroule, le doute s'installe. Rien ne permet de savoir si les souvenirs qui lui restent lui appartiennent, ou s'ils lui ont été suggéré par d'autres personnes qui le manipulent. Il pourrait être vraiment amnésique, complètement amnésique, sans s'en rendre compte, et se tromper aussi sur ses souvenirs à long terme. A cette incertitude qui le concerne, s'ajoute donc une autre incertitude du côté du spectateur. La description qu'il fait de sa maladie est-elle vraiment exacte, ou fait-elle partie de son symptôme? Le spectateur n'en sait rien.

A ces artefacts fabriqués par Leonard s'ajoute un autre artefact inventé par le réalisateur : le film est composé d'une série de séquences qui marchent en sens inverse. Les séquences en couleur, plus longues, inversent la chronologie, tandis que les séquences en noir et blanc, plus courtes, respectent la chronologie de l'histoire. A la confusion où baigne l'esprit de Léonard, s'ajoute une autre confusion, où baigne l'esprit du spectateur. En se montrant, sans ambiguité, comme un artefact, un montage, le film semble mettre en abyme la condition de Leonard. Comme dans La jetée, de Chris Marker, les lignes temporelles qui conduisent soit vers le passé, soit vers le futur, ne se croisent qu'une fois (dans la première séquence en couleur, il tue un homme, et dans la dernière séquence en noir et blanc, il en tue un autre... les deux se rejoignent probablement dans l'erreur). Dans le récit, Leonard ne cesse de composer et de recomposer sa vengeance, la mort d'un autre nommé John G., mais dans la compréhension que nous avons du film, on peut voir les choses différemment. Leonard peut tuer chaque fois un autre John G. sans en avoir aucun souvenir, mais à la fin de chaque séquence, ce qui lui arrive, à lui, est comme une mort. Il pourrait dire : Je suis mort, si le moment ne s'arrêtait juste avant qu'il puisse dire quoi que ce soit. Tout se passe au début de la séquence suivante comme s'il était devenu un autre homme, qui doit retrouver tous ses souvenirs. Il ne survit qu'à condition d'effacer tout de sa vie. En écrivant sur les photos ou sur son propre corps, il s'écrit. Mais cette écriture échoue à produire un soi. De même qu'il ignore à qui il parle au téléphone, il ignore qui il est.

Même cet événement dont il prétend se rappeler (le meurtre de sa femme), Leonard Shelby l'aura fait tatouer à même son corps. A chaque fois qu'il se regarde dans la glace, il le découvre à nouveau.

 

 

C'est un film fait pour être commenté, un film qui oblige le spectateur à échafauder des hypothèses ou des théories. Un film qui met le spectateur dans la position du principal personnage, qui doit sans cesse essayer de reconstituer un ordre des choses qui ne lui est pas donné intuitivement. Un film qui exige un effort disproportionné, aussi disproportionné que l'effort de Leonard. Un film qui ajoute à la complexité du dispositif la complexité de l'histoire pour en faire une énigme : l'énigme que, chaque jour, chaque quart d'heure, refabrique Leonard.

Pour se construire un futur, il faut que Leonard s'invente un passé, et il faut que ce passé l'engage à faire quelque chose, à produire un avenir. C'est la forme de l'énigme, qu'il appelle sans cesse. Comme le dit Teddy, ce James Gammel à l'identité indéterminée qui le suit partout (flic, détective, dealer cherchant à récupérer l'argent qui est dans le coffre, et même, éventuellement, un ami), Leonard doit se fabriquer une énigme qu'il ne résoudra jamais (to set yourself a puzzle you won't ever solve). Il n'a pas d'autre raison de vivre que d'entretenir cette énigme qui le maintient encore, plus ou moins, entre un passé (imaginé) et un futur. Obsédé par la fabrication des passés, il n'arrive à produire que des futurs qui répètent le passé.

Il ne croit qu'aux photos et aux inscriptions qu'il a faites lui-même, mais ces traces ne représentent pas un véritable passé. Elles ne font que prolonger l'obscurité, le brouillard de la présence précédente. Leonard vit dans une présence reportée, réitérée, sans cesse repoussée. Certes il possède encore une certaine technicité corporelle, des automatismes qui lui permettent de se tirer d'affaire momentanément (courir, s'enfuir, frapper), mais ces automatismes logés à même son corps n'opèrent pas comme des souvenirs. C'est une sorte d'instinct, un moment physique, corporel. Même les notes qu'il prend, ses écrits, ne valent qu'au moment où il les lit.

