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Cinéma, seul art de ce siècle                     Cinéma, seul art de ce siècle
Source : Le cinéma règle le rapport au désir               Le cinéma règle le rapport au désir
Christian Metz - "Le signifiant imaginaire - Psychanalyse et cinéma", Ed : Union Générale d'Editions, Coll 10/18, 1977, p123 Le cinéma, figure de l'inconscient

Le spectateur de cinéma se sait au cinéma tandis que le rêveur ignore qu'il rêve; pourtant l'impression de réalité du cinéma est comparable à l'illusion de réalité du rêve

Le cinéma, figure de l'inconscient
   
   
   
                 
                       

Christian Metz préfère le terme "impression" à celui d'"illusion", car il n'y a de vraie illusion que dans le rêve. Le cinéma tend à l'illusion de réalité, notamment dans certaines fictions, mais il reste à la limite. Il peut y avoir des instants d'affect aigu, d'état second, de confusion onirique, d'ensommeillement, quand le spectateur rêve un petit morceau de film, mais ces instants sont isolés, ce ne sont que des trouées. Le coefficient de leurre (p133) est très supérieur dans le rêve.

On peut qualifier d'hallucination paradoxale la tendance à confondre des niveaux de réalité distincts, un flottement temporaire dans le jeu de l'épreuve de réalité en tant que fonction du moi. Le sujet hallucine ce qui est vraiment là (le film). Il a tendance à percevoir comme vrais les évènements de la fiction (p141), à percevoir comme réel le représenté (la fiction) et non le représentant (le film). Il traverse le film. Il passe d'un signifiant objectivement réel mais nié (le film) à un signifié imaginaire mais psychologiquement réel. A travers la réalité du film, il hallucine le réel.

Comme accomplissement hallucinatoire de désir, le film de fiction est moins sûr que le rêve, parce que justement il n'est pas hallucinatoire. Le cinéma repose sur des perceptions vraies (p137). La réalité du film est le fantasme d'autrui, auquel le spectateur se heurte.

L'état filmique repose sur le principe de réalité. Il garde pour but ultime le plaisir, mais accepte de longs détours (par l'image sur l'écran).

La nature physique du signifiant cinématographique entretient l'impression de réalité (p172). Similitude des stimuli, ressemblance, présence du son et du mouvement, jouent au profit de l'imaginaire (du fantasme), d'où un effet de vérité plus crédible qu'au théatre.

En face de cet objet culturel qu'est le film de fiction, l'impression de réalité, l'impression de rêve et l'impression de rêverie (fantasme conscient) cessent d'être contradictoires pour entrer dans de nouveaux rapports. Il y a chevauchement des trois autour d'un pseudo-réel, un lieu qui s'offre comme simulation (p174). Le cinéma est l'exploitation systématique de cette région.

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