Leonard se sent coupable, mais la cause de sa culpabilité lui échappe. Il est en colère, et sa colère se démultiplie car en plus, il doit en chercher la raison. Comme il n'a pas d'autre personnalité que celles qui lui sont suggérées par ses inscriptions - lesquelles lui ont été suggérées par d'autres personnes (mais il l'a oublié), il faut qu'il invente le problème même qu'il a à résoudre. Il se méfie de tout le monde, mais tout le monde le manipule. Ses propres vêtements, sa voiture, l'argent qu'il dépense, il les a pris (volés) à un homme (Jimmy Grant) qu'il a assassiné, avant de détruire la seule trace de cet assassinat (la photo du cadavre, prise par lui-même). La mémoire qu'il pense avoir de son "propre" nom (Leonard Shelby), s'efface devant l'identité du mort qu'il porte.

Sa propre histoire se dédouble. Le souvenir qu'il croit avoir conservé de sa vie antérieure, selon lequel il aurait été enquêteur pour une compagnie d'assurance, est-ce vraiment son souvenir à lui? A-t-il été l'enquêteur? Si Sammy a tué involontairement sa femme, sans s'en rappeler, ne l'a-t-il pas fait lui aussi? D'ailleurs, est-elle vraiment morte? Il se pourrait que les soupçons qu'il avait à l'égard de ce simulateur soient dirigés contre lui-même. Il se pourrait qu'il ait lui-même tué sa femme, à moins qu'elle ait fait semblant d'être morte.

Il n'a pas d'autre ressource que de croire en la vérité des notes qu'il a écrites ou tatouées dans une séquence antérieure. Mais il n'y croit pas toujours. Quand il n'y croit plus, alors il les détruit. Le titre du film, "Memento", qui signifie "Souviens-toi" en latin, porte sur un vide, un rien - puisqu'il ne se souvient de rien. C'est du rien qu'il doit se souvenir. Il écrit sur ce rien (les photos, son corps), à propos de ce rien, et ce qu'il écrit n'est garanti par rien. Il ne peut pas être le témoin de son propre souvenir (nul ne peut témoigner pour le témoin), et il ne peut pas non plus croire en un autre témoin. Et bien qu'aucune vérité ne puisse, pour lui, être véritablement sûre, il y croit, il n'arrête pas d'y croire.

Toujours menacé par le non-sens, Leonard doit par tous les moyens chercher à restaurer sa raison de vivre : la vengeance. Il faut qu'il y ait une dette à payer, un échange, une économie. Remettre de la continuité est pour lui un devoir et une lutte perpétuelle. S'il restait dans ce quart d'heure glissant, s'il n'avait pas cette obsession de la vengeance, sa vie n'entrerait dans aucune système d'échange. Il buterait sur une impossibilité à vivre - car toute vie est circulaire, économique. Pour lui, la perte de l'économie est équivalente à la mort, c'est la menace insupportable du Je suis mort. Son drame, c'est que cette terrible menace se concrétise à la fin de chaque séquence. A quoi peut-on se raccrocher s'il n'y a plus d'économie de la dette?

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A propos de l'annulation du futur et du commentaire qu'en fait Mark Fisher dans son livre "Ghost of My Life, Writings on Depression, Hauntology and Lost Futures".

cf aussi Cuck Philosophy, 2018, "Hauntology, Lost futures and 80s Nostalgia" (Youtube, consulté le 30 sept 2018).

D'après Wikipedia (copié le 28 septembre 2018).

Le réalisateur et scénariste Christopher Nolan a écrit son scénario selon un principe de construction original :

Le film s'ouvre avec la fin de l'histoire, la dernière scène, puis le film progresse, de la scène Y à la scène Z, puis de la scène X à Y et ainsi de suite, la fin d'une scène recouvrant à chaque fois le début de la scène précédente (précédente dans l'ordre du film, mais en réalité suivante par ordre chronologique). Une narration parallèle est introduite sous forme de courtes scènes tournées en noir et blanc (suivant cette fois un déroulement chronologique normal, de A à B etc.) intercalées au montage antichronologique. Ainsi, les scènes couleurs antéchronologiques s'emboîtent aux scènes noir et blanc chronologiques. Les deux narrations se raccordent à la fin du film, qui correspond au milieu de l'histoire. Le passage du noir et blanc à la couleur se fait lors du développement d'une photo polaroid. Toutes les scènes en couleur correspondent à la durée maximale de rétention mémorielle de Leonard. Ainsi, à chaque nouvelle scène couleur, Leonard ne se rappelle plus les événements qui ont précédé. Puisque les scènes couleurs sont en ordre antichronologique, le spectateur, tout comme Leonard, ne connaît pas non plus les événements qui ont précédé.

 

Résumé :

En tentant de sauver sa femme, violée et asphyxiée dans leur propre salle de bain en plein milieu de la nuit, Leonard reçoit un coup à la tête et perd sa capacité à utiliser sa mémoire à court terme. Désormais, toute nouvelle information s'efface de sa mémoire au bout de quelques instants. « Léonard n’est pas amnésique, il se souvient de ce qui s’est passé avant la mort de sa femme, mais depuis le meurtre, il est incapable de se rappeler le passé immédiat, les souvenirs s’effacent en moins d’un quart d’heure. Il reconnaît sa voiture parce qu’il l’a prise en photo, son Polaroid ne le quitte jamais, il photographie tous ceux avec qui il est en relation et griffonne des notes pour ne pas oublier qui ils sont et quels sont ses rapports avec eux. Il s’est même fait tatouer sur le corps quelques éléments essentiels, comme le nom de celui qu’il pense être l’assassin de sa femme et qu’il veut retrouver pour la venger.»

 

Sammy Jankis :

En parallèle de l'histoire principale, Leonard Shelby relate une histoire qu'il a vécue avant son incident, telle qu'il s'en souvient. Il était inspecteur pour débusquer les arnaques à l'assurance. Son premier cas délicat concernait Sammy Jankis, un homme qui, après un accident de voiture, a également perdu sa mémoire à court terme. Il ne se souvient donc pas de ce qu'il a fait deux minutes avant, tout comme le héros . Sammy touche de l'argent de l'assurance qui le couvrait contre un handicap physique, mais Leonard, qui rend régulièrement visite au malade, a des doutes, car il a l'impression que ce dernier le reconnaît. Il soupçonne alors une simulation, dont le but serait de toucher l'argent de l'assurance. Il demande donc une expertise, dont la conclusion est que les troubles de la mémoire de Sammy sont d'ordre psychologique, ce qui n'est pas pris en charge par l'assurance.

Quelques jours plus tard, la femme de Sammy, désespérée, rend visite à Leonard pour lui demander son avis personnel sur l'état de son mari. Leonard lui répond que son handicap n'est pas d'origine physique. Il omet cependant de lui dire clairement qu'il ne croit pas que Sammy simule pour autant (Leonard comprendra après son accident que Sammy faisait semblant de reconnaître les gens simplement pour ne pas les décevoir). La femme de Sammy étant diabétique, ce dernier doit lui faire quotidiennement des piqûres d'insuline. Afin de tester si son mari simule, et étant convaincue que son mari l'aime sincèrement et ne lui ferait jamais de mal, elle décide de le mettre à l'épreuve. Elle lui demande alors sa piqûre toutes les vingt minutes (en reculant sa montre et l'horloge d'autant à chaque fois). Sammy lui fait sa piqûre chaque fois qu'elle le lui demande, entraînant un coma dont elle ne sortira jamais. Il vit donc désormais dans une clinique, sans savoir que sa femme est morte.

 

Histoire principale :

L'inconnu qui est au téléphone dans les scènes en noir et blanc, glisse un polaroid sous la porte de chambre de Leonard. Ce polaroid montre Leonard torse nu et souriant, pointant sa poitrine. Il accepte un rendez-vous avec l'inconnu, qui est Teddy.

Leonard se rend à une maison isolée où Teddy a organisé une transaction avec un dealer de drogue, petit ami de Natalie. Persuadé qu'il a affaire à John G., Leonard tue le dealer. Il prend un polaroid du corps du dealer .

Teddy arrive à ce moment. Leonard se cache dans la maison et s'en prend à Teddy qu'il ne reconnait pas. Sous la menace, Teddy affirme à Leonard qu'il est l'un des policiers qui a travaillé sur son affaire et qu'il a cru à son histoire du deuxième cambrioleur. Il lui révèle qu'il l'a déjà aidé à retrouver et tuer le vrai John G. un an auparavant. Il prétend qu'il a pris lui-même, après la mort de John G., le polaroid montrant Leonard torse nu. Teddy dit qu'il était persuadé que Leonard se souviendrait ensuite de ce moment, ce qui n'est pas le cas, et lui avoue qu'il le manipule depuis ce temps en s'organisant pour lui faire assassiner des criminels et des dealers, des John ou James G., pour son propre profit.

Teddy prétend également que la femme de Leonard a survécu au cambriolage, que c'était elle qui était diabétique et non la femme de Sammy Jankins, que ce dernier n'était pas marié et qu'il était vraiment un simulateur démasqué par Leonard . Finalement, Teddy affirme que depuis la mort du vrai John G., Leonard Shelby brouille lui-même les pistes afin de créer un puzzle insoluble, de façon à garder sa seule raison de vivre : trouver et tuer John G.

Par refus d'accepter la réalité et la vérité, trop dérangeante, Leonard s'arrange, avec ses polaroids et des notes personnelles, pour se convaincre que l'assassin de sa femme est Teddy, de son vrai nom John Edward Gammell. Sur un papier, il note le numéro d'immatriculation de la voiture de Teddy et écrit qu'il doit se le faire tatouer comme un « fait » (fact) concernant John G. Il brûle le polaroid qui daterait de la mort du vrai John G. et il écrit comme commentaire sous le polaroid de Teddy : « Ne crois pas ses mensonges ».

Il emprunte la voiture (dont le coffre est rempli d'argent) et les vêtements du dealer en sachant pertinemment qu'il oubliera ne pas être le vrai propriétaire. Il découvre un papier dans la voiture lui donnant un rendez-vous avec une certaine Natalie. Cette dernière est surprise de le voir avec les affaires de son petit ami Jimmy, et elle teste sa mémoire. Convaincue qu'il oublie tout, elle l'invite chez elle et lui parle de Dodd, un associé de Jimmy qui avait un marché à faire avec Teddy. L'argent n'ayant pas réapparu, Dodd pense que Natalie détient l'argent. Natalie continue à interroger Leonard au sujet de Teddy mais il ne sait rien. Elle lui demande de tuer Dodd tout d'abord, puis, lorsqu'il refuse, elle le manipule : elle provoque la colère de Leonard jusqu'à ce qu'il la frappe, sort, puis revient quelques minutes plus tard : Leonard a oublié l'avoir battue, et elle n'a aucun mal à le convaincre que c'est Dodd qui vient de la battre.

Leonard part donc à sa recherche. Il croise Teddy qui essaye de l'influencer pour qu'il quitte la ville, en raison de toutes les questions embarrassantes qui pourraient naître du fait que Leonard porte les affaires de Jimmy ; il tente aussi, à plusieurs reprises, de récupérer l'argent se trouvant dans le coffre. En conduisant, Leonard se fait arrêter par Dodd qui a reconnu la voiture. Après une course-poursuite, Leonard réussit à le distancer et se rend chez Dodd grâce aux indications données précédemment par Natalie. Il oublie un moment être dans la chambre de Dodd jusqu'à ce que celui-ci arrive et il finit par le maîtriser et le ligoter dans un placard. Il appelle alors Teddy mais oublie de noter ce qui s'est passé. Ils évacuent Dodd de la ville puis Leonard demande des explications à Natalie, elle le manipule encore une fois (elle prétend que ce Dodd avait tué son compagnon). Il passe la nuit chez elle et note au dos de sa photo « elle t'aidera par compassion ». Natalie le renseigne sur la plaque d'immatriculation de Teddy notée au début, et grâce à ses tatouages il en conclut que Teddy est le meurtrier de sa femme.

À la fin de l'histoire, qui correspond à la première scène du film, Leonard retourne avec Teddy à la maison où se trouve le corps du dealer de drogue. Il abat Teddy d'une balle dans la tête et prend un polaroid du corps.

 


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